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FONDEMENT

de L-ARTIFICE

VNIVERSEL,

DE L’ILLVMINE'DOCTEVR Raymond Lvlle.

Sur lequel on peut appuyer le moyen de paruenir à 1 Encyclopédie ou- vniuerlalité desfciences, par vn or¬ dre metliodique , beaucoup plus prompt & vrayement pins ‘facile qu’aucun autre , qui ioit communé¬ ment receu.

te toutfiddlemenf traduit du ffied de U IcttïCi de Latin en François, fuiuant l'mtenîion Fautheur^ O mis en lum'me ^Var !{. fteur de l^aJ?i,Confetlley duBjjf és Batllage ^frcuo^éd'jLuaUon enBourgonj^ne,

A P A R I S ,

De l’Imprimerie ci^j^Tçrf^^kg^pe-*

, noïs, rue viej^l^:^Âppâ^X

Auec Pi'iuilege <ln koy, Sc Appro^’ mi d es f 4à. F. I

A MONSIEVR, Monficur de Bourges, Confeiller du Roy, &: Treforier Payeur de Meilleurs les Trefo- tiers de France , à Or¬ léans.

O N s lE VR,

Les premiers ira^ UAUx doiuenî ejire proport ionnement a leurs Jk- jets J reconnus tes premiers : Z^ous eftes le premier qui najant iamais eu tauanf cognoijjance des lettres , nj â ij

des langues y fors celle de Jlre merCy aueT^ tres-con-^ fiamment [ouflenu les pre¬ miers 'Violents efforts de l en- uie mèdifance , dans le trauail que nous auons [ap¬ porté 'vous gÿ* Ynoj y allans à U defcouuerte de lapratU que artificielle du Dodîeur Raymond Lullcy mis en ou^ hly par la plus grand' part, rejette communément du commun des Doéîeurs : par ce moyen auffi 'vous deues ejlre le premier iouijjant des premiers aduantages y eùj honneurs que l'off're de ces prémices 'vous procurent iu-

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Jlement, attendu que les we-v rites de voflre contante re - folutionen cette eflude^font fignalés^four eflre préférés à tous autres , qui ojousfecon^ dent feulement et^ vous fui- uent pas à pas : La raifon le veut ainf y ^ mes inclina^ lions m'y portent^ quand te vous dedie et» prefente franchemet cette traduflion Françoifcy faite première¬ ment pour vouSy de quelques traifle^LatinSy concernans fondamenîallement l artifice du rnefme Kaymond Lulte, que vous receurés {fil vous plaifi) auec autant de ^^ay été

et^ d'aUegreJpiConimeie les njous addrefje j eù» les vous mets entre les mains auec U fmeeritéd'vn cœur affeéîion- y afin fu en cefaifam nos defirs dejfeins [oient pro- port ionés entre vous (s^moyy €onme il faut , 6^ fie par njofire exemple vôiu poriiés vos [emyiahles u ernbrajjer cette doflüne haute &t> pro* fondeydontaU vérité le pur naif refiablijjement {mal gré ïenuie la vaine arro-

gace)fera deu en ce temps aux trauaux infatigables de ij. années ôùj aux frec^uentes méditations (lue t J ay fait es

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eù>que ie continuer ay auec fat isfaâl ion pour le bien du public le refie de mes iours, puis quainfi efi que cette doéîrine par l'infaillible 'vniuerfalite de fe s préceptes, eB enfin finale autant ayfee facile en fa pratique, qu elle e^ dans fon abord caufe de fon abfiraiéî ) très empe fichante àificileen fia

Théorie fipeculatiue: Or par ce que ces chofies njous font patentes manifefics par mm moyen : Uous naue'^ pas befioin que ie vous en face aucune demofiration : Mais bie que ie vous done auù que â iiij :

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dans cette première impref- fton il f'y rencontrera' vne quantité de fautes remar¬ quables , tant d caufe de mauuaife impref ion latine, faite en France eij ÀÜema^ gne, qui en efl toute remplie, (UP que corne fidel interprète, ieïlity'youlu du tout etitout

corriger yCnfaifant celte tra^

duôîion : d'autant cjue ie me piis contenté de Us 'vous in* diquer et^ faire recognoiflre d mefure^uà liure ouueïtyie njous ay ex^ofé déclaré lanaipuetè de l intention de nojlre autheur : qu d caufe aujfi de U négligence de

t Imprimeur de cette njerfion jrançoijey qui n a pas tou* fiQurs efte foigneux de m' ap¬ porter les premières fueilles défi or s qu elles ont e fié tirees de la prejje y pour les reuoir eùj corriger; Mais pourtant lefpere etix me promets de reparer hien^tofl ( Dieu ay^ danî ) toutes ces fautes , par 'Vne fécondé édition y a la¬ quelle i* adioufleray ce que nous auons iugè njous ^ moy^ vous eflre d tous concourants aueevous en cet te ejlude^ très Vîile ^ necef^ faire , Ÿourperfeélwnner au popitfle vos entendemens^ V

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defireux de la conformité reelle des chofes corporelles eùjfpirituelles y Cefceque {entreprendra' etj execH» ray refolument ^ pour vous îefmoigner d'autant mieux en vofire particulier y que ie fuis pour efre fans fin.

M 0 KSIE VR>

Voftre tres-humbic ôcafFeûionnéferuitcur, ^ ^ ^ De Vas s Y.

Cecj ejl vne coppie tran^a^ tée fideÜement de queU ques Lettres feeÜees du Jeau de cirependat , emct- nees de U Cour de Taris^ defquelles lettres qui font efcrites en parchemin, U teneur ejl telle.

‘Officiai de la Gourde Paris, à tous ceux qui ces prefentes lettres ver¬ ront, falut en noftre Sei¬ gneur, Que tous (çaclicc quVn h prcfcîV'r

lean de Saulme Sc de Michel de lonchcr nos Clercs lurcz , aulquels nous adiüuftons vnc toy certaine Ôc indubitable en cecy ôc en chofe de plus grandeimportaiicc, 6c Iclquels quant à cecy nous auons Commis par la teneur desprefenres en noftreliéu 6c placera eau- fede ceayans perfonnel- lemêt comparu M'^ Mar¬ tin, Dodeur en Médeci¬ ne, lean Scor maiftre es Arts, Raymond de Bi- terne. Bachelier en Mé¬ decine, Ffcre Clcmcnt

Prieur des S-^ruiteurs de SaiavSc Marie de Paris, Frcre Aymé du mefmc lieu, Pierre Bourgi- gnon maiftre es Arcs, Gillcraaiftreés Arcs, delà Vallée Defpoüer. Ma¬ thieu Guidon Bachelier es Arcs, Pierre lulien Jean de Luncaftre Bacheliers es Arcs. Geofroy de MeU de. Pierre de Paris. Ber¬ trand de Frifc. Gilberç de Normandie. . Lau rens Defpagne. Guillaume Deicoce. Henry de Bour- gongne, lean Normanc Bachelier es Arts, ôc M^

Gille, & pluficurs autres iufqucs au nombre de quarante verfez efdites Içiences, ont certifié ôc ateeftépar ferment cfians non induits à ce par for¬ ce, par finefre,par crainte, ou par fraude , mais de leurs propre volonté, ayans efté requis de Raymond Lulle Catalô- nois de Maiorque, qu’ils ont entendu quelques téps dudit Raymond l’arc ou fçience que le iiiefmc Raymond die auoir fait ou inuenté , le- quel Art ou fcience Te

cômenec en cette forte»

O Dieu auec ta grâce ^ ta fapierjce ^ ton amour ^ Icy commence i'Àrt href^ qui ejl t image de t^rt qui efl inti^ îulé de cette J'orte. O Dieu auec ta fouueraineperfeélio^ icy commence ÏÂrt dernier (y générai

La raifon pourquoy nous faifons cét Arc bref, cil afin qu’on fçachc plus facilement le grand Art: Car fçaehant celuy cy, r Art fufdic & auffi les au¬ tres Artsfc pôurrôt plus facilemétapprendre, d>cc.

Et fc finift ainfi, à l’ho -

neur 6c à la louange de Dieu 6c de Tvcilité publi¬ que, Raymond à finy ce Liure à Pife dans le M o- uaflercdeS. Dominique au mois delanuier, l’an miltroiscens fept^derin- carnation de noflre Sei¬ gneur lefus Chrifl'; Lef- dits Maiftres 6c tous les autres ont aufli certifie, comme il eft dit cydefTus, parfermét cnlaprefence denofdits lurez, que le¬ dit Art ou kicnce efioic bon, viile 6c necefiaire, félon qu’ils le pouuoicnt examiner 6c en iuger, 6c

qu en icelle n’y auoic rien contre la foy Catholique ou derepugnant àladitc foy, aiqsqu onpouuoic crouuer plufieurs chofes propres pour fouftenir ladite foy, ôc qui font pour elle dans ledit Arc oufciencc^conameils di-

foient : Ce quia eftéfaic ôc paffé & tefte par lefdits Maiftres &c Bacheliers, comme a cfté dit cydcflfus deuant nos fufdiisClcrcs lurcz dans la maifon ou demeure prcfcntcmcnt le mefme Mc Raymond Lulle^ dans la rue de la

Bucheric de Paris, au delà du petit Pot vers la Seine, comme nos lurcz nous ont rapporte de viuc voix j A la relation def- quelspour tcfmûignagc de ce que deffus , nous auons iugé le fceau de lîoftrcdite Cour de Paris deuoir cftre appofé aux prefentes Lettres. Faid lan de noftre Seigneur mil trois cen^ neuf, Mardy d’apres ro6tàut delaFcftcde la Purific^^- tion de la bitn lièureuft Vierge Marie. De Ion- cher. Le feing de lacques

du Degré Notaire Ma¬ jeur telmoins , le feing d’Arnaulj: de S. Martin Notaire Majeur tcfmoin, le (eing de lacques Daui- gnon Notaire public qui a fidcllcmcnc tranflaté ôc clos cette copie, à Tçauoic le fixicfme des Calendes de May> l’an de noftre Seigneur mil trois cens treize, le feing dcBcrnard luzolle Notaire public tcfmoin de maiorquede ladite copie, & le (eing de Bernard des Oliues Notaire termoin de Ma^ iorque.

Extraiéî du Triutlege. du Roj.

O V I s Parla grâce de Dieu Ro^ de France Ôc de Nauarre. A nos araez& féaux Confeil- 1ers, les gens tenans nos Cours de ParlemétSjBaillifsjPrcuoftSjSenef chaux ôc tous autres nos lufticiers ^officiers qu’il appartiédra Salut. Noftre cher & bien amé Robert leToul fieurdt'Vairy noftre Con- feiller en nos Baillage ô«: Preuofté d’Auallon en Bourgongne, nousa fait dire ôc reraouftrer, que depuis quinze ou feize ans il auroit occu¬ Ton efprit à l’eftude des eferits Latins de M. Raymond Lulle , fur lefquels il auroit faiâ: quelques Nôtres & Coramentairès pour l’intelligence d'iceux , ôc faiéb plu- lîeurs Verfions defdics eferits de Lâùn en François en faneur de

ceux qui n*ont pas la cognoifTance de la langue ; Lelquels œuures tâc Latins que François, ildefircroit faire mettre en lumière pour Ivd- lité pü’blique ; Mais d’autant qu'il a délia faiâ: de grands frais & def- pences , & qu’il luy en ennuient faire encore beaucoup d'autres a caufe du grand nombre de figures qu’il faut faire gîauer,& des diuers caraaeres qu’il y faut employer: Il craint d’eftre priué de fon labeur par quelques Libraires & Impri- meursjfil ne luy eft fur ce pourueu de nos Lettres necefiaires, hum¬ blement requérant icelles : A ces caufes ^ inclinans libéralement à la requefte dudit expofant, Nous luy avions permis 6c permettes par ces prefentes , de faire imprimer 6c mettre en lumière en telles marges volumes ôtearaderes que bon luy femblera. Tous 6c chacunslesli- ures de Raymond Lulle, tant en Latin aueclefdites nottes & Com¬ mentaires qu’en François , pour

cftreles exeraplaites qui en feront rirez, vendus 6c diftribuez par cet^ tuy noftce Royaume , pays , terres & Seigneuries de noftre obeiiïin- cc : Sans qu’autre que celuy ou ceux qui auront pouuoir de luy puilTent imprimer ou faire imprU mer, vendre & diftribuer lefdids hures, conjointement ou feparé- raent,en quelque maniéré que ce foie, pendant le temps Si efpace de fîx années, à peine de mil liures •d’amencie , applicable moitié à nous, ôc laivtre moitié audit de Vaify, ôc de confifcatio.n detous les exemplaires qui fe trouueront imprimez: fans fa permiflion , en¬ core qu’ils fuifent imprimez hors noftre Royaume , & de tous fes defpens dommages ôc interefts, A la charge de mettre en noftre Biblioteque deux exemplaires de chacun defdits liures. Voulanseii outre, qu'en faifant infererau cô« menceraentouà la fin de chacun deldits liures vn extraiél de;spre-

fentes , elles foïcnl tenues pour bien fignifiees. -Si vous mandons & à chacun de vous endroit foy, tres-expreflTément enjoignons par cesprelentes, que le contenu cy- deilus vous facicz fuiure,garder 6c obferuer de poindl en poinél/ans permettre y eftre contreuenu en aucune maniéré que ce foit. Car tel eft noftre plaifir, nonobftant quelconques Edids, Ordonnan¬ ces , Mandements, DefFences ôC Lettres à ce contraires. Donné à Paris le 20. iour de Nouerobre, l’an de grâce mil Ex cens trente- deux, & de noftre régné le xxiij.

Par le Confeil,

Signé DVMASj

Jpprôhaîion des DoSteurs de Sorbonne.

NOus fous (îgnez, Doreurs en Théologie de la Faculté de Paris, Certifions auoir exade- menc leu la traduélion Françoifc de quelques TraidFez de Maiftre Raymond Lulle, confifiant en fa LogiquCy Veut ,Art . Ow^r Cahaljîiqucy J\j(herche duTvledmm de U Con-- veyfion d(4 Snyt au Vndicat. Et n’y auoir rien remarqué quicontre- uienne à la Religion Catholique Apoftolique 6<Romaine,ains que cohformementà la teneur du pro¬ cès verbal cy-joint ,de l’an 1505). La doélrine y côtenuc nous a paru trefbonne, très vtile & neccifaire, & entièrement conforme à la Foy Orthodoxe. Faiétce^. deDecem- brei(j3i.

M. D O LE S. Doéleur & Pro- feifeur en Théologie.

Fr. L. CAYON, Dodeur^: Pf ofeiTeur en Théologie.

I

D 1 A L £ C T I QJ/ E O V

LOGIQVE

NOVVELLE.

D E M'= RAYMOND

L V L L E.

O Dieu, aucc ta fouueraine pcrfe- (5lion,icy commence la Logique Bâfue & Nouüelle.

Oraifbn

A Logique eft vn Art, par lequel le V ray & le faux font cognéLis enrefon- nansjêc difeernez en argumentant,: Dans laLo^« A

^ Diale clique ou gique trois chofes font confi- derées entre les autres : c’eft à fçauoir, le Ti rme ^ h Propo/itiorti O- 1’ Argument. Le Terme eft la didion fignificatiue, delaqueL le la propofition eft compofée, oiipeuteilre compofée; com¬ me la bonté, la grandeur &:c. Dieu, l’Ange ôcc. luftice , Pru¬ dence, 6cc. Auariçe,Gourman- dife &:c. Il y a deux fortes de T ermes, C’eft à fçauoir.Z.^ com^ muti, é- 1^ ütfcret Le commun c’eft celuy, quifignifieoupeut fignifter pluüeurs chofes foubs vne impofition; comme 1 hom¬ me l animal , &; femblables. Le Difcret c’eftceluy qui lignifie pu peut lignifier vne feule cho- felous vne mefrne impofition; comme lefus Ghrift, Marie, Ôcc.Q^lquesTermes font dits

Logique nouuelie, ^ (îgnes vniuerfels, & quelques autres font dids fignes particu¬ liers. Les lignes vnluerfelsAf- firinatifs font, comme tout, vn chacun, 1 vn 8c l’autre, partout aucc mouuemenr,par tout fans mouuement, toujours. Les Négatifs nul, perfonnc,ny IVii ny l’autre, iamais, nulle part, ôc-c.Les fignes particuliers font, commc,aLicun, quelquVnjfau- tre, quelquefois, en quelque lieu 8c c. Dans la propofîtion 1 vn des termes eft le fubied, l’autre eft le prédicat, 1 autre le lien. Le lien eft la première perfQnne,la fécondé ou la troi- üéfme perfonne du fîngulicr, ou du plurier, Indicatiue expli¬ quée ou impliquée de ce verbe, Icfuis, lu es, il eft, i ay efté. Le febieétcft le terme, qui eft de- A ij

4 DUU^icfue ou

nantie lien : Comme la bonté elt vn eftant : celte bonté eit le fubietl:ôic. Le prédicat c’ell le terme qui ell apres le lien , & il fe diéb du terme qui elt deuant le lien. C’eft à fçauoir du fub- ieél : comme la bonté ell gran¬ de, Ce terme grande, ell le pré¬ dicat. Et les lignes vniuerfels particuliers luldits, ne font ianuislefujedny iepredicat.

De la Tropoftion.

La Propofition ell vne Orailon compolée de ter¬ mes , dgnifians quelque chofe ellre ou n ellre pas : comme la bonté ell grande, l auarice n’eft pas bünne,la propofition elt de CoiX lortcsjc ell a Içauoirvraye ou fat. iTe, la proposition vraye

c au telle qui lignifie comme il

Lo^icjuc nom elle. 5

cft ; comme la luftice eft vne verciî. La propolition faulTc cft, celle qui lignifie autrement qu’il n’eft , comme la bonté cil manuaife : rjaommc n cil pas vn eftant ôcc. La propolinon fediden deux façons : L ’vnc cil Cathcgorique, L’autre Hy¬ pothétique. La propoliiion Cathegorique eft vne oraifon en laquelle il y a vn fubieét , vn prédicat , & vnlien : comme la bonté cft aymable : Dieu ell éternel : La foy ell vne grande vertu : L auarice ell mauuaifc. La propofition cathegorique cft de quatre manières. C eft à fçauoir, CvnïuerfelU , U Farticu» Itéré , l*/ nàe^nie,dr U Singulière^ L Vniuerfelle eft celle , de la¬ quelle le fubjeél eft vn terme commun , ioint à vnfigne vni- K iij

6 Dialeélique ou uerfcl, comme toute pierre cft fenfuelle : toute puiffance eft bonne, &:c.La propofition par¬ ticulière eft celle ^ de laquelle le fubje£t eft vn terme commun joint à vn ftgne particulier î comme quelque bote eft gran¬ deur : Q^lquc vertu eft fen- fuelle. La propofition Indé¬ finie eft celle de laquelle le fub- jed eft yn terme commun fans cftre joint à aucun figne:Com- me la bonté eft puiftantejrhom me eft créé, &c. La propofition Singulière eft celle de laquelle le fubjed eft vn terme difcret. Cl] commun joint à vn pronoft dcmonftratif. Exemple du pre¬ mier : comme , lefus Chrift eft Dieu , l’homme Bernard eft Efcolier. Exemple du fécond: Cét homme eft T eologien. De

Lo^icfue nouuelle, 7 mefmc la propoficion Cathc- gorique cft de deux {oi'tes,c’eft à Cçauoir affirmatiiie ou nega- tiue. L’Affirmatlueeli: celle, de laquelle le prédicat elt oufem- ble eilre attribué au fubjeéi’, comme l’home elt créé , 1 hom¬ me efl raifonnable. La Nega- tiue eft celle, de laquelle le pré¬ dicat eft feparé du fubjeét , Ou femble eftre feparé ; comme l’homme n’eft pas vne pierre, l’homme n’eft pas vne plante, Uc. Le Logicien fe fert de trois demandes en vnepropofition, c eftàfçauoir ce quee’ell qu elle ^eft, qu'elle elle eft, combien grande elle eft : par ce que c’ell il demander fçauoir li la propo- fition eft Cathegorique , ou hyppothetique: Par combien grande en fa quaticé, il demade A iiij

8 ' Dtaleâique ou

fl elle eft vniuei'felle, particu¬ lière , indefinie, ou finguliere. Et par qu’elle en fa qualité , fi elle eil: affirmatiue ou negatiue. Qi^lques proportions T’accor¬ dent auec d’autres en trois fa¬ çons. En vne façon quand elles font de mefme quantité ou qualité ; comme fi IVne eft vni- uerfelle,que l’autre foit vniuer- felle, ôcc. ou fi l’vne eft affirma- riue,que l’autre foit afErmatiue. Et ainfi de la Negatiue. La fé¬ condé façon quand» ils ont vn femblablefubjeét ou Prédicat: comme la bonté eft durable , la grandeur eft durable , ficc. Par le troifiefme moyen quand el¬ les font femblables en fubje(ft: fie en prédicat -..comme- la bon¬ eft grande : la bonté n eft pas grande : ainfi des autres.

Logique nouuelle ^ De la Comerfion,

A Conuerfion c’eft la

i vtranfpofition du fiibjeft au Prédicat, & au rebours. Le Logicien faidl deux conuer- fions , IVnc eft di6te fîmple, Tautre par accident. La fimple conucrfion eft le changement du fubjed au prédicat , &; au rebours, demeurant enl’vne 6c l’autre propofîtion , mefme quantité 6c qualité : Comme nulle bonté eftfujedhaylTable: elle eftainli conuertie ; nul fub- jéél: hay (Table elt bonté : fem- blablement quelque bonté eft grandeur : elle eft ainft conuer¬ tie : quelque grandeur eft bon¬ té, Par cefte conuerfion (ont conuêJT'^-s Tvniaerfeile Ncga-

A y

XO ou

tiue> &c la particulière Affirma- tiue : La conuerfion par acci¬ dent eft le changement du lu- je£l: au prédicat , ôc au rebours: en l’vneôi l’autre, mefme qua¬ lité reliante , mais la quantité eftchâgée comme toutfenfucl eil différent : fe conuertit quel¬ que different cft fenfuel. Sem¬ blablement nul animal eft pier¬ re: efteonuertie, quelquepier- re n’cft pas animal , Sec. Par ce¬ lle conuerfion font conuerties Tvnitierfelle , affirmai lue Sene- gatiue, &: ainfieft conuertiela particulière affirmatiuc : fem- blablementrindcfinie Si la fin- guhere félon leurs maniérés. Il îie fe faiét point proprement de conuerfion de la particulière siegatiue : dautant que la pro** ppluion vraye pourtoic «lire

Logique nouuelle, îï’ conuertieen faiifTe : comme û quelque animal n’elî: pas hom¬ me: ellefeconuerciroit, quel¬ que homme n eft pas animal : elle feroit faulTe : ôc par mcfme moyen on peut dire des autres femblables, d’où vient le vers Latin

Feci fim^liciîer Cônuertitur eu4 fer acci.

Des Oppo fît ions*

D Ans les propofîtionSj qui' .'accordent en femblable le lujet &le predicacjibnt faites quatre oppoflcions : C’ell à- fçauoir Lts Loniratres , les tra dit'tûires les SoHhz.cont^ai-t ^ ^ & S(*hafterr.e\ Sont oppofés par côtrarieté , iVniuerielkaf. irrmatiue Sc rvniucrfene nèga- tKie concordantes en fübjed^ A VJ

DialeSiifue ou prédicat : comme en difanc toute bonté eft grande , nuile bonté eft grande, Sc amlides autreSt' Sont contradiûoire* ment oppoTcs l vniuerfellene- gatiLie &C ia particulière affirma- tiue , ou Tvniuerlelie affirma- tiueôc la particulière negatiue, SCC. ainfi du premier nulle bon¬ eft grande. Quelque bonté eft grande. Du fécond ainfi. Toute bonté eft grande , quel¬ que bonté n eft pas grande, ôcc. Les Subalternes font l’vniuer- felle affirmatiue Sc la particu¬ lière affirmatiue : ou l vniuer- {elle negatiue &c la particulière negatiue : du premier ainfi: Toute bonté eft grande, quel¬ que bonté eft 'grande, du fé¬ cond ainfi nulle bonté eft gran¬ de»/ quel que bonté neft pas

Logique nouuelle, grande, &: ainfi des autres. Les Soubzcontrairesfont la paiv ticiiliereaffirmatiue & la par¬ ticulière negatiue. Concor¬ dai! tes en fubjea &: prédicat, en difant ainlliqueique bonté eft grande, quelque bonté ncil pas grande. Et ainfi des autres : Commeilparroift en la figure fuiuante, &c comme il eftdiZi de la particulière de mefme on peut dire de i’inde- finie & finguliere.'

Tout homme

O

O

g Les fMurnees,

<

Lcygîque muuelte,

Les extremes de lapropofi»^ tion Cathegorique font le fubjea&lepredicar. LaCa- îhegorique fe prend en deux façons ;L vne cH de l'exrreme diiioint : L autre eft de l’ex- treme conjoint. LaCatKego- rique eft de 1 extreme difioint au fubjedou au prédicat, de laquelle vne conjonaion diP jonftiue eft mife : Comme la bonté GU la grandeur eft grande par foy, ôcc. ou en di- fant ainft,rhomme eft animal ou pierre. La Cathegorique eft de l extreme conjoint , au ftibjed ou au prédicat de la^ quelle eft vne eonjonélion cppulatiue , comme , la bon^ 6c la grandeur fontayma- blc& t ou en: difanc ainft , îa |9ap&#graiîde6c puiiSantô^

i6 DideBiqus ou

Ht quelc^uefois la Cathegori-

queefl de IvnSi de l’autre ex¬ trême difioint ou conioint: Et quelquefois d vn extreme difioint 1 autre coniomt. La contradidion eft 1 affir¬ mation : Si ffin contredit la négation, à vnmefme, félon vn mefme, femblablement, énoncées en mefme temps.

De U rnatiere de U Trofofjtion.

IL y à trois Matières La ïja* melle, La Contingente ,& tBlloignée, La Naturelle c cil celle, en laquelle le prédicat cft deTefTence du fubjed ou

fon propre icommelhomme

cil animal : l’homme cft rifi- ble. La matière contingente

L o^ique nouuelle. 1 7

ceft celle, en laquelle le pie- dicat peut eftie ou n’ellre pas fans la corruption du fubjec: Comme l’homme eft blanc. La matière efloignécefl celle en laquelle le Prédicat ne peut conuenir au fubje^l: Comme l’homme eil afne.

Des Loix.

A Loy des Contraires

JL/ eft telle qu elles ne peu- uent eftre en aucune matière enfemble vrayes : toutesfois elle peuuent, eftre faulfes eti matière contingente. La Loy des foubzcontraires eft celle. Quelles ne peuuent eftre fauftes en aucune matière : Et peuuent eftre vrayes en ma¬ tière contingente. La Loy

i8 Diale^ique m des contradictoires eft teîkj quelles ne peuuent en aucune matière enfemble efttevrayes ou fauffes. LaLoy des Sub-aî- ternes elt tellejque fi l’vniuer- felle eft vraye ainfi fera la par¬ ticulière, toutesfois ilneft pas ainfi au rebours , iinon en vne matière naturelle ou ef- loignée.

Dell jYofoJitionllyfothetique^

La proportion hypothé¬ tique eft l’oraifon, en la- pquelie deux Caihegoriques font vnies enfemble par vnc conionCtion : Comme la bonté eft grande , 6c lagran*- deur eft bonne , 6cc. La pro- pofttion hypotetique eft de fix fortes : CopuUtiue , Dtfion* &iue^ Codi$wnnelle^ Katkmelle^

Logique nonueUe, 19 Temporelle ^Locale, La Copu- latiue eft l'hypothetiquc , en laquelle il y a deux Cathego- riques conjointes par vne cô- jondion copulatiue , cÔTne la bonté el't grade &: la differéte ell concordante : &cq. La Dif** jonétiue eft l’hy potetique, en laquelle il y a deux Cathego- riques conjointes parlacon- jontion difiontiue , comme l’homme eft Animal, ou le Lyon eft fenfible , ôcc. La Conditionnelle eft Thypo- thetique , en laquelle il y a deux Cathegoriques con-» jointes par cefte dition , ii, comme li la durée eft puiifan- te, la puiflance eft durable, ôcc. La Rationnelle eft l’hy- pothetique, en laquelle il y a deux Cathegoriques con.-,

20 Di ale Bique ou

ioindes parfes coniondtions, doncques , de confequenc, comme la Sapience eft aima¬ ble, doncques la bonté cfl puiffônce SCC. La Temporelle ell: l’hypothetique, en laquel¬ le il y a deux Cathegoriques conioindes auec vn aduerbe de temps,commcla bonté eft grande, quand la grandeur eft bonne, S^c. La locale eft l’hy- potetique , en laquelle il y a deux Cathegoriques con- ioindesauec quelque aduer¬ be local, comme la vertu eft, ou la iuftice eft. Sec.

A ce que la Copulatiue foit vraye il eft requis, que les deux Cathegoriques foicn: vrayes , mais quand quelqu’- vne des Cathegoriques eft faulTc, pour lors elle eft fauf-

Logique nouueHe. ir fc , comme en ciifant , l’hom¬ me ell Animal Sc l’homme ell cheurej &: c'eft pourquoy il eftdi6t, la Copuladue faulTc en vne partie, eil toute faufTe. A ce que ia disjondiue foie vraye, il fuffit que quelque- vne des Cathegoriques Toit vraye : comme en difant, la bonté eft vercueufe , ou bien l’homme eft animal , &:c. Et c’eft pourquoy il eft diél, la di^ondiue vraye en vne par¬ tie, eft vraye en tout : M iis à ce , que, la Diliondiue Toit faufTe, il faut que ces deux Cathegoriques foient fauf- fes : comme en difant l’hom¬ me eft raifonnable, ou la pier¬ re eft animal ôcc. Pour la vé¬ rité de la conditionnelle il eft requis, que Tantecedent

z t* Diale^ique ou ne puifTe demeurer fans le confequent : Comme fi tu es homme, donc tu es vn eftanCjpour auoirla cognoif- fance de laquelle on confide- re, Si l’oppofé du confequent ne répugné à l’antccedent. Mais pour la faufleté il cft re¬ quis, quel’antccedent puifle demeurer fans confequent, ce qui pourra aufli eftreveu, en conlidcrant que roppofé du confequent ne repugnel l’antecedent, &:c.

Toute propoficion eftnc- ceffaire, po/Tibledmpoffible, ou contingente.Laneceflairc cft celle , qui ed tellement vraye , quelle ne peut en au¬ cune façon eftrefaufl'e: Com¬ me en difant. Dieu'eftbon, grand &; Eternel, riiomme

Lôgtquç n ou U elle, efl: animal &;c. La poflîble eft celle qui peut eftreou n’cftre pas. Comme l’homme fera Elcolier, l’homme ne le fera pas, &c. Mais quand cela pourra ellre , & n’eftrc pas, elle eh contingence : comme il faut foüeter l’efcolier, il fera loüeur , Sec. rimpofTible eft celle , qui lignifie la chofe, qui ne peut nullement eftrc, comme l’homme cil def- raifonnable , l’homme n’efi: pas Animal , ôcc.

Des Suppojîtions,

T A Suppofition eft la fi- **^gnification d’vn Terme pour vnc chofe vniuerfellc ou finguliere : &: il y en a troisdaccepeion , c’eft à fça-

14 Dîale(liqH€ OH uoir la fiinple, la perfonnelle, &: la matei ielle, La fimple ell: la fignification d’vn terme pour vne chofe vniuerfelle, comme rhomme eft efpece. La perfonnelle eft l’accep¬ tion, la lignification d ’vn ter¬ me pouivne chofelinguliere, comme l'homme court. La Materielle eft la fignification d’vn terme pour vne chofe, prife matériellement, comme 1 homme eft vne diction de deuxfilabes.

Des j^mpliations,

L’Ampliation eft la ftation ou pofition d’vn terme commun à raifon de ladiuer- fiié des temps dont font don¬ nées les règles fuiuantes. La prc^xiiere

Logicjue nouudle, 25 première eft, Q^en touce propolicion , en laquelle efl: mis le verbe du precerit par¬ fait: ou le participe, le terme precedent eft emplié pour ce qniell:, ou pour ce qui a elle, comme vnefiile Vierge a efté putain. La fécondé réglé, en toute propolition en laquelle eftmis le verbe ou participe du temps futur. Le Terme precedent demeure pour ce qui eft ou fera , comme le vieillard fera enfant. La troL fiefme réglé eft , tout terme mis en vne propofition au refped de ceverbe,il peut, ou de fon participe, demeure pour ce qu’il eft, ou peut eftre, comme le blanc peut eftre noir.

B

Z 6 Dialeéîique ou

De U Keflriflton.

La Redridion eft la Sta¬ tion ou pofition du terme en vne propoficion, pour beaucoup moins de lignifi¬ cations , que fa nature le re¬ quiert, comme , tout homme blanc court : Tout homme pieux , eft agréable à Dieu.

Des Predicahles eù» Predkaments.

IL y a cinqPredicables, qui font les cinq voix de Por¬ phyre, c’eft à fçauoir le Ge»rè, l^Efpece, la D'tjference^ le Propre^ & l'Accident. Le Genre, eft ce qui f’endnce de plufteurs dif¬ ferents en efpece, en la que-

. Logicjue ncuuelle. 17 ftion ce que c’eft. L’Efpece eftj ce qui f’enonce de plu- fieurs differents en nombre, en Iijqueftion de la qualité. La differance , efl ce parquoy quelqu Vnes des chofes font differentes des autres. Le Propte eftce qui conuient à l’vn &C non à l'autre , comme il conuient à l’homme , qu’il foit ririble,au chien qu’il puif- fe abayer , &:c. L’accident elt l’eftant, qui ne peut exU fier ny par foy ny en foy.

Les Predicaments font dix , c’eft à fçauoir Suhfiânce^ Quantité , , Relation^

uitiion , Fanion , Situation^ Qjtand^ Ou , Hd 'ttude. LaSubilance,efl: ce à faquelle proprement il conuienf d’e- ftre 6e d’exifter par foy. La B i)

i8 Dialeéîique oh Q^ntité cil l’eftant, qui peut mel’urer la fubflance. La Qualité eft,ce. félon quoy nous fommes clids quels : Ladion efl l’ade, félon le¬ quel nous fommes dits Agir. La PafTion eft, ce, félon quoÿ nous patifTons. La Relation eft, ce , parquoy lesquel Tvn fc raporte à l’autre. La Situation eft l’habitude de la chofe ft- tuante à la chofe fituée. Quand, eft la durée félon la permanence de la chofe. Où, eft l’habitude de la choi fevbiuifianteàla choie vbiui-^ fiée. L’habitude , eft l’habi¬ tude delà chofe habituante, à la chofe habituée. Le Pre- dicament eft l’ordonnance des termes félon le bas Sc le haut , comme il paroift en la figure luiuante.

Logique nouuelle, 29 Suhjlance,

Cor^orellcf Incorporelle, Corps^

Jnimê, . Inanimé,, Viuant ou Corps anime, Senphle, Infenfihle,

Animal,

Raifonnable, Defraifon- nahle,

Homme,

Chriji, Socrates, Tlatonl B iij

30 T)idlcflicjue ou

Comme cét Arbre eft fait dans le predicament defub- flance, ainfi il peut eftrefaid dans les autres predicaments: à celle fin queleschofes ap- paroifTent aux Sens, entant que fuperieures ôc inferieures en chaque predicament, affin que par vne telle cognoiffan- ce,rhôme puifTe mieux cher¬ cher les variétés des chofes.

De L'argumentation.

7 ’Argufnentation cfl: vn '•^affemblage de paroles, defquelles d’autres paroles /’eniuiuent. Comme la bonté cfb, donc quelque chofe eft. L’argument efl l’Oraifon compofeed’antecedent,& de confequent,

Logicjue noHuelle. 31 L’argumentation à quatre Efpeces : c’ell à fçauoir , Le Syllogifmc 5 1 InduSlion , /’£/?- th^mefme l' ExempU^

La preuue eft l’argument, dans lequel la vérité eft appa¬ rente : àc peut eftre faid en trois façons , c’eft à fçauoir

par Autheritê^pAY Raifiin meef^ /aire^ & par Demonfiration,

La Demonftration , eft la déclaration de quelque cho- fc incongneuë par quelque chofe cogneuë, ou de quel¬ que choie peu congneuc par la chofe, d’auantage con- gneuè : peut eftre faite de trois façons ; c’eft à fçauoir, par ce que c eft à priory , par, d’autant que apofteriory , &: par equiparence. La Démon-

32» DialeÛicjue ou ftration par ce que c’eft , c efl quand l’effed elt demonftré par la caufe i ou l’inferieur d>c pofterieur parle fuperieur ou P rieur: La demonllration par, d’autant que, eft, quand par 1 effefl: la caufe eft demôftrée, ou quand par l’inferieur, ou pofterieurde fuperieur ou prL eur eft demonftré.La démon, ftration par equiparencc ou efgaiite eft , quand quelque chofe efgalement incongneu ou efgalement moins con- gneu: eft demonftré par legal mieux congneu,&: celle cy eft la meilleure & plus neceftaire preuue que ne font pas les deux fufdites : d’autant que par icelle , les chofes les plus hautes font demonftrees.

Logique nouuelle, 35

Du ^llogifme,

T E Syllogifme, eft l’argu- -^menucion en lac^uellede deux propoficions premifes bien arengées en vne mode de figure deuè's, f’ enfuit la conclufion.

Le Sillogifme,doic auoir en foy deux premifes &:vne conclufion, comme en difant ainfij.tout bon eft aymable, toute vertu éft bonne, donc toute vertu eft aymable, 8c de Tes deux premifes , la pre¬ mière eft appelléc majeure, la fécondé mineure j 8c celle qui fuit d’elles eft appellée conclufion.

Trois Termes font nscef- faites pour faire le Syllogif- B V

54 Dialeélique ou me , dont IVn f’appelle le moyen , lautre l’extremiEé maieure,^»: l’autre l’extremité mineure . Le Moyen ciï le T erme qui eft pofé deux fois, auant la conclufion ; fçauoir eft vne fois en la premife maieure , & vne fois en la preifme mineure ; L’extre¬ mité maieur, eft le terme qui auec le moyen faid la première propofition. L ex¬ trémité mineure eft le terme qui auec le moyen faid la fécondé propofition : lamais le moyen, ne doit edre mis dans la conclufion : Mais elle doit eftre faite de l’extremité maieure mineure. Et tou¬ tes ces chofes font patentes ôc manifelles dans le fufdic Sylogifme:!! eft à remarquer

Logicjuc nouuclle. ^5 Qi^il y a vne certaine conclu- fion direde & vne autre in- direde. La Conclufion di- rede , eft celle, en laquelle la plus grande extrémité f’ef- nonce de la mineure. La conclufion indirecte , eft cel¬ le en laquelle l’extremité mi¬ neure eft efnoncée de la maieure.

11 eft aufti à remarquer, que tout bon Syllogifme, doit eftre dans vne figure, dans vne mode. La figure eft la deué ordonnance des termes, eu efgard aux placements des fubjets Sc prédicats , les figures du Syllogifme font trois J SC chacune d’elle à fes niodes. La mode eft la deué ordonnance des propofi- tions, ayant efgard a la quany

3.^ Dialeéî/que ou

tité& qualité, dans les mo¬ des des figures Te trouuét ces

vo7ellesicy,a,e,i,o, A,efl: 1 aiîitmatiue vniuerfellej E, la negaciue vnluerfelle , î , laf- Ermatiue particulière, O , la negatlue particulière, doù vient ce vers

^ J Neg4î E^feàvnim ner/aUferamhd.

JyNegat O^fedpaift ’i» cuUriter amhoy

dont le fens eiftel,que l’A, affirme , que iE, nie, mais IVne & l’autre vniuerfelle- lîîent ,1 î , affirme, l’O , nie, mais I vne & l’autre par ticuli- crement. Les conditions ge¬ nerales à toutes les Eguresi font cinq en nombre: La pre¬ mière qu en tout Syllogifme, quelque vne des premifes

Logique nouuelle, 5/ foit vniuerfelle : La fécondé, qu’en tout Syllogifme quel» qu’vne des premifes fôit affir- matiue. La troiliefme, que fit y à aucune des premifes qui îbit particulière, quelacon- clufion foit particulière; mais non pas au rebours, La qua- triefme, que û la conclufion eft ncgatiue que quelquVne des premifes foit negatiue Se au rebours, àraifo-n dequoy faut remarquer , que dans le Syllogifme, des pures propo- titions negatiues;&:pures par¬ ticulières , rien ne fenfuito La cinquiefme , que dans au¬ cune figure, on ne mette La- mais le moyen dans la con- clufion.

5^ Dialeâique ou Delà première Figure.

T A première Figure eft ‘^celle en laquelle le terme qui eft fubjet enlapremife maieure, eft l’attribut en la mineure, comme en difanr, tout bon eft vray, la durée eft bonne, donc la. durée eft vraye. Elle a quatre modes, concluantes diredement , Sc quelquefois indiredemenc concluantes , les quatre pre¬ mières font celles qui font fignifiées par ces didions Bar bar A C dirent darij Ferio. La première mode eft com- pofée des premifes A , con¬ cluantes A, comme ainft tout bon eft durantjtoute gradeur eft bonne, donc toute gran¬ deur eft durable ôcc. La

Logique noîiuelle. 39 deuxiefme mode, fe faid ds la premife maieure E , de la mineure A, concluante l’E: Comme , nul mal eftayma- ble, tout vice eftmal, donc nul vice eft aymable. La troi- riefme mode fe faid de la ma- ieure A, ^ de la mineure I, concluante 11 : toute puilTam ce eft intelligible , Dieu eft puiftance, donc Dieu eft intel¬ ligible. Laquatriefmemode fe faid de la maieure E , Se de la mineure I , concluante rO, comme nul fubjet fpirituel eft viftble, quelque Ange eft *^fpirituel,donc quelque Ange n eft point vifible.

Or les cinq modes con¬ cluantes indiredement , font celles qui font fignifiées par ces didions , Bar dicton ,

4 O JûialeSlique o u

laiîtes dahitis fapcfmo fnfefomol rum Baralipton , eft compofé de la maieure A , de la mi¬ neure A , concluante I , com¬ me tout bien eft pofitif, tout ce que Dieu faid eft bien^dôc Dieufaidle pofitïf. cdames eft compofé de la maieure E , de la mineure A,concluam tes E; comme nul fubjet ver¬ tueux eft vicieux, toute gloire eft vertueufei donc nul fubjec

vicieux eft gloire. Vabitu eft compofé de la maieure A , delamineurel , concluantes I, corne tout eftant ejjintel- ligible. Quelque particulier ^ eft, eftant, donc quelque in¬ telligible eft particulier. I^4pefm$ eft compofé de la maieureA, &de la mineure E, concluante O, comme toutes

Logique nouuelle, 41 chofes nouuelles plaifenc, nulle chofe antique eft nou- uelie J Donc quelque chofe plaifante, n’ell point antique. Fnfefomorum eftcompofé de la maieure I, Se de la mineure E , concluante O > comme quelque homme cft feruiteur de Dieu, nul afne eft homme, donc quelque feruiteur de Dieu n eft point afne. Celle .figure a deux propres condi¬ tions. La première eft , que dans icelle l’on conclud tou¬ tes fortes de propolitions; fçauoir , eft l’afKrmariue &: negatiue vniuerfelle , l’affir- maciue &: negatiue particu¬ lière ; La fécondé, que le moyen foie dans la maieure fubjeft, dans la mineure at¬ tribut, ou prédicat.

42f DialeÛique ou

De la fécondé Figure,

T A fécondé Figure efi: cel¬ le J en laquelle le terme moyen , qui eft prédicat en la maieure, efi: prédicat en la mineure : comme, en difant, nul animal eft plante, toute herbe ell plante, donc nulle herbe efl animal, & elle a qua¬ tre modes, qui font lignifiées, par fes diétions, effare. Came- Jires iFeJtino U<rrroc$,. La pre^ mieremode fe faitdela ma- ieure E , de la mineure A, concluantes E, comme dans leSyllogifmeauantdid. La fécondé mode, fe faift de la maieureA, 6c de la mineure E, concluante E,comme tout homme efl animal,nullepier-'

Logique nouuelie. 43

reeft animal, donc nullej)icr- reeit homme. La croiiiefme modes fe fai6h delamaieure E, 8c de la mineure I, conclu¬ antes O , comme ainfi nulle vertu eft hayfTable, quelque vice eft haylTable, donc quel¬ que vice n’eft pas vertu. La quatriefme, fe faid de la ma- ieure A, ôcdela mineure O, côcluantesOjCÔmeainfitouc

fujet ereé eft bô,le péché n’eft pas bon, donc lepeche n eft pas créé. Les conditions de la fécondé figure font deux. La première, que le moyen foie prédicat en l’vneSc l’autre des premifes. La fécondé, quela maieure foit vniuerfelle,*en quelque Syllogifme que ce foit.

4 4 Dialeéîique ou

De U troifefme Figure.

T A troifiefme Figure eft celle en laquelle le terme qui ell fubjet dans la maieure, cil fubjet dans la mineure , &c elle a fîx modes, qui font fi- gnifiees par ces dirions, Darapti , FeUpîon , Dtfamü ^ Vatif)^ Bocarào^ Verifon, La première modeefteompofée de premifes A , concluantes I, comme toute bonté efl: grattde, toute bonté eft dura¬ ble, donc quelque fujet dura¬ ble eft grand. La fécondé mode, fe fait de maieure E, &: de la mineure A,côcluanteO, comme ainfi, nul bien eft vi¬ cieux , tout bien eft aymable, donc quelque aymable n*eft pas vicieux. La troifiefme

Logique nouuelle, 45 modefe delamaieure I, &c mineure A, concluantes I, comme ainfi, quelque bonté eft Eternité, toute bonté eft grande , donc quelque grand eft Eternité. La quatriefme mode fe ftriét de la maieure A, 8c mineure I, concluantes I : comme , T out homme eft raifonnable, quelque hom¬ me eft cordonnier, doncques quelque cordonnier eft rai- fonnable. La cinquiefme mode fe faid de la maieure 0, 8c mineure A, concluante O , comme quelque fenfible ’eft pas mortel , tout fenft- bleeftviftble, donc quelque viftblc ri eft pas mortel. La fixiefme fe fait delà maieure E , 8c mineur 1 , concluantes O : comme , nul intelleduel

4^ Dtaleéîique ou eft coloL'^j quelque intelle- â:uel eftame: donc quelque ame n’eft pas colorée, &:c. Les conditions delà troilief- ine figure font deux : La première, que le moyen en l’vne & l’autre, foitlefubjet, Ladeuxiefme,qu'elle necon- clud, que particulièrement.

De llnduflion,

T ’Induétion eft l’Argu- -■—"mentation, en laquelle on ;argué des finguliers fuffi- famment nombrez àleur vni- uerfelle immédiate : comme Pierre efl bon, lean eltbon, & ainfi des autres ; donc tout homme efi bon.

Logique nouuelle. 47

De ï Enthymefme.

L’Enthimefme eft l’argu- mentationjcn laquelle on arguë d ’vne feule premilTe à la conclulion : comme , tout homme elt animal : donc Pierre eh animal : S>c ainfides autres.

De lExemfle.

L’Exemple eftlargumêta- t ion, en laquelle on arguë d Vn particulier à quelque au¬ tre J à caufc de quelque chofe femblable trouué en eux : co¬ rne il ell bon que Pierre férue à üieu : donc il ell bon que Martin ferue a Dieu. Sem¬ blablement , la grandeur eft

4 8 Dialeâique oh aymable, donc la durée cfl aymable : Targument tient par cette chofe femblable qu’il eft bon, d’autant que tout bo n eft aymable.

Des lieux, cjjt* premièrement dulieu duplus auxmoins^

T E Lieu du plus, efllargu- -*^ment qui fe faid du pluj au moins : comme Diei? peut creerle monde : donc il le peut conferuer, ou bien , le Roy peut auoir cent Soldats, donc il en peut auoir cin¬ quante : Et ce a/Ermatiue- ment , mais negatiuement ainfi : Le Roy ne peut fur- prendrelecamp , doncny le Soldat. Semblablement le feu ne peut brufler le bois, donc

Lo^icjue nouuelle. 49 donc nyl air: &cc. Etainfiil paroiü do quelle forte i’hom- mepeutaiguerpar ce lieu af- firmatiuement, &: negatiue- ment, comme il appert cy- defTiJS. La condition de ce lieu eftjque le plus&: le moins f’accordent,en ce,enquoy il cflargué,de 1 vn à lauire. Et pour ce il ne f’enfuit pas» l’homme ne peut faire vnc pomme, doc ny le pommier: la rajfon poiu quoy il n'a pas lieu, parce que I homme ôclc pommier ne f’aecordent pas en failant des pommes, ÔC par confequent, l’homme eft plus que le pommier, ny au au rebours, en ce qui eftdc faire vnepomme, ôt ainû des autres*

' C

Dialectique ou Du beu de CEgaL

T Elieudeî’ErgaUefirargu met, quife fait de l’efgal, à refgal: comme l'homme eft ^compofé de corps &c d’ame, donc la créature fenfuelle Sz întclleduclle efl compoféc de corps &c d’amerfemblablc- ment en difant , le rifiblc elt bon:donc 1 homme elt bon, 6cc. ouainfî, la bonté diuin^ cft infinie fans quantité , &c. La condition de ce lieu elt; que les chofes efgalcs f’accor* dent, en ce,enquoy onarguc de Tvn à l’autre : &pource,iI ne fenfuit pas , Raymond elt Médecin : donc lean elt Mé¬ decin: parce qu’il peut eftre cocdônier^ U ainii des autres.

Logique nouuelle. 31

Du lieu du Moins.

T E lieu du moins cft lar- ^ gu ment , qui fe fait du moins au plus ; comme ainfi, le Cheualier peut auoir vn cheual , donc le Roy peut auoir vn cheual. L’homme ne peut porter dix quintaux, donc il n’en peut porter vingt. L’air peut efchaulFcr, donc le feu. Demefmeque ce lieu procédé affirmai iue^ ment, &: negatiuement, com¬ me il elt ditjdu lieu du plus. La condition de ce lieu eft, que le moins & le plus,l’ac-^ cordent, en ce, dequoy , on argue de Tvn à l’autre, & pour ce il ne f’enfuit pas , l’Aigle peut voler > donc l’homme Ci;

Diaïe^icfueou peut voler : d’autant que l’homme U l’Aigle ne f’ac- cordent pas dans le voler > 3e ainh des autres.

Des Confequences,

LEs principes de la Coiï- fequence,(ont l’Antece- dent 5c le confequenr , 5c la marque de la confequcncc* L antécédent eft ce qui nc- ceflîte qu’il fuiuc quelque chofe par luy , Le Confe- quenc eft celuy > qui monltrc deuant foy vne nectflité. marq IC de la confequcnce eft

dite cette conion^^ion , par le

moyen de laquelle la propo- fitipn qui eft antécédente , 5C

celle qui çft confequente font conjoüites,côœcionc>donc>

Logique nouuelle* 53 de confequentjSc autres fem- blables. La confequence^eft quelque raifonnement ,danî^ lequel eft lantecedenc Sc le confequentjauec la marque de la confequence : comme en difant, laborué eft, donc la durée eft.: Semblablemenc la bonréeft grande, donc U bonté eft durable: Sembla¬ blement l’homme eft, donc le corps & l’ame font: de mef- me l’Ange eft, donc l’intelle- (ftueleft, SCG. Etdçlaçonfe- quence fufditc font données des réglés fpeciales, La pre¬ mière defquelles eft : que de vrayes il ne ftenfuit que vray, mais des fauftes quelquefois yray ôefaux. Exemple : com¬ me l’homme eft afnc, donc ü eft a^iimal , ce qui eftyray* C iij

1

54 DiaU Clique en

te l âfne à vnc amc raifonna» ble, ce qui eft faux. De mef- me, tout ce qui fuitaucon- fequent dVne bonne confe- quence, fuit à l’antecedent. Et tout ce qui antecede à l’an¬ tecedent, antecede au confe- qiient. Et tout ce qui répu¬ gné au confequent , répu¬ gné à lantecedent. Dauanta- gedelvniuerfel à fa particu¬ lière ou indefinie, qui luy eft fubalterne , la confequence eft bonne, 5c non au rebours, linon en la matière naturelle ou efloignee ; 5c de la parti¬ culière, à Ton indefinie 6c au rebours , la confequence efl bonne : 6c generallement de la deffinicion au deffiny, de la defeription au fujet d’efcric, de l’interpretation au fujet

Lop/juf nouuelle. 55 interprété , dVn Synoniine à vn autre Synonime.

Ues Fallaces,

Le Paralogifme efl: l’ar¬ gument , mdicant eftrc vray , ce qui eft faux , au rebours : &: c’cïl pourquoy on dit paralogifme) comme fl on vouloir dire apparent Syllogifme. Le paralogifme fc faid en deux façons : en Vne façon dans la diélion > en l’autre hors la diélioni Le pa- ralogifmc eu efgard à la di¬ ction, fe faid en fix façons, félon que font les falaces dans ladidion , ceft à fça- UO^iE^uikOcation^ ^mphtbo^ logie , Compefitien ,

Accent , ligure de diSlion : Sc

i

5^ Diakclique ou font dites cftre datvs ta di- 6tion, par ce qucidans la di- â:ion,8c’par la didtion, fc faic la falace , comme il pa-» roiftra cy defTous.

La falace de l’Equiuoca- tion eft la déception qui pro- uienc de ce que quelque di^ âiion fignifie par diuers ref» pieds pluûeurs chofese,côme celle didio fi , le chien, ligni¬ fie vnclvien qui peut abayer, &V1Î certain poilîon marin, &: vu certain ligne du Ciel, ôc vn homme mordant , &: mefchanc.

Lafalace de l'Amphibolo- gicicft la dcception proue- nante de ce, qirvnd mefme Orairon,totallemenc fignihe plufieurs chofes, comme cet¬ te Orairon,le liure du Maiflrc

jLogique nouuelle» 57 à deux fens , IVn eft le liurc du maiilrejC’cft à dire fait par lemaillre, & l’autre fens ell: le liuredii maiflre, c’efl: à dire poffedé par le maiftre.

La falace de la Compofî- tionefl la déception proue- nante de ce que de la multi¬ plicité potentielle de quel¬ que Oraifon, dont les di¬ rions peuuent fe coinpofcr enfemble , dans le fens com- poléjfont faulTes , &: dans le fens diuiféjfont vrayes, com¬ me cette Oraifon^tout ce qui vit , toufiours, eft, cette di- éUon touliours , fi elle eft mi- fe auec ce yerbe vit , elle eft ainftvraye, que fi on la met auec le verbe eft, elle eft ainlî fauftedlen eft ainfi de celle cy <out,çe quiexiftepar to^t>eiL

1

5 8 Dlaleéîlque ou

La falace de la Diui{ion,eft la déception prouenate delà multiplicité potentielle de quelque Oraifon,dont les di- âions/e peuuent diuifer les Vne des autres^ &c dans le fens diuiréjclle eft fauire,& dans le comporé,elle eft vraye, com¬ me cefteOrairon,toute créa¬ ture eft fenfuellejou intelle^ éluclle, peut auoir deux fen^, IVneft, que toute créature £bit fenfuelle , ou bien que toute créature foii intelle¬ ctuelle, SC ainfi elle eft faufle, ou le fens peut eftre tel, toute créature eft fenfuelle; ou in- telleduelle cnfemblement,&: ainfielle.eft vraye,

La falace de l’Accent, eft la déception ; prouenante de ce que quelque diction diuer-

Logique nouueüel 59 fement prononcée : fignifie diuerfes chofes, comme cecte diétiô J occidtti0^2iï\à la filabe en fa penultiefme eft longue, fignifie tuer, mais quand en fa penukiefme filabe, elle eft brieue, à lors elle fignifie choir,

La fftace de la figure delà di6tion;cft la déception, qui fe fait de ce que quelque di- élion eft femblable à l’autre diftion, & fembleauoir vne mefme forte de fignification: mais tou:t;sfois,clle ne la pas: comme par exemple, toute eaue eft froide, la M ereft eaue donc elle eft froide.

Il y a fept falaces hors la diflion , fçauoir eft, de l’acci^ dentjfuiuant quoy,eft fimple^ ment Itgnorance bc Isn- C vj

éo DîdU clique ou che : la pétition ou demande du principe: le confequent, la non cauie , comme caufe : Plulieurs interrogats comme fl ceftok vn feul , Sc telles falaces font appeUces,hors la didion : car la faiace Ce fait des propoiicions fophifti- ques, ôc la caufe apparence fc prend delà, part delà chofCs ^ en cecyicUes font difFeren- tes de falaces, qui fe font dans ladiflion , dans lefquelles ,1a caufe apparente fe prend de lapartdelavoixôcdidion. .

La faiace de l’accident, eft la déception qui fe fait, de ce que quelque chofe fi^nific ettre iimplement,dans l’vnc le l’autre des chofes qui efga- lement (ont vnes, comme

L ogi(ju e no uuel'*..

& ranimai efl du genre neu¬ tre : donc l’homme^ eft du genre neLicre,cela ne vauc,ny ne fuit, d’autant que l’hom¬ me, &: l’animal, ne font point lamerme chofeTimplement.

La falace, fuiuanc quoy,&: fimplemêr,eft la deceptio qui fefait de ce que , cequi fe dit» fuiuant quoy:ou condition- nément fe prend, comme,f il eftoit di£l hmplemenc : com¬ me par exemple , Adam clt homme mort, donc il eft homme: Celane vaut,n’y n’a point de fuitee , par ce qu’on argumente deladiflion, fui- tiant quoyià la didion fim- plemenc.

La falace de l’ignorance de l’Elench e » eft la deceptio qui üefaid , de çp qu’on ,40 garde

ci DUleBique ou pas les chofes qui font reqiii- fes à la définition de la con- tradidion : comme, par ex¬ emple, rhomme cft dans 1 E- glife, SC n’efi; point en mer,

doncilefl:,ôin’cftpas.

Lafalace delà pétition ou demande du principe, eft la déception ,qui fe fai£l: de ce que la mefme chofe fe prend, pourlaprcuuedefoy mefme, & ce , fous vn autre terme, commie fi quelqu’vn vouloir prouuer que l’homme lit, Sc qu’il preuuaft, ainfi l’animal raifonnable mortel lit , donc l’homme lit.

La falace du confequent, cft la déception quifefai£l: de ce que le confequent,eft tenu pour eftre , de mefme que Tantecedent , corne fi 1 hom-

Logique nouuelle, 6^ ine eft , l’animal eft i donc li l’animal eft, l’homme eft, cela ne vaut,ny n’a point de fuite.

La falace de la non caufe, eft la déception qui fe fai6t de ce qu entre les premifes, defquelles la conclufion fuir, l’on met quelque propofitiô, qui ne fait rien à laconclu- lion, pour cela,elle f’ap- pelle, non caufe.

La falace fuiuanc pîu- fieurs interrogats , com¬ me û c’eftoit vn feul , eft vne déception , qui fe fait de ce qu a vn interrogat aboutif- fant à plufteurs , fe fait vne feule refponce : comme, par exemple ft on demande,le miel , &: le fiel font iis doux; fi on refpond que non , donc,lemiel n’eft pas doux.

^4 Diale flique ou fi on refpond que , l’on conclura donc , le fiel eft doux 5 &:c. par ce que tu dois donner à pludeurs incerro- gats diuerfes refponces.

De U Dif^uter

T A Difpute eft vne con- -■^trarieté fpirkuelleiqui dé¬ claré par paroles la concep¬ tion qu’vn entendement à contre vn autre.

Des Conditions de U Difpute*

Ar ccluy qui difpute, doit ^^premièrement, auoir l’in¬ tention de cognoiftre &: ay- îper la vérité, &: de cognoi- itre ôcjiayriaiauffetéjôc.pour

L of^tcjue n gu uclle. 6$ cela, celuy qui difpute vrayc- ment comme il f lut, doit ac¬ corder les chofesvrayesjcon- gneuës, & nier les fauffes.

En fécond lieu , que des le commancement , lo fuppofe que IVne èc l’autre partie de la queiüon foit polTible, c’ell à fçauoir 1 ’afHrmatiue, &c la negaciuc , affin que l’enten¬ dement en fa recherche, foit libre-, 8c nullement lie.

En troifiefme lieu , que ce¬ luy qui argue prewiue^u im- preuue,par quelque efpece d'argumentation, en fondant l’argumétifur quelque efpece de demonftration.

En quatriefme lieu, qu’en¬ tre ceux qui difputent , il y ait vne amitié commune.

66 Diale fl ou Lùg non, affi i de relrener la contra* riecé particulière, quils ont à railon de ce, doue lU dif* purent.

F I N.

:4-

; » k*t

1

f>7

LART£REF

de M^RAYMOND

L V L L E.

L’Abrégé &: Introdudion du grand Arc.

Le Prologue»

DiEy,auec ta grâce» ta Sapience , &- ton Amour i Icy com¬ mence l’Arc Bref» qui eft ri mage de T Art vni- iicrfel,qui eft intitulé en cette forte : O Dieu, auec ta fouue- raine perfection , icy com¬ mence l’Art general ôc dec-; ;ïûer.

D

68 L! An href de M.

Du Prologue,

La raifon pour laquelle nous faifons cet Art bref elt.affin que le grand Art foie plus facilement congneu & entendu : Car fçaehant cét Art cy-deuant dift, les autres Arts 5 poiirrôt auffi facilemét cftre congneiis &: appris. Le fujet de cét Artjeft de refpon- ,drc de toutes fortes de quê¬ tions , fuppofé que l’on fça- che ce qui fe did par le terme le mot. Et çe liure et di- uife en treize parties , efquel- Jes femblablement le grand Art et diuifé. La première partie eft de lAIphabet. La Leçonde des Figures. La troi- Gefme des De^ition^ jU

Ra^ymond Luile. quatriefme, des Réglés. La cinquiefm.e, de la Ikuation de la Table. La fixielmc, de 1 e- uacuation de la troiliefiTieFi- gure.La feptierme, delà muL tiplication de la quatrieimc ügui'e.La hui(Sl:iefme,du mef- lange des piincipes &: des Réglés. La neufiefme, des neuf fubjcts. La dixiefme, de l’Applicadon. La vnzieimc, des Q^ftions. La douzième, dei’Habicuation.La treizief- me,de la manière d’enfeigner cét Art î Et premierenient nous parlerons ainli de la premierpi^ ' -

T.

- -- -H

70 L" Jrthrefde M,

De la première partie qui efl de t Jlphahet de cét Art.

Chapitre L

'>^0us pofons TAIphabet en cét Art , afin que par fon moyen nous pu i /Tiens /aire des figures, Sc au/Ti meT 1er les principes 6c les reigles pour chercher 8c trouuer la vérité. Car par vne lettre qui aplufieurs fignificationsjl’en- tendemenc eft plus vniuerlel, pour regarder plufieurs cho- fes fignifiées , 6c pour faire auflilafciçncc.

Raimond Luile, 71 Et il faut fçauotr cet Al¬ phabet par cceur , car autre¬ ment l’Artifte ne fe pourra bien feruir de cet Arc.

yi L" /értlrefJe Aâ.

B Signifie Bonté : Difteren- ce,rçauoir-mon: Dieu, luftice, Auarice.

C Signifie Grandeur, Con¬ cordance, ce que C’efi: rAnge,Prudence,Gour- mandife.

J) Signifie Durée, Contra- rieté, DequOy , le Ciel, Force, Luxure.

E-^ Signifie PuiiFance, Prin¬ cipe, Pourquoy, L’hom¬ me, Tempérance, Su¬ perbe.

F Signifie'Sapiéce, Moyen, Combien grand, Imagi¬ natif, Foy , Lafcheté * ou Parefie.

G Signifie Volonté , Fin, Quel, Senfitif, Efpe- rance, Enuie.

'Kaimonâ Lulle» jÿ

H Signifie Vertu, Majorité, Q^nd,Vegetatif,Cha- rité, Cholere.

I Signifie Vérité , Egalité, Ou , Elementatif, Pa¬ tience, Menfonge.

K Signifie Gloire,- Minori¬ té, Comment, 6^auec quoy , Inftrumcntatif» pieté ou Pitié, Incon¬ fiance.

7 4 L! ^rt bref de M.

De U fécondé partie quiefi des Figures, (sr premiè¬ rement de la première,

CjH AP. 1 1.

CEile partie efldiuifée en

quatre parties i ceft à fçauoir en quatre figures , la première figure elt de A,cefte ligure contient en foy neuf principes : c’efi à fçauoir la Bonté, la Grandeur , &:c. 8c neuf lettres, c’eft à fçauoir, B, C, D, E , &:c. celle figure ell Circulaire , & ce d’autant que le fubjed ell changé en prédi¬ cat, 8c au rebours, comme quand on di6l , la Bonté ell grande , ôc la grandeur cil

Lit première Figure, ^ Tredicats abfolutsf^

KaimondLuUe. 75 bonne, Scainfi des autres ; En celle £gure l’Artifle cherche vne naturelle conjondîon entre le fubjet &: le prédicat, vne diTporuion,&: vne pro¬ portion , afin qu’il puifTe trouuer vn moyen, pour faire la conclufioii. Car chaque principe pris en foy,eft entiè¬ rement general j corne quand on didjda bonté Sc la gran¬ deur, iviais quand vn princi¬ pe elb joint à vn autre . pour lors ce principe efl fubalter- ne, comme quarid on diét, ba bonté grande, 6çc. Et quad - Jfju.elque ^

vn fingulier, pour lors leprin^ cipe eh rpecialiflime,commé quand on diél , la bonté de* Pierre efl grande 5 &: ainft l’entendement a l’efchelie D V

•]6 L' Jrt bref âe M.

pour monter & defcendre dti principe entièrement* gene¬ ral, a celuy qui n’eft pas tout ■a faift general : & de celuy quin’e pas entièrement fpe- cial J à celuy qui eil: tout a fait fpecial, &: autant en peut-on dire de l’afcenfion de celle efchelleàfamode.

Tout ce quieft, efl impli¬ qué dâs les principes de celle figure ; car tout ce qui ell j il ell bon, ou grad, &c. Com¬ me Dieu Se l’Ange , qui font bons &c grâdsj&c.C’eil pour- quoy tout ce qui efl, peut cllre réduit fufdits priaei- pes,

Kaimond Lullel 77,

De U fécondé figure, .fignifiée far T.

CtîAP. III. *

La fecôde figure eft nom¬ mée par T, Cefte figure contient en foy trois trian¬ gles , 3c chafque triangle , eft- genefalàtout.

Le premier triangle efl de la Différence, Concordance^' Contrariété ; dans . lefquels

tout ce <^ui eft, tombe afa fa-?

çon : Car tout ce c[ui eft, ou il cft dans laDifference ,; Con¬ cordance, ou Contrariété i 3C on ne peut rien trouuer hors ces principes. Il faut toutes-i £ois f^auoirijue chaque a,ng,l^

7S L*JrthrefdeM, àç ce triangle a trois efpecesr Car il y a de la différence, en¬ tre fenfuel &c fenfuel , comme l’ar exemple, entre vne pier¬ re, ôc vn arbre : encores entre fenfuel &:intelle6tuel,commc par exemple , entre le corps ^ lame. Dauantage , entre l’inteileduel Sc l’intelleétuel, comme entre l’ame de Dieu} ou entre l’Ange &c l’Angej oii entre l’Ange Dieu : ôc on peut ainfi dire de laconcor- tiance de contrariété en leur maniéré. Et cefte différence eflant entre chaque angle de ce triangle , eft fefchelle de remendement, par laquelle il monte de defeend en foy,afîn qu’il puiffe trouuervn moyen naturel entre le fubjet, Scie ptedkat } auec lequel moyens

R Atm ond Lu Ile. 7 ^ fl puifTe conclure , &c déclarer la propolition , Sc autant en peut-on dire de refchelle de la concordance &: contrarié¬ à leur mode.

L’autre Triangle, cfl: du Principe, du Moyen , de la Fin ; dans lequel tombe tout ce qui eft : car tout ce qui eft, il eft dans le principe, ou dans le moyen, ou dans la fin, Sc on ne peut rien inuenter, hors ces principes..

Dans l’angle du principe, la eaufe,fignifie la caufe efficien¬ te , la materielle , la formelle^ &la finale : Mais par la quan¬ tité, SL le temps, les autres neuf predicaments , font fi- gnifiez , Sc les chofes qui peu- uent eftre réduites à iceux. Dans l’angle du moyen.

S'o L! Art bref de M

il y a trois efpeces de moyen, comme le moyen de conjon- dlion, qui eft entre le(ubje6t, gclepredicati comme quand on did, l’homme ell animal, car entre rhomme&l’animal, il y a des moyens : c eft à fça- uoirfavie &: Ton corps, fans lefquels il ne peut eftre ani¬ mal : De plus, il y a vn moyen de mefure, qui eft celuy qui exifte par l’ade exiftant entre 1 ageant , l’agible : comme lay mer entre l’ay mant Sclay- mable. Et il y a encores va moyen d’extremités, comme la ligne qui eft entre deux poin61:s,&: cet angle du moy e eft vne efchelle generale a Tentendement.

L’ Angle de la fin, a trois fcees,;

'Raimond LuUe. Si

La première eil , la fin de pnuacion , qui lignifie l’habi¬ tude priuee5&: toutes les cho- fes qui Ibnt dans le temps palTé : comme la mort , qui finit la vie.

La fécondé efpece , efi: la fin de terminaifon, qui figni- fie les bornes , ce font deux poinfbs , dans lefquels, la li¬ gne eft terminée , comme, l’ay mer dans lefujetaymant, &; faymé.

La troifiefme efpece , elf la fin de perfeétion , qui ell la dernierefin: comme l’hom¬ me, qui eft afin qu’il multi¬ plie fbn efpece, Se afin qu’il congnoifte , qu’il ayme, de qu’il fereftbuuiéne de Dieuj ainfi des autres, 8i cet an¬ gle de ia fin , eft vnc efelieli# -

8l L'oyérthrefdeM» generalleà rentendement.

Le troifierine Triangle, efl de la Maiorité , Egali¬ 5 Minorité , efl: ge¬ neral à*tout, félon fa maniéré, car tout ce qui eft , il ell dans la maiorité , ou dans i’e- galité, ou dans la minorité.

La maiorité, a trois efpeces; La première eft, quand il y a maiorité , entre fubftance , & fiibftance ; comme , par ex¬ emple, la fubftance du ciel^ qui eft plus grande , que la fubftance du feu. Lafecondc efpece eft, lors qu’il y a majo¬ rité entre fubftance, & acci¬ dent : comme , la fubftance, qui eft plus grande , que fa quantité : car la fubftance cxifte par foy, maisl’acc^ 4enc>ouiiegient«

Y^aimovd Lu^e^ Sf

Latroifiefme efpece , eft quand il y a maioritë, .entre accident , &c accident, com¬ me l’entendre, qui eftplus. grand que le voir, le voir; que le courir. Et comme l’on a dit de la majorité , de mef- me , on peut dire,de la mino¬ rité : car elles fe rapportent relatiuement.

L’angle derEgalité,a trois cfpeces.

La première eft , quand les chofes font égales fubftan^ tiellement , comme Pierre,8d Martin , qui font efgaux en fublfance.

La (econde espece eft, quâd lafubftance, &: l’accident s’é- gallent , comm<>lafubftance> 6c fa'quantité.

La troifiefme efpece eft». quand il y a égalité entte l’ac-

s 4 L' Art bref de A4l cidenr, laccidenti comme, l’entendre , &: Tayiner, qui font égaux dans lobjed : cét angle de l’égalité j efl: vne efchelle àl’entendementj par laquelle il monte 6e defcend, comme il ell: dit , és autres triangles : &: quand l’enten¬ dement monte aux objeds generaux , il elt general: mais quand il defcend aux objeéls particuliers, il eft particulier.

Cette figure de T , fert à la première figure : car par la différence , on diftingue en¬ tre Bonté , U. bonté: Gran¬ deur , ôcgrandeur , &:c.

Et par cette figure, join- à la première figure , l’en¬ tendement îcquiert lafcien- ce; & parce que cette figure eft generale : c’ét pourquoy l’entendement eft general.

V<almond Luite, 8/

De la troifie/me Figure. Chap. IV.

La troifiefme figure, cfl compofécjdela première & feconde.CarB , qui eft en icelle jvaiit. B, qui eft en la première, 6c fécondé figure: 6cainfides autres lettres , el¬ le a en foy trente fix cham¬ bres , comme il appert en icelle î chafque chambrée a plufieurs 6c diuerfes fignifica- tmns , par deux lettres qui ibnt contenues en elle , comme la cellule B C, a plu- fieurs 6C diuerfes fignifica- tions par B C.Séblablement, la cellule B D , aplufieurs &: diuerfes fignifications par

s 6 L'o^rt bref Jf B D,&comnie il paroift dans lefuldit Alphabeth , il y a deux lettres contenues en chafque cellule , elles figni- Bcnt léfujet 5 le prédicat, dans lefquels , lartilie trour lie le moyen j auec lequel le fujed 5 5c le prédicat font cô- joinds: comme la bonté; 5c la grandeur , qui fontcon- joinéles :par la concordance 5c autres femblables, auec le¬ quel moyen, l’artifle prétend de conclurre , 5c déclarer la proppfitiô. En cette figure, il cft rignific,que chafqne prin-^ cipe eft attribué à chafque au-- tre principe , corne B, auquel on attribue E D,&c. comme il paroift en^n la figure. La raifon de ce,eft;afin que l’en¬ tendement , auec tous ces

Raimond Lulle. 8/ principes, cognoiiTe chafque principes , afin qu’il apporte plufieurs raifons , pour vne mefme conclufion,6^ de cecy nous en voulons donner vne exemple de la bonté, de la¬ quelle nous faifons le fujet,8i des autres principes le prédi¬ cat.

La bonté efl: grande , la bonté efi: durable : la bonté eftpùifiante, la bonté eftin^ telligiblei la bonté efl ayma. ble , la bonté eft vertueufe, la bonté cil vraye i la bonté eft glorieufejla bonté eft diffe¬ rente, la bonté eft concor- dantéilabonté eft contra¬ riante , la bonté eft princi- piante» la bonté eft moyen- nante, la bonté eft finiftance, la bonté eft majoiifiante,

88 L*^rt href deiJ^. bonté eft efgalante j la bonté eft minorifiante. Et comme nousauons dit de la bonté, autant en peut-on dire des autres principes à leur mode.

Cette figure eft grande¬ ment generale , âuec laquelle lentendement eft grande¬ ment general , pour faire des fciences'

La condition de cette fi^- reeft, qu’vne cellule ne foie pas contre vne autre : mais qu’elles s’accordent entr elles en ync conclufion: comme la cellule B C, &: ainfi des au-* très : &c auec telle condition, l’entendement fe condition^ ne, ôc fait. la fcience.

J

Ka'imond LuIIe.

De la quatriefme figure.

C h A P. V,

T A qiiatrierme figure a ' ‘■^trois cercles , defquels le Ifeperieureft immobile : &:les : deux inferieurs font mobilesj 1 comme il paroilt en la figu- I re,Le cercle du milieu, fe rou^ Ile fous le cercle fuperieur, i immobile^ comme par ex- I cmple 5 quand on pofe C> fous B.Orlecerle inferieur fe jroule fous le cercle du mi¬ lieu, comme, quand on pofe D , fous C , &; pour lors il fe formeneufcellules :B C D, ^ellvne cellule, CDE,eft

^ o L* Jrt bref de l’autre , ^ainü des autres en i

apres. Ejdu petit cercle cftant

mire fous C, du cercle du mi¬ lieu, pour lors reformeront

autres neuf cellules J BC Et

eftvne cellule: C D E'a eif l’autre.

Et lor^ <5^ie toutes les let¬ tres du petit cercle , feront parcourues aiiec le B,du grâd cercle , ôt auec le C, du cercle mitoyen 3 pour lors le C3cft: le rhoyen entre B , ôc D 3 ce d’autant que B,6t D , partiel-- pententr’elles3 parles figni- .fications de C, ôc ainli des au¬ tres cellules : S>c. ainfi a la faueur > des cellules , i’homme pourchalfe les conclurions neceflaireS3& les .trouue-,d’auantage,que ïon\

preoure ks lettre auec B , du|

B^aimonâ Lulle. 91 niefme grand cercle, ôc.auec D,du cercle mittoyen,&: ain- fienell-ilj des autres du cej- clemetoyen , 6c cercle infe¬ rieur, en les changeantXe B, du grand cercle demeuranc immobile, jufques à ce, qu’il . foit paruenu auéc le . jB , du grand cercle , à l’I , du cercle mitoyen , 6c au , K, du cercle inferieur , 6c aind il y aura- deux cens cinquante 4-^ux cellules.

Cette figure eif plus gene^ ralle que la trqifielme , parce,, qu en chafque cellule de cette quatriefme figure , il y a trois lettres-, mais en chai que cellu^ le delà troifiefme i il ny aque deux lettres : c’efl pogrquoy l’entendement , eft fait plus general par la quatriefme,que

9 1 l^LÀvt bref de parlatroifiefme.

La condition de la qua- mefine figure eft, que l en¬ tendement applique les let¬ tres à fa propofition , qui femblent plus applicables à la propofition, ayant fait vne cellule de trois lettres , quil réçoiuelesfignifications des lettres , regardant la conue- nance, qui eft entre le fujet 8c le prédicat i éuitant la difcon- uenance, 8cauec cefte-cqn- dition , l’entendement fait lafciencc, par la quatriefrne figure, 8c a plufieurs raifons, pour vne mefme conclu- fion.

Nous auons trai£lé des quatre figures , qu'il fautfça- uoir par cœur : fans lefquel- Ics l’Artifte ne peut fe feruir

'P^dimoni 'Luh* 95 de ccc Axe 3 n’y prati' <|vter.

Des Définitions , qui font la troifiefme partie.

Chat. \L ,

Elsl cét Art les principes font définis , afin quils {oient cGgneuS'pax leurs ilef* -finitlons , afin c[ue l’hom- me fe ferue d’icenx > en affir¬ mant, ou niant , de telle fa¬ çon , que les définitions ne demeurent point l>kflrées.

Etauec telles conditions, Ventendement fait la icience, êe trouue des moyens; X bri- fe X deftruift l’ignorance, qui eft fon ennemie.^

Eij

l!(LAYt bref de M,

La Bonté eft l’eflant , à raifon duqueLcc qui eft bon, ou bien , fait le bon , ou le bien : & ainfi il eft bon qu’il foit , ôi mauuàis > qu’il ne foie pas.

La Grandeur, eft ce , à rai¬ fon dequoy , la bonté , la durée, &:c. font grandes en- cernant toutes les extremi- tczdel’eftre,

La Durée , eft ce, à raifon dequoy , la bonté , la gran¬ deur, Sec. durent.

La Puiftance,eft vn eftant, à raifon dequoyi la bonté, la grandeur, ôcc. peuuentexi- fter &: agir.

La Sapience , eft ce , à rai¬ fon dequoy , le Sage entend.

La Volonté, eft ce, à rai¬ fon dequQyikk^niéilagran-

B^aimond Lu!h. 95

deur, &C. font defirables.

LaVenu ,ett l’ongine de l'vnion , de la bonté , gian- deur, &:de tous les autres principes.

La Vérité , eRce, qmelt vray de la bonté , grandeur.

&c. ,•

La Gloire ,eft la Deleéta- tion mefme , en laquelle la bonté, la grandeur, Sec. repo- fent. ^ .

La Différence, eft ce, a rai-

fon dequoy ,la hont;€, la gran¬ deur, ôec.fontrairons claires» &non confufes.

La Concordance, eft ce , à raifon dequoy ,1a bonté , ôcc. s’accordent en vn , ôc en plu- fleurs.

La Contrariété , eft vne pnutuelle refiftance de quel-

E iij

$6 L! A bref de Kl.

ques chofes , à caufe de leurs diiierfes fins.

Le Principe, cfl: ce qui a fon efgard à toute chofejà xaifon de quelque priorité.

Le Moyen , cft le fujct, dans lequel, la fin influe à fon principe , &: le principe re¬ flue à fa fin J Sc tient de la na^ ture de l’vn &: de l’autre,

La Fin, eft ce, cnquoylc principe repofe.

La Majorité , eft l’image de Mmmenfité, dclaBonté, de la-grandeur,&c.

L’Egalité cft le fu jet, dans lequel la fin de la Concor¬ dance, de la bonté, 8cc, repo- fc.

LaMinorité , eft l’eftantj iboutlffant au néant.

Nous auons parlé des défi-

Kaimond Lutte. 97 nitions des principes . qu’il faut fçauoir par cœur : car ces définitions ignorées , lAr: ne peut cfire enfeigne.

De U quatriefme Partie^

quiefldesKegles.

Chai?. VU*

T EsReglesdccét Art/ont •L|çsdix queftions genera¬ les , efquelles fe reduifen^ toutes les autres queftions, qui pcuucnt eftre faites i SC elles font telles , fçauoir- mon fl il eft, ce que c eft^ quoy il eft , pourquôy il ^.

coihbien grandileft , quel il eft> quand il eftjoù il eft>coni^ ment il eft, ac aucc quoy il

^ 8 L! A Yt hrtfde Mf

Chacune de ces Q^ftions àfesefpeces.

Sçaiioir mon , a trois ef-- peces jx’eft à fçauoir,la dubi- tatiue , 1 ’affirmatiue , Sc la ne- Çatiue.,afin que dés le cômen- Cernent, l’entendemét fuppo- fe, que l’vne ôc l’autre partie cft po/Tible, ôc qu’il nefelie pasauecle croire j qui natu- rellemétn’eft point Ton a£te: mais' bïen l’eateiïdre; ôc àinfi prenne la partieyanac lai quelle il a vn plus grand en¬ tendre: car il faut que celle-là foitvraye. -

- que ceft , a quatre efpecesplapnemiere cft,ladcf. fimtiue , comme , quand on demande ce que c’eft que Tc- cendement-.ilfaut rerpondre, qu’il cH lapuiiTance , à laquei- iii II

Kaimond Luile. 99 îe il conuient proprement [ d’entendre. La fécondé efpe- ce , eft quand on demande ce que l’entendement a en foy decoefTenticl ? ôc il fiut ref- pondrCjqu ilafes corelatifs» à fçauoir , l’intelleftif, l’intel- ligiblCîSc l’entendre; fans lef- quels, il ne peut eilreicar fans eux il feroit manque 6c defe~ tlueux, indigeantjôc’oyfeux,- de nature, de fin, de repos.

Latroifiefme efpecejefty quand on demâde ce qucle- ftant eft en autruy , comme quand on demande , ce que- l’entendement eft en autruy^ ôcilfaut refpondre , qu’il eft bon , intelligent dans la bon¬ , &gtand entendant dans la^randeur ,j&:c. Stieltgram- jnairi^ dans la g^îammane t

ioo L*Jn%tefde M.

6c logicien dans la logique, dans la rechorique, rethori- cien,6cc.

La quatnefme efpece, eft, quand on demande-, ce que 1 eflanc a en autruy , comme, quand on dit;cc que l’enten¬ dement a en autruy? il faut refpondre qu’il a dans la feiê- ce , l’en tendre,&: dans la foy, le croire.

La réglé Dequoy, a trois' cfpeces.

La premiere,c eft la primL tiue 5 comme ,* quand on ditj^ l’entendement, dequoy & il faut refpondre, qu’il eft< de foy mefme,par ce qu’il ne tire pas fon origine de quel^ que autre , naturellement.,

La féconde efpecéii’

^^und on demande

KaltnondLuüe, î<0l lement dequoy eft leftant» comme, quand on demande, dequoy elt l’cntendement?ôi il faut refpcmdre , qu’il eft de faforme,&:defa matière fpC-

cifiées,aueclefqueUes , ila Vtl

entendre fpccifié.

La troifiefme efpece , elt, quand on demande à qui ap¬ partient leftant poffefliue- ment ? comme quand on de¬ mande, à qui appartient Ten-

tendement ? Si d faut refpom -edre , que c eft à l’homme , co¬ rne la partie a fon tout , 6c le

theual a fon maiftre, ^

La quatriefme réglé, c*eft à fçauoir pourquoy , a deux crpeces , c eft à fçauoir la inellé,'6£la6nale.

La formelle,quànd on de¬ mande , reftant, pouiquoy É vj

X02. /irt hrej' de}Ai

. eft - il ? comme, quand on de¬ mande, rentendementjpour- ..quoy eftdl î &:.il fauc reipon- parce qu’il#^ de fa ma¬ tière 5 '6c de fa forme fpeci- , fiées, aueç lerqiielles , il a fon entendre fpecifié,&: auec lef- quelks il agid , félon fon eC pece. La fécondé efpece xll: à 1 efgard de fa fin, comme quafid on demande, pour- quoy eft l’entendement? Sc ilfaut refpon dre , afin que les Q^hjeds foient infelfigibles, ^afin .-qu’on puifTe auoir la cognoiffance fcieniifique des cho, fesf

V La cinquiefme réglé , trai¬ te de. \a quantité , fic elle a deuxefpeces: la premiere.ef|^ quafid on traide delà quanti¬ continué : comme, quan4

Raimorid Luüe* . 103 ' on dit, combien grand eft Tê-. rendement : &c il faut refpon- dre,qu’ilefl aufli grand , qu’il le peut êftre , par fa quantité fpirituelle ; car ; il, n’eft pas grand pondiiellènient, ou li- nealement. La fécondé efpe- ce eft , quand on parle de la quantité difcontinué , dif- crete,comme , qùand on dit, combien grand efl: l’entende¬ ment ? ôc il faut refpondre, qu’il eft aütât grand que font fes corrélatifs , dans Icfquels, fon elTence eft diffufe, & four ftenuè : c’eft à fçauoir, l’intelr ieélif, l’intelligible , & l’enté- dre auec lefquels il eft theorb cien,&: praticien , general partieufter* t n ' :n LadSjxiefme réglé , ; eft de la qualité i ic a

Îd4 bref de M.

'peces : première eft, quand on demande , qu’elle efl: la propre & première qualité de l’entendement ? &: il faut ref- pondre,que c’eft l’intelligi- l>ilité , auec laquelle il ell ha¬ bitué. Or l’entendre extrin- feque , eft la propriété fécon¬ dé, &, plus elloignee , auec la¬ quelle , ce mefme entende¬ ment entend, l’homme, ou lyon, 8cc. Duquel l’entendre intrinfeque U. fubhantiel , du mefme entendement eft ha¬ bitué. Et femblàblement , de intelligible extrinfeqüe.

La féconde efpece eft, quad on demâde, qu’elle eft la qua¬ rte appropriée de l’entende* ment ? ôc il faut réffK>ndrc> eft létMre , le dou- ^ le fef pofcï î

B^aimond Lulle^ ïof a£tes ne conuiennent pas proprement a rentendemccî mais l’entendre.

La feptierme réglé , trai6te du temps, ôca quinze efpeces, comme il paroift dansle grâd Art, lignifiées par les lettres CD K. Mais parce que céc Art efi Bref, cefi: pourquoy nous traiûôsenpeude mots cette regle,comme quand on demande par quel moyen' l’entendement eft dans le temps , veu qu’il n’eft , ny de poinébs, ny de lignes : à quoy il faut refpondre , querentê-^ demient , efi: dans le temps, foccelTiuement par le moyen du mouuemêt du corps , auec ' kqudileft conjoinâ:. *

La regîe',

lieu , ^ L

ïo6 H bref de A4 .

e.fpeces , fîgnifiées parles ré¬ glés C D K, comme il paroifl dans le grand Art , comme, quand on demande, elî lentendement , à ce , il faut l)riefuement refpondre, qu’il eft dans lefujet, dans lequel il eft, comme la partie dans fon tout , non pas enfermé , mais diffus en iceluy: car l’emen- dement n’a'pas vne elTence compofée de poin61:s , de li4- gnes 5 ny de fuperficie. Kjcontient deux réglés, c eft à fçauoir la réglé demodalité,{ & la réglé d’inftrumentalfté. it La réglé de modalité a qua- j tre efpeces,comme quand on demande. Comment eft ren-* tcndement , & cpmtnent eft la pârtie ? ôc la partie dans la la partie dâs le te)ut, ;

V^aimond Luüe, lO;;^ 8^: le tout dans fes parties, &: comment le tout met horsde foy fareffeinblance ? A quoy il faut refpôdre qu’il eft fubie- ftiuement , par le moyen par lequel il eft defduit par les ef- peees cy-deuant diètes j il entend de la forte qu il a , en trouuant le moyen qui eft en¬ tre le fubjet &c le predicat,qui eft defigné dans les figures, eni multipliant les efpeces eftrâgeres abftraiètes du fensî SC de l’imagination, Sc chara- fterizées , Sc entendîtes dans fon propre intelligible.

La fécondé réglé de K a quatre efpeces , c’eft à fçauoir quand on demande , l’enten^ dement auec quoy eft-il » St auec quoy eft la partie dans la

JO 8 V Jyî hrefde M, partie , & les parties dans le tout , ôc le tout dans fes par¬ ties , auec quoy il met hors de foy fa relTemblance ? A quoy il faut refpondrcj quil cfl auec fes corrélatifs , fans, lefquels il ne peut eftte ny en¬ tendre i car il en tend auec fes efpeces eftrangeves , defquel- les il fait mftrument pour entendre.

Nous auons parlé des gles , auec lefqueUes fenten^ dement refout les queftions, en les conduifant par les ré¬ glés , en regardant ce que la réglé lignifie, & fes efpeces, en conduifant fuhjediue^ ment la queftion par les principes &: par les réglés, i’«ntendcmentfe reprefentat

B^dimond LuUe. 109

par forme d objec la queftion doiiteufe auec les définitions des principes, choifilfant,en~ tendant raffirmatiue , ou la negatiue intelligiblement, &c que l’entendemct foit feparé du doubte.

De la cmqtiiefme partie, qui eji la Table.

CnAP. Vllli

C Eftc Table cft le fubje£^ dans lequel l’entende¬ ment fe fai61: vniuerfel , ce cFautant qu’il entend & ab- ih-aiâ: de lüy plufieurs partU culiers de toutes lés matières, difcourant les principes par lesfubje^^s particuliers obje-

Il O L' Àrthref de M. ^biuementj appliquant à chaf-* que queftion vingt raifons, en déclarant hvquell:ionj& en tire vne raifon de chaque cel¬ lule de celle colonne.

La Table a fept colonnes comme il paroill-, dans lef- quelles font impliquées qua¬ tre vingtSjôe quatre colonnes expliquées dans le grand Art. En celle Table le T lignifie, que les lettres qui font deuat le T font de la première figu¬ re, & celles qui sot apres font de la fécondé figure : ,

Par la mcfme Table Jen- tendement rendu capable de monter & defcendre: de monter, par ce qu’il monte aux chofes prieures & plus generales:5c defcendre, parce qu’il defeend aux chofes po-

JJ Avthref àe m

fterieures de particulières. Dauantage, il eft rendu ca¬ pable d’vnir de conjoindre, par ce (]^u’il vnit les colon¬ nes , comme la colonne B C D , eft jointe auec la co¬ lonne C D E , ainft des autres.

D e la fîxiefme partie y qui ejl teuacuation de U îYoiJieJme figure*

C H A P. I X.

D Ans la troifiefme figu¬ re, l’entendeméteuacue les cellules, d’autant qu’il ab- ûrait d’elles, autât qu’il peur, receuât de chaque cellule les

ITi L' Jrthrefde Ml

chofes que les lettres figni- fient, afin qu’il applique ces fignifications à la propofitiô, ^ ainfi il fe faid applicatif, inueftigatif , &: inucntif , Se de ce nous dônerofis l’exem¬ ple d’vne cellule ; & comme il f’enfuit de celle-là, ainfi il f’enfuiura des autres.

L’entendemét puife dou2e propofitions de la Cellule» B C , en difant ainfi : La bôté eft grande, la bonté eft diffe¬ rente , la bonté eft concor¬ dante. Lagrandeur eft bône^ la grandeur eft differente, la grandeur eft concordante.La différence eft bonne, la diffé¬ rence eft grandeda différence eft concordante. La concor-* dance eft bône , &: la concor-* dance eft grande, laconeor-

Raimond Luile, ïlj

dance eft differente,. Ayant fait ces douze propofuions en changeant le fujet en pré¬ dicat, de au rebours, la cellule eft ainfi euacuée de ces pro- polirions.

Et en apres il faut qu’il Tc- uacuè de douze moyens *, 6c Rappellent moyens , par ce qu’ils font entre le fubjet & le prédicat , auec lefquels ils cô- uiennent en genre ou en ef- pece, 8c auec ces moy ens,l’é- rendement fe fait difputatif, 8c déterminatif.

Et ayant fait ladite euacua- don : il faut que l’entende¬ ment euacuë cette mefme cellulede 14. queftions,d au¬ tant qu’en chafque propofi-

tion,il y a deux queldons im-

pliquéessôc ce > de la forte *. la

II4 L'JrthefdeM, bonté eft grande , fçauoir-

eft differente: ce que c eft que la bonté differente i la bonté

elf concordantejfçauoir-mô,

fi la bonté eft concordante, ce que c’eft, que la bonté co- cordante.La grandeur eft bo- ne , fçauoir-mon , fi la. gran¬ deur eft bonne , ce que c eft que la grandeur bonne. La grandeur eft differente , fça- uoir-mon ; fila grandeur eft differente , ce que c eft que la grandeur differente. La gran¬ deur eft concordânte,fçauoir mon i fila grandeur eft con¬ cordante, ce que c eft que la grandeur concordante. La

^ diffe-

mon , fi la bonté eltgrandej ce que ceft , que la bonté grande. La bonté eft differen¬ te , fcauoir - mon ; fi la bonté

'Raimond Luile. irj differenc-e eft bonne , fya* uoir-uion fi la différence cjft bonne , ce que c’elf que la differeiïce bonne. La diffé¬ rence eft grande, fçauoir- inon fl la différence eft gran¬ de , ce que c’eft que la diffé¬ rence grande. La différence cft concordâtes fçauoir-mon fi la différence eft concor¬ dante , ce que c’eft queia dif¬ férence concordante. La concordance eft bonne , fça- uoir-mon ft la concordance eft bonne , ce que c’eft que la concordance bonne, La con¬ cordance eft grande, fçauoir- mon fi la concordance eft grande , ce que c’eft queia concordance grande. La con¬ cordance eft differente, fça- uoir-xnon ^ fi la concordance F

Ii6 iJJrîhrefâeM.

eftciifferente,cequeceftque |

la concordance differente. Cette éuacuation des que- ftiôs eftant faite, il faut à lors

que l’entendement euacue la

qçUule auec les deffinitiôs de !a tonte &: de la grandeur , auec les trois eipeces de la- différence concordance, comme ilparoiff en la fécon¬ figure.

De en apres il faut qu il cuacuë la cellule auec les trois efpeces delaregle B , Se auec les quatre efpeces de la réglé C , 6e ayant acheué celle eua-

cuation,lentendemét refoule lesqueftionscy-deffus dides

en celle mefme euacuation, fuiuant les conditions de la cellule,en affirmant ou niant, &ainfi l’entendement chaffe

Raymond Lui! e, jiy les doiMcsiSc deaieureen icel¬ le en eftat de repos 3c d’alTeu- rance : Sc aufli il fe cognoift fort general 3c rendu artifi¬ ciel ôc habitué d ’vne grande fcienee.

De la mnliipUcation de U quatriefme figtire^ fepî- ie [me partie.

Ch AP.. 'X.

La multiplication de la quatriefme figure confi¬ ée en ce , c’eft à fçauoir que première cellule B CD, en la quatriefme figure ou table, lignifie que E,a vne côdition auec C , 3c vne autre auec D , ôeC, à vne conhhion auec B a 3c vne autre auec Fij

iiB l^oyérthrefdet^* ÔcD,avne condition auec B, &; vne auec C : ainfi il y a en celle cellule fix conditiôs, auec lef(^uelles l entendemét fe conditionne Sc fe difpofe a fureter, Sc trouuer, ôcobie- der, de prouuer , &: détermi¬ ner.

Apres ces fix conditions, rentendement ac<]^uiert lix autres conditions , roulant le petit cercle, mettant fon E fous le C,du cercle mitoyen, fous lecjuel eftoit fon D , 6c par ce que la cellule eft chan¬ gée, c’ell pourquoy fes con¬ ditions font châgées,ôc com¬ me l'entendement f habitue de quinze conditions, & ainfi parles autres cellules, en mul- ‘tipliant les colonnes de les xoullant. Les conditions que

Kaimond Luile. //y l’entendement multiplie par ce moyen font difficiles à nô- brer ; car de chaque cellule l’entendement peut ainfi eua- cuer trente propofitions , & nonante queftions : comme delà cellule B, C > de la troi» (iefmefigure,il y a dou2epro pofitions & vingtquatre que¬ ftions, 8c en ce pas l’entende¬ ment fe cognoiftgrandemét general & rendu artificiel par deffijs vn autre entende¬ ment qui ignore cet art en le eottduifam U rangeant, a pUt- fieurs inconucniens 8c chofe^ impoffibles, 8c par ainfi le fophifte ne peut demeurer ferme en prefence d’vn tel entendement, d’autant que rentendement d’vntelArti- fte de cet an , fe fert des con-

ilO L Art kefde M. ditions primiciues &: naturel¬ les , &: le Sophifte des fécon¬ dés, bi confiderées hors h na¬ ture, corne il paroilf au grand Art.

De U h tiiSltefme partie , qui ejl dumeflange desprm^ cipes des réglés,

. Chap. Xl--

En celle partie l’entende* mentmeae vn principe

aücc faüüre , parcourant cha¬ que principe par toutes les efpecesdes réglés , Se parva teldïfcours 1 entendement a la cognoilfanex de chaque prmcipe, 6c au un t de fois qu’il le mefte en difcourant.

Kaimond Lulle, izi autant de fois a-il vne diffe¬ rente cognoiffince d’iceluyj J&: qui pourroit nombrer au¬ tant de moyens que lenten- demententrouue pour con¬ clure, en euaCLiant ce meflan- ge, comme en eua'cuant la cellule B C , comme il eft dit cy-deffus. Ce meflangeeltle centre 6c le fondement pour trouuer plufieurs propor¬ tions 6c queftions, 6c les con¬ ditions des matières 6c folu- tions, 6c auffi objeûiôs j mais nous lailTons à vn entende¬ ment bien regardant au de¬ dans , à en donner des exem¬ ples à caufe de la briefuetéjôc par ce qu’auffi le moyen du meilangei^ eft déclaré 6c ex- amplifié dans le grand Art. Dauantage,cc meflange eft F iiij

lit V Art bref de A4.

lefujec&ile refuge delardlfe de cet arc, afin qu’il trouue ea îceltiy ce qu’il voudra pour prouuer : car f’il a befôin de quelque chofe qui Toit du gé* re de bonté , qu’il difcoure cefte bonté par tous les prin¬ cipes & les réglés , &: trouue d’elle tout ce qu’il en aura voulu entendre, ôc comme nousauons diét de la bonté, de mefme on peut dire des autres principes. Ceineflan- geeft conditionné 6c ordon¬ de la meCme forte qu vne chofe eftdiftinae de l’autre: car fl on difeourt delà diuine bonté par les principes & les réglés, ce difeours de la diui¬ ne bonté requiert les defini- tiôs plus hautes, 6cles efpeces des réglés que le difeours de

Kalmond Lulle. la bonté de l’Ange , & le dif- cours de la bonté de l’Ange que le difeours de la bonté de l’homme : àc le difeours de la bôté de rhomme,que le difeours de la bonté du lyoru Sc ainii desautres en leurs ma nieres«

De ta neufiefme partie , qui eji des neuf [ukjeHs*

Ch AP. XII.

N celle partie on met

•^neuf fujeàsj frgnifiez das F Alphabet i dans lefquels tô>* be tout ce qui eft , & hors cçi fuj-eéls il n'y a rien. Le pre* mier fuj eél c cil D'ieu,fîgn ifîé par Le feeôd, c’eü FAnge, fignifiéparCr Le troifkline, e’eft ie Gieli fîgnifié pat D. ie qhatriefait, é’efl Fbomnié

F V

1^4 V^rîlref âe

fignifié parE.'Le cinqwiefme, c’eft l’imàginatif î^fignifié par F. Le fixielnae , c eit le fenfi- tif, fignifié par G. Le fepti^-- mcv ceftlevcgecattLiignme

par H. Le hmâiierme > c eft i eiemencat iLLign vfté par I.Le neufiefme Se dernier , c eft Idnftrumentatif, ügmfie par

K; - -,

D>utapt,qiie. d*j,i>s le grand Art chaque fu)€^'-Ç%deduit par les principes 8c par les rC'-

gles., c’eft pourquqy nous ne

les y condpftq^^ pasicy j paj:

ce que pQ;qs

Art; plqs

par Ve que.ccfte ded.u ûion cft inapliquée dans céc Art, p(aur pous la laiiloçis -a l enteq- . 5ikrnentbieri^eg;^|r^^ §fi 1 ^

KaimôndLulte, ii$ l’exemple que nous auons donnée dans la troifiefmefi- ^gure, en laquelle nous appli¬ quons tous les principes à la bonté, & aufR à 1 entendemét toutes les réglés de cét Art.

Nous conüderpns le trai¬ de ces fujeds auec quatre conditions , afin que par elles l’entendemct foit condition^ pourdilcourir les fubjeéts fuldits par les principes les réglés conditionnellement, félon que chaque kibjeél: eft conditionné , par fa nature &: fon effence : car la bonté diui- neavne condition en Dieu, la bonté de l’Ange a vne autre condition dans le mef- me Ange , &: ainü des autres enleurs modes.

La première co’^ d tion eft,

B vj

jffctf Ü Ayî hrefie

c’eftàfçauoir , que chafque fujeftayeCa définition,, auec laquelle, iH'ok different de- tout autre fujed. Et fi on de¬ mande quelque chofe de ce fujeut ’, qu’on refponde de telle façon , en affirmant , ou niant, que les définitions des principes conuiennent auec (pefte deffinition , &: ainfi des ffegles, fans aucune lefion des principes &; des réglés.

La Z. côditionefijque dans îe iugement, ou dans la prati- le , la différence des fujedsv

Ibit confeiuée , comme la di¬ vine bonté , qui différé de la.

de r Ange , par Tinfini^ îé, 5c Eecernkéid’autant qu ne telle borné, luy eft vue rai- foB peur faire vn bien infiiîy^a $c çtemel î U bpmé AngcUt-

KaimonJt Lulle, izi^ que nullement : mais elle e(l finie &:nouuellc.

La troifiefme condition efl,. que la concordance , quielt entre vnfujed & l’àutre, ne foit pas ruinées comme la cô- Gordai^e , qui eft entre Dieu & l’Ange: car ilsPaccordent dans la fpiritualitéjôc on peut dire , ainfides autres à leur mode.

La quatriefme,c eft que fé¬ lon qu’v n fuje£^ eft plus no¬ ble ôcplus releué, on luy doit attribuer des principes plus nobles releuez*, 6cdes ré¬ glés » qu a vn autre , commic* Dieu qui eft vn fu/et plus no¬ ble ôc releué que l>A nge,&c> & l’Ange que l’homme » ôt ainfi en eft-ildes autres ^: en leurs^modesr

12.S V Jrt'hrefde M,

Du premier fuhjeély qui ejl de Dieu.

Ch AP. Xin*

Dieu peut eftre parcouru

parles principes &par les

réglés : Car Dieu eft bon, grand, Sec. on peut donner plufieurs deffinitions de luy, en le deffinilTant dvne am- plefaçonimais icy nousluy en donnerons vne. Dieu eft

vn eftre , qui hors de foy ,n a

befoin d’aucun autre i car en luy, toutes les perfedionsy

font totalement. Et auec cet¬ te deffinition , Dieu eft diffe¬ rent de tout autre eftre : car tous les autres eftres ont be-^

KaimondhuHe. 119 foin de quelquVn , hors d eux : il n’y a point de con¬ trariété en Dieu , ny de mi¬ norité i parce qu’elles font principes de manquement de defaut toutefois en Dieu il y a de la maiorité à l’égard de tous les autres eftres, & de l’égalité : car il a fes principes efgaux 5 c’eit à (çauoir fa bpn- téjfa grandeur, &:c. ôcaulTi a-ii ies aétes égaux , -Sc relation. En Dieu il y a différence de corrélatifs , fans laquelle fes corrélatifs ne peuuent eftrc e, U- façon quelconque , Dieu ^s eux, ne ppurroic aupir d’^ion intrinfeque , infinie ^reternellesmefme fans eux, tpujcs,cçs raifons feroient pi- fïineantes, ce qui j9;uîi(%faidimpofn^ y. a

t}0 V Art Iref de M. en Dieu de la concordance, afin qu auec elle il foi: infinie-* menr éternellement dillâr &elloigné de la contrariété». &que fes corrélatifs eonuien- nent infiniement &: eternel- Jement en vne eflence & vne nature i &: ainfi on peut dire de ces raifons. Il ny a point de quantité en Dieu, ny de temps, ny aucun accident , la laifon de ce, eft, par ce que fa fubftance eft feparée & de- nuée de toutes fortes d acci¬ dents î car elle eft infinie Sc cternelle. Dieu eftant ainft conditionné , par ks qmtré conditions fufditeside Feiii tendement f’enténd ainfi cô^ ditionné, pour entêdre Dieu les ebofes quî% peuoent ditedeluy , paries principes

Kaimond Lulle. ijr êc les réglé appropriées à Dieu.Dauâtage,il congnoift Sc entcnd,que li l’Ange à vns naturelle pu ilTan ce en foy , 8C ainli des autres > Dieu en a beaucoup plus , veu que c’eft vnfujetplus releuéjcommcil appert par le lieu du moins, au plus grand.

Du fécond fuhjet qui ejl de l /d nge.

CttAP. XIV.

L’Ange peut eftro déduit par les principes , & les réglés , $c il a vne bonté na¬ turelle, vne grandeur, duree,, ôcc. Sc on le defHnit ainli. L’Ange eft va efprit qui

îji L'y^^threfdeKi. n eftpas coniointa vn corps, il n’y a point en luy de con¬ trariété naturelle : car il eft incorruptible. En luy la ma¬ tière eft des ablcs î ceft àfça- uoir bonifiable, magnibable, &c. comme il eft lignifié par la fécondé efpece de D.Dans l’Ange , il y a de la majorité, par ce qu il eft plus fembla- ble à Dieu, que l’homme, parce qu’il a des principes , Sc des réglés plus releuées que l’homme , en ce pas,ren- tendement cognoift , que fi l’homme ne peut feferuirde fes fens fans organes , il ne fenfuit pa* pour cela , que l’Ange ne le puifte fans orga¬ nes : Car l’Ange eft dVne na¬ ture plus excellente , &: eri ce pasi l’entendement cognoift.

Kaimond Lulle, n| que les Anges peuuent par¬ ler entr eux : Si agir en nous fans organe , Si pafTer d Vn lieu à l’autre fans moyen j Si ainfi des autres , comme il appert , par l’entendement dilcourupar les réglés.

Dans l’Ange , il y a delà différence : car fon entende¬ ment , fa mémoire , Si fa vo¬ lonté font differentes entre- elles. L’egalité d’entendre, daymer, de fe reffouucnir, cft dans l’Ange , à raifon du fouuerain objeét , à fçaqoir de Dieu î qui cft également, à entendre, à aymer , Si à ra- menteuoir.

Il y a de la minorité dans TAnge , parce qu’il eft créé de rien.

15 4 L! A rt hrefd e

Du troijlefme Sujet , qui efi du Ciel.

Chap. XV.

Le Ciel a fa bonté , gran¬ deur , duree , naturelles, &c. & eft definy ainfi:

Le Ciel eft la première fub^ llance mobile. Il ny a point de contrariété en luy , car il neilpas coinpofé de princi¬ pes contraires. Car en luy , il y a des inftinéls & appétits naturels, ôrpar confequcnt, mouuement,lans lequel il ne pourroitauoir fa nature, fon inftinél fon appétit : il eft vray toutesfois qu’il y a va principe en luy : car il eft agét

Kdimond Lulle, 13 j dans les chofés inferieures, ÔCCy iiefl compofé defama- tiere &c de fa forme fpeci- fiées,afin qu’il agilTe par fon efpece,fonmouuementcft fa fin & fon repos.

Le Ciel ellen fon lieu, comme le corps en fa furface; d’auantage, il eft dans le têps, carileft nouueau, &:mefme dans le temps, comme caufe efficiente dans fon effe6t: de ainfi defes autres accidents à fa façon.

Du quatriefme Sujets qui efl de l'Homme.

Chap. XVI.

T ’Homme efl compofé '*^d’ame & de corps,à raifon dequoy , il peut eftre deduift

1^6 Ü<i^rt bref Je M.

parles principes par les réglés , en deux maniérés: c’eft à fçaLioir, à la maniéré fpiruuellc , 6e à la maniéré corporelle ^ 6e eft ainli defîi- ny , 1 homme ell l’animal rai- lonnable hommifiant ,dans rhommedly atous ces prin¬ cipes ôefes réglés de deux for¬ tes , à caufc des deux natures: c’effcà fçauoir , fpirituelle 6c corporelle; defquels il ell cô- pofé,6e pource , il elt plus general , qu’aucun autre eftre créé a à raifon dequoy , on peut dire alTeurément , que l’homme ell; la plus grande partie du monde.

Kaimond huile. 237

Du cinquiefme Sujrt^'qui ejl l' Imaginatif,

Chap. XVIL Ans rimAginatif, il y a

des principes Sc des ré¬ glés rpecifices,pour imaginer les chofes imaginables : co¬ rne dans l'aymant , pour at¬ tirer le fer, éc fe definie ainfî.

L’imaginatiue efl , cette puiffance , à laquelle appar¬ tient proprement d’imagini- fier,6<: pour ce , rimaginaiiue eftcôduice par les principes. Si. les réglés qui conuiennent àFimaginatiue, & l’entende¬ ment à vne grande cognoif- fance d’elle , ôcauflldes cho-

Ü Art bref üe M ,

Tes qui luy conuicnticnt . l’i- inaginatiue abflrai£i les cfpe-* ces des choies lenfées auec les fens particuliers , 6e ce auec fes corrélatifs lignifiés par la fécondé efpece de C, &; auec la bonté, elle fait les efpeces bonnes : 6e auec la grandeur elle fait les efpeces grandes : comme quand on s’imagine vne grande mon¬ tagne d’or , 6e auec la mino¬ rité, elle minorifie, comme quàdon s’imagine vnpoiiïét indiuifible. L’imaginatiue , a rinfiinél , comme les belles brutes, ont l’indullrie à vi- ure , 6e comme h. cheure à e- uiter le loup.Li’maginatiue, a i’appetic pour imaginer ce qui peut eftre imaginé, à cel¬ le fin quelle repofecnluy, en ce

Raimond Lulle»

: en ce fujec en l’imaginanr, les fens particuliers fe feruâtdes chüfes (enlibles, enipefchent J à i’imaginatiuefon ade qu’el¬ le ne peu càuoir : comme ce- luy qui void aues fes yeux vn -fujet coloré , ôc alors l’ima- ■ginatiue ne peut auoir ion : aéte : c’eil à fçauoir par ce qu - i elle ne peut imaginer vn fii- ; jet imaginé, comme eitant vn l'fujeteltrangeimaginablejiuf^

; ques à ce que celuy qui a des I yeux les ferme, Se alors l’ima- [ ginatif a fon a£le , ou le peut auoir: Celuy qui void atteint mieux ce qui a couleur en voyant qu’en imaginant : car le fujec fenfé aboutir plus au fe-ns mefme. L’imaginatiue n’eft pas vne puiffan ce il ge¬ nerale aux chofes fenfees^^

140 L'JrthrefâtM. |

comme la fenfitiue; comme j il appert pat le toucher, auec |

lequel l’homme tenant vne pierre, en vn mefme temps fent plufieurs Sc diuerfcs cho- fesi c’eft àfçauoit la pefanteur de la pierre , la froideur , 1 al-

preté, 8C la dureté i&l’imagi-,

naciuenullement, linon fuc-

cc^rluement,8cainfldesau-

tres femblables à ceuxcy,que ces chofes fuffifent a caufe delà briefueté.

Du ftxiefme fuhjet, qut efl U fenfitiue,

Chap. XVIII-

T Es principes 6c les réglés •L^font dans la fenfitiue , par vn moy é fpecifié:car elle a vn pouuoirpar laveuë 3 6c vu aur

Raimond Lulle, i^i tre par l’ouye , &c. & les deux proprietezd inllin£l: , &; lappetit jfont principalemêc cts chofeSj&eftainfideffinie.

La fenlitiueeft lapLiiflance à laquelle il 'appartient pro¬ prement de fentir. Lafenfitî-- ue caufe les chofes fenfees a- uec Tes principes, &: Tes réglés fpecifiées,elle eftgenerale par le fens cômun & particulière parles fens particuliers, par le fens commun, elle a fes corrélatifs communs, &;par les fens particuliers elle a fes corrélatifs particuliers,

La vie radicale de la fenlitiue vit de la vie vegetable , auec laquelle elle eft conjointe 8^ plantée en elle, comme la ve- getatiue dans felementatiue. La fenfitiue fenfeles objedts

I^Z L'JrthrefdelA. par tous les fens : comme par la veuê elle voit ce cj^ul eft co¬ loré, &c par l’ouy cia voix, par le moyen du parler qui l’a luy exprime : car fans le parler, l’ouyeiie peut fenfer la voix, 6c en ce pas » I entendement cognoift que le parler eft vn fens^ _ _ _ _ _

Dufepiefme fujet,ciui eft la Vegetatine.

Ch AP. XIX.

En la Vegetatiue les prin¬ cipes &: les réglés Ibnt

fpecifiées, aueclerquellesles.

plantes agilTenc félon leurs efpeces dans lefquelles ils font; carie poivre agit félon fon efpece , ôc la roze félon la

Kaimond Lulle. 14^ Tienne , le ly s félon la Tien¬ ne, 6ic.

Les principes de la vegeta- tiiie font plus condenfés que les principes de lafenfitiue,8i: les principes de la fenfitiue, que les principes deTimagi- natiue, on Ta delïimt ainfî. La vegetatiue eftla puif- Tance à laquelle appartient proprement de yegeter > ^ elle vegeteainfi, les fubjets elementés a fa mode com¬ me la fenTitiue fenfe les végé¬ taux ôc fujets elementez la vegetatiue tranfubltamie Tlementatiue en fon efpe- ce par Tentremife de la gé¬ nération : &: elle vit , elle cro'ift , ôc eft nourrie de Tele- metatiueda vegetatiue meurt

L'/érthrefdeM, quand relemccatiue luy def- faulc , corne la lumière meurt en la lampe quand Thuille luy deffaulc.

T)h huiêîiefme fuhjeêl , c^ui efttElementatiue, Ch^ap. XX.

En rElementatiue , les principes ôe les réglés font fpecifiées J aueclefquel- les elle a plufieurs efpeces l’or, l’argent, &: autres de mef- me forte , ôceft ainfi definie. L’Elementatiue eftvnepuif- fance à laquelle appartient proprement d elementer,elle a des corrélatifs communs, corne la fenfitiue , 6c on peut direainfi de fes particuliers.

Kaimond LuÜe. 145

c eft à fçauoir du feu , de 1 air,

dereau,&:delaterre,qui ont leurs correlatifsj fans lefquels

fes elemens ne peuuent eflre;

comme les corrélatifs ne peu- uent elf re fans éléments , qui font les derniers fondements de cet elementatiue j & 1 ele- mentatiue , par icelle a des poinds, lignes, ôc figures, long, large, ôt profond , Sc corps pleinj quâlitez & com- plexions , dureté, afpreté , le- gereté , pefanteur , &c. Bc en ce pas , rentédemét cognoift que les éléments lont aéfuel-* lement dans les elemeiités, toutesfois d’vne façon raua- lé€,car autrement les elemêts n’auroient pas dequoy eftre, Bc ne feroicni pas du genre de lafubftance,ny n auroieni G iiij

Î4^ L'JnhrefdeM, point déformé, de matière, de nature , mouuemefir, d ’inftinftjdelôg, large,plein, ny d’appetit , ce qui eft coûta fait impofTible ôc abfurde à dire.

Du neufiefmefuhjeêî, qui ejl ï Injîrumentaîiue»

: ^eH:Ap: -XXL . ^ E fnbjet eft de^l’Ibftru-

mentalité, ôe eft confi-

dere de deux façons , c’eftà fçauok , naturellement com¬ ité f œil qui éft f-iriftruiîient pour veoii-j 5e môrâUénieïit coiiime la luftiee poür iùgcry 8c le marteau pour forger.

: Et l’inftrumenr naturel peut

B^aimond LuÜe, 14/ eftre cogneu en le conduifant parles principes Sc par les ré¬ glés de cet Art, d’vne façon fpecifiée.

Et femblablement l’inflru- ment moral, par les mefmes principes Sc réglés en fa ma¬ niéré fpecifiee.

Caries inllruinents naturels Sc moraux different entr’eiix, Sc nous laiffons, telle dédu¬ ction ou difcours àlentende- ment bien regardant au de¬ dans, &: fl l’entendement de Kart ifte manque en telle de- dudion , qu’il aye recours au grand Art , dans lequel nous traitons des morales plus amplement, mais par ce que dans l’Alphabet nousfaifuns mention des morales , pour ÉÈnous voulons deffinir ks G V

14^ L" Arthrtfde'Mf inftruments moraux, afin que parles définitions , les prin¬ cipes &: les reglesjl’artifteayc vne cognoillance des mora¬ les.

L'Inflrumentatiue ef: vne puilTanceaucc laquelle l’hom me moral agit moralement.

La luflice eft vne habitude, auec laquelle lejufle agitiu- ftement.

La Prudence, efl vne habi¬ tude auec laquelle,le prudent fefert de la prudence.

La Force , efl vne habitu¬ de, auec laquelle, lefortagill courageufemenc de cœur.

LaTemperance, eil vne habitude, auec laquelle, le temperé fe fert en agilTanC temperamment.

JLaFoy,cfl vne habitude

'Raimond Luüe. 14^

auec laquelkjquelqu’vn croit vne chofe eftre vrayc , qu’il

ne fenc, n’y n’entend.

L’Elperance , eft vncha* bitude,auee laquelle , quel- qu’vn efpere que fon maiflre luy donnera pardon &c gloi- rej St Te confie en Ion bon &c puifiant amy.

La Charité , eft vne vertu, auec laquelle , celuy qui a fes biens propres , les faid com¬ muns.

La Patience , eft vne ha¬ bitude , auec laquelle 5 le pa¬ tient furmonte , Sc n’eft ia- mais vaincu.

La Pieté , eft vne habitu¬ de, auec laquelle , le pieux f afflige des langueurs de fon prochain.

L’auarice j eft vne habi- G vj

150 L'Jrthfefde Mi tilde , auec laquelle le riche elt pauure mendiant.

La Gpurmandife, eftvne h^vbitpjde , auec laquelle , le gourmand eil; en prifon , enaprcs^j mis dans l’infirrpi'- tc,&: la pauureté.

La Luxure , efl: vne habitu¬ de, auec laquelle, l’homme fe fèrc 4efes puifTances indue- ment, contre l’ordre du mar riage.

La Superbe, efl vnc habitu¬ de > apecla quelle, l’homme fuperbe ; etTaye d’eftre, par4 defTus tous'.sé elteontre l’hu¬ milité.

La Lafchcté ,'efi: vnc habi¬ tude , auec laquelle, le lafche, fefafche du bien d’au truy 64 s’efiouit de fon mal. j Lenuie cft vnei habitadej

Kaîmond Lulle, . i auec laquelle , l’enuieux ap- pete iniuftement les biens d’aurruy.

La Cfiolerejeftvne habitu¬ de , auec laquelle, celuyqui eft en cholere,lie fa delibera¬ tion ôc fa liberté.

LeMenfonge,efl: vne ha¬ bitude, auec laquelle, le men¬ teur parler ateefte quelque chofe contre la vérité.

L’Inconfl:ance,ell; vne ha- bitudcjauee laquelle,! mcon- ftant eft changeant en .plu-- fleurs fortes.

Nous auons trai<3:é des neuf fujets, defquels rArtifle peut auoir cognoiffance , en les parcourant par les principes «c les réglés de cét Art, *

j]ï V Artlrefde M.

DeUdixiefme partie , qui eflde [fiy^pplication.

Chap. XXII.

L'Application., cft diuifée en trois parties, f La première, eft quad 1 im¬ pliqué eft applique , à ce qui eft expliqué.

La fcconde,e{l quand 1 ab - ilraid eft applique au con- crer.

Latfoifiefmeeft , quand la queftion eft appliquée aux lieux de cét Art.

Et premièrement , nous parlerons ainft de lapremic* re ; Si les termes de la que- ftion font iinpli<iuez » il les

Raimond LuÜe, 15J faut appliquer aux termes 5 de céc Art expliquez : com¬ me quand on demande , fça- uoir-mon,{i Dieueft, oufça- uoir-mon , s’il y a des Anges &ainrides autres: Il les faut appliquera la bonté, gran¬ deur, &c. c’ellà fçauoir , fça- uoir-mon s’il eft bon , grand, &c. que Dieu foit , &:quc l’Ange foit.

De lafecondepartie,il en faut traider ain{i,fi les termes de la queftion font abftraidsj Il les faut appliquera leurs termes concrets : comme la bonté au bien , la grandeur, à ce qui eft grand; la couleur, au coloré , ôc ainft des autres, il faut voir par quel moyen fe rapportent le terme abftraid, le terme concret : parcou»

1^4 L'^rt bref de M .

courant parles pricipes ôepar les réglés.

La troiriefme partie , qui eft de l’application aux lieux, le diuife en treize parties, qui font telles : c elt à Icauoir , la première figure , la fécondé figure,latroiriéme figure, la quatrième figure. Les deifi- nitionsjles réglés, la table, le- uacuation de la troifiefme fi¬ gure , la multiplication de la quatriefme figure.Le meflan- ge des principes, ôedes réglés, 6c les neufs fujeèts , les cent formeSjScles queftions.

Il faut appliquer à ces par¬ ties auant-dices , les matières des quèftions, félon qu’il leur appartient : Car fi la matière delaqueftion , conuient à ^ pxemiere figure > qu’ pliç foit

Kaimond Lulle, J55 appliquée à la première figu¬ re , Sc la folution de la que- lUon foit puifée du texte d’i¬ celle figure > de telle façon qu’en affirmant, ou niant : le texte ne Toit point bleffé , 8c comme nous auons dit, de la première figure,ainfi on peut dire des autres parties , en leurs maniérés. Etceschofes fuffifentà caufe debriefueté.

Et fi l’entendement . de d’Ar- tilte manque en appliquant, qu’il aye rècours au grand Art.Car eniceluy,il eft trai- (ké de ces çhofes plus ample¬ ment.

1

ij(y iJdArthref àe Ai,

Des cent Formes,

Ch AP. XXIII.

En celle partie, font mifes cent Formes , auec leurs deffinitions , afin que lefu- je£t reftende-à l’entendem et: car par les defîînitiôs des for¬ mes lenrendement fera con¬ ditionné pour les parcourir, par les principes les réglés, &parvnteldifcours l’enten¬ dement aura ta cognoiffance des formes mifes es queftiôs: c cft pourquqy les cent for¬ mes auec leurs deffinitions font telles.

1 L’entité eftTeftant, àrai- fon duquel quelque eftant

KaimondLulle, 157 caufe vn autre eftant.

Z. L’efTenceert la forme ab- ftraide de l’eftre &c foiib- flenuë en luy.

3. LVnité eft la forme à la¬ quelle il conuient propre¬ ment d Vnir.

'4. La pluralité eft la forme compofée de plufteurs dif¬ ferents en nombre.

5. La nature eft la forme à qui il conuient propremet dénaturer.

6. Le genre eft vn eftant confideré , grandement confus , qui f’efnonce de plufteurs differens enef- pece

7. L ’efpece eft vn eftant. qui f’efnonce de plufteurs dif¬ ferens en nombre.

8. L’indiuiduitc eft vn eftant

/j 8 Art bref de ,

qui eft plus diftant du gen- j re qu’aucun eilant. ]

9. La propriété eft la forme, ] auec laquelle l’agent agit fpecifiqüeinent.

10. Lafimplicitéeftlaforme, qui eft plus diftante de la compoütion qu’aucun au¬ tre eftant,

ïi. La composition eft vne forme aggregée de plu- fieurs efTencçs.

12. La forme eft vne eSTence, auec laquelle l’agent agit dans la matière,

13. La matière eft l’eftcnce Simplement paftiue.

14. La fubftance eft vn eftant qui exifte parfoy.

15. L’accident eft la forme, qui n’exifte pas par foy , &: qui ne fe rapporte pas prin-

]^ainiond •cipaleinent à fa lin.

\6. La quantité eftl’eliant, à

raifondequoy lefujet eftj quant.

17. La qualité eft Teftant, à raifon duquel les princi¬ pes font, quels.

18. La relation efl la forme, refpeétiue àplufieurs cho- fes diuerfes , fans lefquel-

* les ellene peut eftre.

19. L ’adion eft la formeat- tachée 6^ inherenteàu fub- jeétpalTif.

zo. La paffion eft vn eftant qui lafouftient.

21. L’habitude eft la forme, auec laquelle le fubjet eft veftu.

22, La fituation eft vne po^-" tion de parties bié & deuë- ment ordonnées dans le

i6o Arthref fubjed dans lequel elles font.

23. Le temps eftl’eflantjdans lequel les eflas creéz font cômccez &; nouueaux, ou le temps elt l’eftât , côpofé de plufieurs , maintenant félon le deuant &: apres.

24. Le lieu eft vn accident, par lequel les eftants font placez , le lieu eft la* îurface enuirônant, &: cô- tenant en foy immédiate¬ ment les parties internes du corps.

25. Le mouLiement eft l’in- llrument , auec lequel le mouuant meut , lelujet meu , le mouement ^eft ce^ qui participe de la nature , du principe , du moyen , de la lin.

B^atmondl.ulle* i^t L’immobilité eftleftanc, qui n’a aucun appétit au mouuement.

27. L’inftind eft la figure &: fimilitude de l’entende¬ ment.

28. L’appetit eft la figure, forme 6^ fimilitude de la volonté.

29. L’attraélion eftvne cer¬ taine forme , auec laquelle l’attirant attire l’attiré , ou l’attraélion eft vne certai¬ ne forme, qui a l’inilinét &: l’appetit d’attirer quel¬ que chofe au fubj et.

50. La réception eft vne cer¬ taine forme auec laquelle lerecipicnt reçoit le receu, ou la réception eft vne for me certaine qui a l’inftinét Sca lappetit de receuoir

i6i L* Jrthref de M,

quelque chofe dans le fii-

jc6t.

31. Le fantormeeft vne ref- femblance abftrai6te des choies par rimngination.

31. La plénitude eft la forme efloignée du vuide.

33. La diifufion ell la forme auec laquelle le diifondanc diffondle diffufible.

34. La digeftion eft la forme par laquelle le digérant di¬ géré le digeftible.

35. L'expuliion eft la forme auec laquelle la nature poufte les chofes qui ne conuiennent pas au fub- jedv

36. La lignification eftla re- uelation des fecrets qui font monftrez auec le li¬ gne.

37-

Raimond Lulle. 163

37. La beauté eft vne cer¬ taine forme fpecieufe , receuéparla veuë, ou par l’otiye , ou par l'imagina¬ tion , ou par la conceptiôi ou par la dcleélation.

38. LanoLiueautceft vnefor- me,àraifon de laquelle, le fujet eft habitué de nou- uelles habitudes.

35». L’idée en Dieu, eftDieu, l’idée en la création , eft la créature.

40. LaMathematiqueou Me- thaphyfique, eft laforme, auec laquelle , l’entende¬ ment humain defpouille le fujet d'accidents.

41. L’eftant , exiftant en puif- fance c’eft la forme qui exifte dans le* fujet fans moiiuemcc, qualité, quali^

H

1(^4 V Art bref de M,

té,& autres femblables.

42..La pon6tuite, eft l’efTencc du poind naturel , exi- ftanc la moindre partie du corps.

43. La ligneeft la longueur compolee de pluüeurs poinds côiinus: delaquel- le les extremitezfont deux poin6ts.

44. Le triangle, efl: la figure qui a trois angles aigus, contenus par trois lignes.

45. Le quadrangle,efi: la figu¬ re qui a quatre angles droits.

4(J. Le cercle , efl: la figure contenue par la ligne cir¬ culaire.

47. Le corps efl: la lubftancc pleine de points, de Hgnes, ôe d’angles,

' Kdlmond'Lufle, L'afigore , eft l’accident compofé de la dtuation $c habitude.

49, Les rectitudes generales, font fix ; par lefquelles , le corps eft le centre, par les lignes^ diametr'ales,

JO. La môftruofité , eft le dé- ' uoyement du mouuemêt de la nature.

jï; Libderiùfttion^, eft le fujer general y par lex^uelyle par¬ ticulier defeend de l’vni- uerfel.

3i. L’ombre , eft l’habitude de la priuâtion de lalu- rniere, i -ui - 53 . Le miroüer , eft Vn corps diaphane, dilpofé à rece- uoir toutes les figures ‘luy font reprefentées. î4. Lacouleiir, eft l’habiciî»

H ij

s66 V Art bref de M,

de contenu par la figure.

55. La proportion, efl: la for¬ me à qui conuient pro- premétjde proportionner.

56. La difpofitiün, efl: la . for¬ me à qui il - conuienü en propre de difpofer*

57. La création dans l'Etcrni- té,efi l’idée : ^ dans le tcps efl; la créature.

.58. La, predeftinatioil^dans la Sapience de Dieu , efl l’i¬ dée: 6c dans la création > efl la créature.

5p.Lamifericorde, dans l’E¬ ternité elt l’idée: 6C dans le predeftiné , efl: créature.

^o. LanecclTité efl: la forme, qui ne peut eftre autre¬ ment : mais le necelTaire, ceftl’eftant quilacôrient.

^1. La fortune , eft l’accideni

inhérent aufujet: mais le

. fortuné,ceft l’homme dîG-

poféàla receuoir.

$z. L’ordonnance, eftla for¬ me, à qui il conuienc pro¬ prement d ordonner, l’ordonné, eftfon propre fuieél:.

63 .Le confeil , cft vne propo- ütion douteule, Scia con- fultationeftfon repos.

é4.La grâce ell la formepri- mitiue , mifedans le grati¬ fié > fans le mente du gra¬ tifié.

65. La pèrfeétion , c eft la for¬ me, à laquelle conuient propremét, deparfaireen vnfujet parfàid.

6 6. La declaraûon eft la for¬ me en laquelle , 1 entende¬ ment repofe , en diftiû-

H ii)

i 6 s ^ L A rt hrefdç 4</. guant,& le déclaré efl: fon luier^dans lequel la décla¬ ration efl l’habitude.

6y. LaTrafubftantiation efl , l’ade de la nature dans le* tranfubflantié dénué de fa forme ancienne ôi reueflu d Vnenouuçlle.

8 . L’alteration efl la forme,

. née dans l’altéré.

L’Infinité efl la forme qui . a vn ade infiny , efloignc, de tout çe qui efl finy.

70. La déception efl l’habi¬ tude pofitiue du deceuant, &: l’habitude priuatiue du deceu.

71. L’honneur efl vne habi¬ tude adiue en bhonprant,

ô^pafliue dans l'honoré.

72. La capacité efl la forme auec laquelle le capable

Raimond Luile. 169

peut autant contenir Sc re- ceuoir, quil luy peut ef-, choir &:amuer.

73. L’exihence eft la forme

auec laquelle Texiftant exi-

lie ce qu’il ell.

W. L’agcn ce eft la forme qui meut l exiftant au terme auquel

La Comprehenfion eft la reffemblance de l’Infinité, gi rapprehenfion de la fi- nité.

75. L’inuention eft la for¬ me au ec laquelle lenten-' de ment trouue ce qui eft trouué.

76. La reffemblance eft la for¬ me, auec laquelle le fujeâ: affimilant rend femblable le fujea affimilé ou faid femblable à celuy qui la

H iiij

170 L:<^nhrefàe^, rendu tel.

77- L antécédent cilla forme qui caufele confequent, 6c Je confequenc ell Jefujed dans lequel l’antecedent repofe.

78 LapuilTanceelllaform^ aueclaquelle l’entendemêc

arrc'inc l’objeâ: : 6c l’objea: cil le fuj et dans lequel l’en¬ tendement repofe, fade ell l’allemblage delapuif- fance6<:derobjeâ:.

7p. La génération és créatu¬ res 5 ell la forme auec la¬ quelle l’agét caulc de nou- uelles formes : la corrup¬ tion ell la forme auec la¬ quelle le corrompâtpriue des formes anciennes , 6c la priuation eft au milieu . d’elles.

Ka^'mond Lùlk» i7t

8 0. La Théologie eft la fcien- ce qui parle de Dieu.

El. La Philofophie ell la fct’* ence> par laquelle l’enten- dement fe reltrain£t à tou¬ tes les fciences.

81. La Geometriecflvn Art inuenté pour mefurer les* lignes 3 les angles 6c les fi¬ gures.

83. L’Aftronomie eft vn Arc auec lequel rAftronome cognoift les vertus 6c les mouuements, quele Ciel a és chofes inferieures ef» fediuemenc.

84. L’A ri tlime tique , eft vn Art inuété pour nombrer plufteurs vnitez.

85. La Muftque eft vn Art in- uenté pour ordonner plu- fteurs voix accordances

H y

ij2 L! Jrt bref de M.

vn chant.

8^. LaRethorique eflvn Arc . inuentéjauec lequel le Re- thorkien orne èc colore fes paroles.

87. La Logique ek vn Art, auec lequel le Logicien trouue vne naturelle cdn- jondion entre le fujet ôc le prédicat.

88. La Grammaire eft l’Arc de trouiier moyen de par¬ ler Bc d’efcrire correde- ment.

85». La Morale eft vne habi¬ tude pour bien ou mal fai¬ te.

5?o. La Politique eft vn Arc auec lequel les bourgeois procurât l’vtilité publique delà Cité.

LeDrpid: eft vnade te-

Kaimond Luüe. ijj glé en l’horamehabitué de la luftice.

5>2. La Medecine eft vn Art auec lequel le Médecin procure la fanté du patient

^3. La Monarchie eft la for¬ me auec laquelle le Prince gouucrne Ion peuple.

5)4. La Milice eft l’habitude

auec laquelle le Soldat ay- de le Princcjàcelle fin qull puilfe conferuer laiuftice.

5)5. La Marchandife eft vne habitude , auec laquelle le Marchand f^ait vendre achepter.

ÿS. La Nauigation eft vn Art auec lequel les Nauton- niers fçauêt comme il faut nauiger par mer.

^7. La Confeience eft vne forme; auec laquelle l’en- H vj

r74 VJnhnfâeyi'.

tendemenc afflige! ame de fes fautes commifes.

^8 - La prédication efl la for¬ me auec laquelle le Pre- d cateur informe le peuple pour auoir de bonnes mœurs, en fuyant les mau- uaifes.

59. L’Oraifon eft la forme auec laquelle le.priat parle à Dieu laindement.

100. La Mémoire eftvn eflat, auec lequel les chofes peu- ueac eftreramencuès.

Kaimond Luüe* t/j

De l vn':^ieme fàLrtie^ qui ejl des Q^eflionSm

Ch AP. XXIVv

CEfte partie ce diuiro en douze parties , ou lieux difpofez e>c proportionnez aux Q^flions , fuiuant la di- uerficé des matières dôi elles font. Car en vn lieu ou par¬ tie, la folutiô d’vne queftion cft fignifiée, ôc en vn autre lieu la folution d vne autre queftion , à raifon dequoy nous appliquerons diuerfe- ment les queftions auididls lieux, 6c ce en deux façons, c’eft a fçauoir que nous feiôs

V Art bref de quelques queftions que nous refoudrons, &: femblablemêt nous en ferons d’autres que nous ne refondrons pas , 6c les laifferons refoudre à l’Ar- tifte,qui les regardera bien au dedans , afin qu’il fçache bien tirer les folutions de la partie ou du lieuj auquel nous aurôs renuoyé les queftions : caria folution eft fignifiéeen cefte partie J ou en ce lieu là. Or icynous ferons quelquepeu de queftiôs à caufé de la brief- ueté ; car cet Arc eft abftraidb du grand Art^afin qu’il puifle cftretrai6té plusbrieuemenr^ &afin quel’entendemenrcô- prenne beaucoup de chofes en peu de paroles : 6c ainft l’entendement eft plus vni- ÿerfel : &: par les folutions de

Kaimond Lulle, jjy- ces queftions icy pofées ou données , la folution des au¬ tres queftions pourra eftue donnée à fa mode.

Les lieux ou parties auf- quelies nous renuoyronsles queftions font douze , qom- me il a efté àid: cy deffus-.c eft à fçauoir la première figure, la fécondé figure, latioifiemc figure,la quatrième figure, les définitions, les réglés ,1a Ta¬ ble , l’euacuation de la troi- fiéme figure, la multiplica¬ tion de la quatrième figure, le meflange des principes ôc des règles : Les neuf fujeéls, les cent formes : Et première¬ ment nous ‘parlerons^en fon lieu de la prçmiereparcie.

VJrtlrefdeM.

Des queflions de ta^re^ mkre figure.

Chap. XXV,

I T A queftion cfl, fçauoir- -^mon f’il y a quelque eilàc dâs lequel le fujet le prédi¬ cat fe côuerrilTe en identité, d cirence,&: de nature, de nô- brepar toute la première fi- gure.

Et il faut refpondre que fi, car autrement la conuçrfîon du fujet ôc du prédicat , 6c l’e- galité, feroient deflruites ab- folument > 6c l’Eternité feroit au deflus par l’infinité , 6c fa bonté 5 grandeur 6c puiffancc

Kdimond Lulle, 179 fei'oienc au delTous par la fini- té, ce qui eft impolTible.

1. On demande qui eft cét eftre, dans lequel le fujet Ôe le prédicat leconuertif- fent; Si il faut refpondre, que c’eft Dieu : car telle conuerfiûn ne peut eftre que dans vn fujet infiny SC, eternel.

3. On demande fçauoir-mo, fl la bonté diuine a en {oy,vneaufti grande bo¬ nification, que l’entende¬ ment diuina fon intclle- étion ?

On demande, pourquoy Dieu a en foy , vne auftl grade agence qu’exiftéceî 5.0n demande»dequoy Dieu peut autant qu’il eft luy meftiieî

i8o L! Arî bref de

6, On demande J poLirquoy l’homme 6e l’animal, ne le conuertiircnc point : 6e il faut refpondre , parce que ia couerfion ne le peut fai¬ re entre ce qui elt plus 6e moins , mais entre les chofes égalles.

7. On demande , fçauoir , G. dans l’Ange, fa puiffance, fon entend emeut , fa vo¬ lonté, fe conuertilTenr î Et il faut refpondre, que nons car autrement il pourroit auoir vn afte aulîi infiny 6e Eternel, que Dieu mef-

Kaimond Lnlle. iBi

\Des de la fécondé,

figure,

Chap. XXVI.

T Es Queftion s de la fecon- •^de figure fe peuuent faire en trois façons : comme l’hô- me &: le lion, qui différée d’ef- pece par la différence; &: cô- uiennent de genre par la con¬ cordance , ôc fe contrarient par la contrariété : c’eft à fça- uoirparle corruptible & in¬ corruptible : ôc ainfi des au¬ tres en leurs maniérés.

On demande, fçauoir-mô, fila differenceeftplus gene¬ rale que la concordance ^

l8 1 VA yf bref à e M;

contrariété, à quoy il faut di¬ re, qu’ouy, d’autant que par tout il y a de laconcor- dànce,&: contrariété, il y a de la différence: mais non pas au rebours en tout;car en plu- iieui'ÿon trouuela différence & concordance : &: toutefois en elle, il n y apointde con¬ trariété naturellement, com-^ me dans les eftans fpirituels.

On demande , quel eft le plus grand principe, celuy de la concordance,ou de la con¬ trariété ? ilfaut dire , que c^eft la concordance: car les prin¬ cipes pofitifs , defeendent de la concordance, ôc lespriua- tifs,de la contrariété.

On demande , fçauoir-mo, fl cette deffinition eft plus de- monftratiue J en difant ainli;

Raymond LuUe. /Sj l’homme eft vn animal homi- fianc i l’homme eft l’eftant auquel il conuiét propreméc d’hommifier, que celle -cy: l’homme eft vn animal rai- fonnable mortel? il faut refpondre qu’oüy : la raifon de ce, eft, parce queThommi- fication conuient à l’homme en propre , ôc le raifonna- ble &: la mortalité à plufieurs. Par le triangle du prin cipe,du moyen , S>c de la fin, on peut faire des queftions en trois façons.

JLa premiete maniéré eft, quand on demande pour- quoy y a-Uvnefeule 6c pre¬ mière caufe, Sc plufieurs, à quoy il faut refpôdre qu’oüy, afin qu’il y aye vne fin in;;

iS 4 L'Art bref de Ad ^

La fécondé maniéré effj quand on demande, fçauoir- mon , fi le mo^ren qui efî: en¬ tre le fujet &; le prédicat , à la quantité côtinué , ou difcrec - te: Ôcil faut refpondre qu’il a la quantité continué, à lef- gaid du moyen des extrerai- tez, &:la diicontinué, àl’ef- gard du moyen de conion- étion Sc de mefure. * -

La troifiefme maniéré eff, quâd on demâde,qu elle eftla fin derniere, danslefujet:& il faut refpondre, que c’efl fa fin propre, &:non pas appropriée.

Par le triangle de la ma- iorité , égalité , mmorité, on peut faire des quefiions en trois faeonsicomme quâd on demande,pourquoy Dieu eft au deffus de l’Ange , aii

Kaimond huile, 1S5 defTiîs deniômei&: il faur ref- pôdre 5 que Dieu eftau deiTus de r Ange, par ce que la bonté diuine, & la grandeur diuiiie, &:c.font diftantes par l’infini- cédela quantité, Sc par le- ternitc du temps, Scia bonté de l’Ange Sc grandeur , Sec. non; mais elles font au delTus de la bonté, de la grandeur de l’homme , d’autant que le fu- ietdans lequel elles font, eft éloigne 8c diftat de la diuifiÔ, Sc réception : mais la bonté, la grandeur, Scc. du corps de l’homme, non.

La fécondé maniéré efl:, quand on demande , en lame pourquoy l’entendement, la volonté, Sc la mémoire , font égalés par l’ellence ; à quoy onrefpond , que c’eft parce

1 8 6 t! Y t bref de M. que la première caufe, par l’é¬ galité de la bonté, grandeur, &;c. eft capable d’eftre enten¬ due , ramentuè , & aymée é- galement. Se en ce cas l’enr rendement cognoift , que la demonftration , fe peut faire en trois façons , par, ce que c’eft j par , d’autant que , ouparlefgalité Se equiparen- ce.

La troificfme maniéré eft , quand on demande , pour- quoyle péché eft plusabou- tiffantau néant, qu aucune autre chofe , 6e il faut ref- pondre, que c’eft par ce <ju’il répugné plus à la fin de l’eftre.

On demande fçauoir fi la différence qui eft entre le fen< fuel ôe feniuel, eft plus grâdc^ que

Kéiimond Lulle. 1S7 que celle qui eft entre le fen- fuel Sc rintelledtuel , que celle qui eft’ entre l’intelle- dueljôc l’intelleduel.

Encore à fçauoir, fi la difFe* reneequieft entre le princi¬ pe Sc le milieujeft plus gran¬ de que celle qui eft entre le milieu Sc la fin .

Semblablement ,on peut s’enquérir de la différence, qui eft entre la fubftance,8c la fLibftance;5cc.&: il faut refpô- dre par les chofes,qui font li¬ gnifiées és triangles fiifdits, ayant égard aux fujets Sc ob¬ jets differents; ce qui fe dit fu- jeétiuement SC objediueméta moyennant la réglé de B.

î

l88 L* Jrthrefde M.

Des Refilons de la

îroîjiejme figure,

Chap. XXVIÎ.

I; TLaeftéditeiiIattoifié- •* mj figure 5 que chafque des principes , s’appliquera l’autre sôc pour celàd’ô dema- de fçauoirdi la contrariété elfc autant applicable a la bonté, grandeur , 8cc. qu’eft la con¬ cordance, ôc il faut dire, que non i car la contrariété s’ap¬ plique , aux principes, en pri- uant contrariant, ôc la con¬ cordance l’applique en po- fant ôc accordant.

.2, Il fe dit à la troifiefme fi- gure,la bonté eft grande, ôc

Kdimonâ Lî^He, qu’ell-ce que la bôtégran- dc^ôc il faut refpô.dre que la bonté grande eft celle qui fans contrariété &: mino¬ rité, a fa conuenance auec tous les principes , Sz leurs corrélatifs.

3. On demande, ou eft la bon¬ : va à la cellule B 1 , 5c prens les fignifi cations.

4. On demande, dcqiioy eft la bonté ^ .

j.On demande, comment eft la bonté/, va à la cellule, B, D , B K , prens leurs fignifi cacioias j 5c ainfi des autres.

On’ demande aijfîJ , quand eiftrentendement vniuer- fel ôc particulier ?

1^0 L* Jrthref de M*

Des ^eftions de U qua^ trième figure.

Chap. XXVIII.

1. 1 ’On demande, par la cellule B C D , fpuoir ni y a quelque bonté, au¬ tant infiniement grande, qu’eft l’Eternité; 6c il faut refpondre que fiiautreméc toute la grandeur de l’eter- nité ne feroit pas bonne.

Par la cellule BEF, On demande, fiDieu eft autant puilTant par fa bon¬ té, comme par fon enten¬ dement : va à celle cellule- là,ôe prens les lignifteatios de Tes corrélatifs 6c de fes

Faimond l^uUci i^l deffinitions.

3. On demande 3 fc,auoir5fi l’Ange produi6l l’Ange, veii qu’il eft au delTus: comme l’homme 3 l'hom¬ me ; veu qu’il eft au def- fous 3 ôc il faut refpondre, que non j parce qu’il eua- cueroit fon effcnce: car l'Ange ne reçoit point d’augmentation du de¬ hors 3 mais bien rhommc3 à raifon de fon corps.

Des Queflions par les def-^ finitions des principes*

Chap. XXIX.

I. T ’on demande 3 II Dieu vn eftre neceffaire ? Ih;

iÿ2 L' Jrthref de M ,

%. L’on demande L i’Vni- peut' eftre infinie fans vn ade infin p.

3. L’on demande fil y a vn feiil Dieu.

4. L’on demâde fi Dieu peut eftre mauLiais. Vaàlade- finition delà bonté 3 de la Grandeur J&: defEternité: & tiens les chofes qu’elles te fignifient. Car fi la Bote eft grande &: eternelle, il eil dcllorsnecefiairequela bôté foit la raifon au bon, qu’il prôHuife le bien^grad &eceinel, &: ainfi des au¬ tres queftions , quipeuuéc eftre faides par les défini¬ tions des principes.

LA TABLE GENERALL ESU

^ B.C.D.T. ;

c.d.e.ti

D.E.F.T.

E. F. G. T.

F.G.H.T.

G. H.l. T.

B.C.T.B. i

C.D.T.Q

D.E.T.D.

E.F. T. E.

F. G. T. F.

G.H.T.G.

J! 3.C.T.G. 1

C.D.T.D,

iO.E. T.E.

E. F. T. F.

F.G.T.G.

G.H.T.H.

B.C.T.D. 1

G.D.T.Ei

D.E.T.F.

E.F. T. G.

F.G.T.H.

G.H. T.I.

3.D.T.B.

G. E. T.C\

L'.F.T.D.

E. G. T. E.

F. H. T. F. :

G. I. T. G.

^ b.d.t.c.

C.E.T.D,\

D..F.T.E.

E.G.T.F.

F. H. T. G. 1

G. I.T.H. 1

^ B.D.T.D.

G.E.T.E.

D, F. T. F.

E.G.T.G.

F. H. T. H. 1

G. I. T.I. 1

. ^ B. T. R. G.

G.T G.D.

iD.'J-D.E.

E.T. E.F.

F. T F. G.

G.T.G.FÎ. i

B.T.B.D.

C.T.C-E.

D.1'.D,F.

E.T. E.G.

F.T.F.H.

G.T G.I.

^ B.T.C.D.

C.T.D.E.

D.T. E.F.

e.t.f.g.

F.T.G.H.

G. T. H.l.

^ C.D.T.B.

D.E.T.C.

E. F. T.D.

F. G. T.E.

G,H.T.F.

H.I.T.G.

wtL C.D.T.G.

D.E.T.D.

E.F. T.E.

F. G. T. F.

G.H.T.G.

H.l. TH.

2 C.D T.D.

^ D.E.T.E.

E.F. T. F.

f.g.t.g.

G.H.T.H.

H. I. T.L !

C.T.B.C.

D.T.G.D.

E.T.D.E.

F. T. E. F.

G.T. F.G.

H.T.GH.

^ C.T.B.D.

D.T.C.E.

iE.T.D.F.

F. T. E.G.

G.T.F.H.

H. T. G.I.

^ C.T.G.a

i d.t.dL

!E.T.E.F. I

F. T. F. G.

G.T.G.H.

H.T.FÎ.I.

J D.T.Ô.C.

ErT.C.a F.T.D.E. 1

G. T.E. F.

H.T.F.G.

I.T.G.H.

^ D.T.B.D.

E.T.C.E F.T.D.F.

G.T. E.G.

H. T. F.H.

I. T. Gl I.

^ O.T.C.D.

E.T.D.Ei F.T.E. F.

G.T. F.G.

H.T G.H.

I. T. H.I.

^ T.B.C.D.

T.C.D.E

.|T. D.E.F.

T. E. F.G.

T.F.G.H.

T. G. H.l.

H.I.K.T. H.I.T.H. H. I T. 1. H. I. T. K. H.K.T.H. H. K. T. r. RK.T.K. H. T. H.l. H.T.HK.

H. T.I.K.

I. K. T. H. I. K. T.I. I.K.T.K. I. T. H. I. I.T.H.K. I. T. l.K. K. T. H.l. K.T.H.K. K. T. l.K. T. H. l.K.

'P^aimond Luile, 19]

Des queflions par les réglés.

Chap. XXX.

«J, demande, fçauoir

fl le croire précédé l’entendre.

Z. On demande, quelle de- finiciôeft meilleures^ plus claire, ou celle qui fe don¬ ne par la puilfance Sc fon ade fpecifique, ou celle qui fe donne par le genre de la différence. Et il faut refpondre , que c ell cellê qui eft donnée par lapuif^ fance 6c fon ade fpecifi- que,car on a, par elle la cô- gnoiffance du fujet Sc de

t 9 4 VJrt bref de t^. i’adle de Ton efpece : & par l’aurrc nullement , finon feulement des parties,

3. Ondemâdc,fçauoir-mon fi lapuilTance hors fon ef- fencea fade.

4. On demâdc , fçàuoir-mon fi lentendement elt agent

-, dans la mémoire, 6dpatiêt dans la volonté.

5. Sçauoir-mon fi l’entende¬ ment peutauoir vn objeét fansle fens.

Sçauoir-mon fi la diuine puilTance peut auoir vn ade infiny.

7. Sçauoir-mon fade peut eflre fans la différence. Sçauoir-mon fi fade efl poffedé par lapuilTance ou parl’objed, ou par fvn&:

' l’autre.

Kaimond Lulle, Js>§

5>. Sçauoir-mon filafiibllan- ce peut exifter par foy fans fescaufes.

lo. Sçauoir fi la volonté a le poLiuoir en l’entendemenc par le croire , 8c l’entende- ment dans la volonté par l’entendre.

îi. Sçauoirfi dans laine, la volôté6c la mémoire font efgales.

it. Sçauoir-mon, filenten- dement fans fes corrélatifs peut eltre vniuerfel ou par¬ ticulier.

iJ.Sçauoir-mon fi l’entende¬ ment quand il fait la fcien- ce,f’il Ta fait par la propiie- té& différence.

14. Sçauoir-mon, fi l’enten¬ dement difpofe l’aimer le reffouuenir , ôc au re- 1 V

bonus.

î^: Sçiruoiu-iïîon , fl renten- clement peut en vn mefme tempscjuoiue 3c entendre.

S^auoir-mon , il i’enten- . dement fait la fcience en iLiy-mefme.

17. On demande comment rentendement fait Tefpe- ce.

18. Scanoir-mon, fi l’enren- dement auep fon efpece,' commande à la volonté 6>c à la mémoire qu’ils obie- étent celle efpece. Com¬ me nous appliquons les quelüons des réglés à l’en- tendemêt,ainfi on les peut appliquer aux autres puif- fances en leurs maniérés.

V^dimQnd Lulle,

Des Qji^fiîons de la Tahle. Chap. XXXI.

ï. demandejfçauoir-

iîion J fl le monde efl ctemel j Va à la colône B, C jD, 5c tiens la negatiuej & tu trouueras en lacellu- le B , C 3 T J B , que f’il eft eterneljil y a plufieurs eter- nitez differentes en efpe- CCS, & font concordantes par la cellule BjC,! co¬ tre la cellule B, C, T>D, ce quieft impoffible: doit il fuit, qu’il faut tenir la nega- tiue de la qucflion, de lai^e- gleB,leprouue.

I VJ

1 9^^ L! a rt Irefde AA, t. On demade, fçauoir mon fl Dieu peut eilre autant infiny par fa grandeur que par fon ecernice ? Va d la colonne Cj D,E ^ & à la cellule C , D, T, C, en te¬ nant l’affirmatiiie contre la cellule C,D,T,D.

3* Sçauoir-mon fi Dieu peut ^ autant par l’Eternité, que par l’entendement? Va à la colonne D, E , F , & à la cellule D,E, T, D.

4* Sçauoir-mon E Dieu eft au/îi puilTant par fon pou- iioir, comme par fon en¬ tendre 5e aymer ? va à la colomneEjF, G, Se tiens l’affirmatiue par la cellule E, F,T,E, &: par la cellule E, F, T, F, 5e parla cellu{e E,F, T , G?iufques à ce que

Kdimond Lulle, 15)9 toute la colonne foit con- fommée.

5. Sxjauoir-mon en Dieu fi fon entendement & fa vo¬ lonté font plus grades que fa vertu ? va à la colonne F, Gj H,&: tiés lanegatiue par toutes les cellules de celle colonne, puifant ce que les cellules fignifienr.

6. Sçauoir-mon fi la vérité diuine eft autant vertueufe par les corrélatifs efgaux comme la volonté diuine? vaàlacolotineG, H, I, àc tiens raffirmatiue par tou¬ tes les cellules de celle co¬ lonne.

7.S (^auoir-mon (i en Dieu, fa vertu, fa vérité &: fa gloire, ont ce qui les fait elgales, efloignées du temps, du

£ 0 O VÀyî bref J ç Mr lieu 5 & de la minorité: Va à la colonne H , I , K , tiens l’affirmatlue par tou¬ tes les cellules.

Des quefiions de Feuacua^ îion de la troifiéme figure,

Chap. -XXXIÎ.

T\Ans la cellule B C il eft -“^diélj que la bonté eft gra¬ de: maintenant l’on deman¬ de;

î. Scauoir-mon la bonté ell: grande, & ce que ceft que fagrâdeur? & en quoy la bonté & lagradeur f’ac- coident?

Raimond Luile, loi Z. Et fcauoir-mon fi elles peu Lient raccorder fans la dif¬ férence, Sc il faut refpôdre, que la bonté ell grande, CO mme il paroift par U de- finition de la grandeur , &: fa grandeur el‘t,d’auoir des correlarifs, comme il pa- roifl, par la deuxième ef- pece delà réglé C.

3. Et elles f’accordér, par ce que la bonté eft grande par la grandeur, èc au rebours.

4. Et elles ne pourroiêt nulle¬ ment f’accorder fans la dif¬ férence de fes Corrélatifs. Et ces chofes fuffifent de l’euacuation , à caufedela briefueté.

Car par ces chofes que nous en auons dift , l’Àrtifte peut lefoudréjôc faire dés-quellios

Z>oz L ^rthrefdeM,

par les autres cellules.

Des queflions delà c Alton de la quatrième figure,

CïîAp. XXXIII.

ON demande par quel moyen l’entendement fc conditionne^poLir eftre ge¬ neral par l’entendre general? Va à la multiplication de la quatrième ligure , &: voy^par quel moyen l’entendement multiplie les conditions^auec lefquelles il multiplie les ob- jQâ:s&:fon entendre : à celle fin que par plulieurs & gran¬ des fciences il foit general .

B^aimondhulle, 203 veftu de plufiCLirs habitudes. Et ces chofes fufHfeni: de la miiltiplicacionj à caufe delà briefueté.

Des queftions du meflmgel des principes^ des réglés,

Chap.XXXÎ'V.

ONdemâde, fçauoirmon fl la bonté peut eftre dif- couruë par la grandeur, la du¬ rée, &ç. ôc au rebours : &: il faut refpôdre , que ouy, com¬ me il eft fignifié par la troilié- mc figure, enfaifanc du fiijec le prédicat.

I. On demande , ce que

X04 hrefJeKi.

la bonté eft dans la gran¬ deur , durée, ècc. à quoy il faut refpondre , qu 'elle eft grande dans la grandeur, &c durable dans la durée.

Z, On demande, ce que la bonté a dans la grandeur, &c. à quoy il faut dire, qu’en elle , elle a les corré¬ latifs grands, dans la gran¬ deur, durables , dans la durél.

Et comme nous donnons des exemples de la bonté : de mefme peut-on en donner des autres principes en leur maniéré : U cecy fufHle du meilange à fafa^on.

Kaimond Lulle. 105

Des Refilons des neuf Sh"* jets : St premièrement de Dieu,

Chap. XXXV,

1. demande , fcauoir' ^^monjfiDieu eft ? & il faut refpondre , qu’oüy : il eftprouLié es queftions de la première figure.

2. On demande ce que c’efi: que Dieu ? &c il faut ref¬ pondre que Dieu eit vn Eftant, lequel agit en foy, autant qu’il eft.

3. Par ladeuxieime efpecede la réglé , l’on demande ce que Dieu a enfoy,coef-

2o6 V Jvthfef àe

fentiellement.

A quoy il fautrcrpondre, qu’il a fes corrélatifs , (ans lefquels il ne peut auoir les raifons immenfes &; etcr-- nelles.

4. Par la troiliefme efpece,on demande ce que Dieu eftj en autruy ? A quoy il faut dire , qu il eft créant , gou- uernant , Se autres fembla- bles.

5. Par la quatrième efpece de la réglé C , on demande ce que Dieu a en autruy , ôc il faut dire , qu’il a en autruy lepouuoir ôc le comman¬ dement i &: en tout , le iu- gement &: fade de grâce ac mifericorde , de patiéce tL de pieté . Et ces chofes fuffilènt de Dieu, à caufe de la briefuetc.

Kaimond Lulle* zo;f

Des que fi ions des Anges* Chap. XXXVI.

t . /^N demande , f^^auoir- '^monfilyadesAnges? Si il faut refpôdre que ouy: Car fl ce qui femble moins femblable à D ieu ed;,beau- ' coup pluftoft ce qui fem¬ ble plus femblable à Dieu, de plus , fil y a quelque chofe qui foit côpofé d'in- . telleduel &c de corporel, beaucoup pluftoft y en a-ii qui eft compofé d’intelle- â:uel ôc d’intelleduel ; Se dauantage, ft les Anges n’eftoienc pas,l’efchelle de la différence Sc concor-

lo8 l! Jrt bref de]sA. dance fcroit euacuée, & par confequenr le monde, ce qui efl: impofTible.

2. On demande dequoy, & à qui efl; l Ange ? Et il faut rcfpondre par la réglé D, qu il efl: de luy mefme : car fon tlTence ne peut eftre de poincl's ny de lignes, coiTime par lafeconue ef- pece de la mcline réglé , il efl de fes corrélatifs ipiri- tuels , c’efl à fçauoir de fes able,satifsi&ier,defqucls il efl compoféipar les atifsjil efl affif, ôc par les ables il eib réceptif, èc par ier il efl V l’afle ëxiflât entiedesanfs &:les ables.Par la troifieme efpcce, il faut dire qu il efl de Dieu. Et ces chofes fuf- fifenc des Anges, àcaufe delà briefueté.

'Raimond hnlle, lo^

Des Clueftions du Ciel. Ch A P. XXXVII.

I. Q Cauoir-mon fi le Ciel meutioy-mefme , il faut rerpondre,ouy;afia que fes principes ayent des corrélatifs fubftantiels &c propres par fes conftella- lions.

2- Sçauoir-mon fi le Ciel fe meut vn lieu ï Etilfautref- pondre, queouy, en foy&: à l’égard des inferieurs cir- culairemenc: mais non pas hors de foydaraifon de ce eft,que hors de foy, il n a aucune aftion » ny n’en pcnc auoir

3. Sçauoir-mon , fi l’Ange meut le Ciel ? ôcilfaut ref^

tto L!(LArthrefàe M. podre que non , par ce que l’il le mouuoit, lesacifs de fes corrélatifs feroient de- fous, &: les ables delTuSî^: aufli par fa forme ilnefe- roit pas mouuoir les clé¬ ments ny les clementés, mais par fa matière ce qui efl impofTible.

4. On demâde, fçauoir-mon fi leCiel avne ame motiueî &: il faut refpondre, que ouy ; car autrement ny la fenfitiue ny la vegetatiue n’auroient point dames motiues , ny les éléments n’auroient point demou- uement.

5. On demade par la premiè¬ re efpece de la réglé E, pourquoy eft le Ciel ? 6c il faut dire qu’il eft j d’autant

qu’il

Kaimond Lullel m qu’il efl compofé de fa matiè¬ re Se de fa forme. Par la deuxi¬ ème efpece de la réglé E , on demâde pourquoy elt leCiel? Se il faut dire , afin que les eftants inferieurs puillent a- iioir le mouuement : Se qu© ces chofes du Cielfuffilent à caufes de la briefiietc.

D^s Q^rjîious du qtdaîr terni fujeî^ qtit efi t homme, '

Chap. XXXVIIL

î. demande, fçauoir-

^^mon, fl l’homme peut auoirvne plus grande co- gnoiffance de Dieu en af¬ firmant qu’en, niant î Se il

%iz L' yért bref de M* faut tefpondre que ouy,en affirmât: car Dieu n elt pas par les chofeSjfans lefquel- les il elt , mais par les cho- fes,sâs lerquelles il ne peut eftre,

2. On demande pourquoy l’homme agit par fa forme fpecifiqueî va à la fécondé efpece de la réglé E , 6c là, lafolucion eft impliquée.

3. Sçâuoir-mon, fi l’homme en augmentant fon effen- ce, augmente fes aétes. Et il faut refpondre qu'aucun homme ne fe fait foy mefme.

4. On demàde quand l’hom¬ me déliré fe remémorer, 6c qu’il ne peut fe remémo¬ rer, lequel de ceux cy, luy manque le premier, ou la

Kaimond Luüe. 113 mémoire ou l’entende¬ ment i à quoy il faut dire, que c’eft la mémoire : car

elle rend plus toft i’erpece ancienne à rentendeinenc qu à la volonté.

5- On demande comment lame &c le corps compo- fent l’homme i Se il faut refpondre, qu’en rhomme la bonté du corps Se celle de l’ame compoient vne bonté,Se ainh des autres, d. On demande ce que c’efl: que la vie de l'homme ? à quoy il faut refpondre que ceft cefte forme, laquelle eft compofee de la vegeta- tiue, fenfitiuedmaginatiue &c raifonnable.

7. Ce que c’eft que la mort de l’homme î il faut refpon-

Ki;

2/^ L! An bref de Ml dre, que c eftladîlTolution de la puifïance elcmenta- tiucjvegetatiue, fenfitiue, imaginatiue, 5c ratiocina- tiue.

8. On demâde , fçauoir-mon, fi l’homme eil vifible, Sc il faut dire que non , car la veue ne peut voir que la couleur ôc la figure.

$. On demâde, fçauoir mon, fi dans riiomme l’enten- demet 5c la mémoire font mefmepuifiance: Ôc il faut refpondre que non , d’au¬ tant que fi elles eltoient mefme puifiance , l’enten¬ dement ne feroic pas fuc- ceflif en acquérant les ef- peces , ny ne les oubli - roit pas , ny mefme ne les ignoreroit pas. De plus,

Kaimond Luile, 275 par ce qu’il fcroir trop fort dans l’objc^l contre la liberté delà volonté. Et ces chofcs diètes de l’homme , fiiffileiu à caufe de la brieueté.

Des Q^fîions de lima- gindtiae.

Ch AP. XXXIX.

1. £^Cauoir-mon,(ll’imagi- ^natiue imagine ce qui eft imaginable à fa manié¬ ré, comme,lafenfitiuefen- fe ce qui eft fenfible.

X. On demande quelle eft la caufe pourquoy l’imagi- natiue abftraid lesefpeces des fens.

K iij

2. î 6 V Art hrefâe Ai,

3. On demande ce que c’eft querimaginatiiie ?

4. Sçauoir-mon (i l’imagina-

' tiue a des corrélatifs.

5. Scauoir-mon,firimagina- tiue f augmente en augmê- tant fon ade.

6. S cauoir-mon, fl l’imagina- tiueeft vne puifîimceplus haute que la fenfitiue?

7. Scauoir-monjfi l’imagina- tiue a l’inftinft &: l’appetic fpecifiez.

8. Par quel moyen lafenfiti- ue empefclie l’afle de l’ima ginatiue î

9- Pourquoy l’imaginatiue n’eft pas autant puifTante es chofes fenfibles ou fen- fees , comme la fenfitiuc? va au fujet de l’imagina- tiue.

Kdimond hutte. 117 îo. On demâde,fcauoii'-mon li la feufitiue fenfe Timagi- natiue : &c il faut refpondre que les puiÆinces inferieu¬ res n’agiffent pas fur les fu- perieures*

De USenfîtiue,

C H A P. XL.

I. demande qu’elle de

fes puiflances fenfe d’auantage la faim , & la foif, ou le gouit, ou le tad: &: il faut refpôdre^que c’cft celle qui difpofe d auanta- ge l'objet.

z.Sçauoi-monjfi le gouft fen¬ fe ainli la faim &: la foifi auecrinftina & lappetit, comme la veuë , le coloté

K iiij

2I8 L' Art bref de M. auec la couleur : va à la deuxieme efpecede la re- gleE.

3. On demande , dequoy la fenfîtiue fenfe, ce qui cft fenfé : il faut refpondre, que chafque fens particu¬ lier fenfe Ton objeâ fenfi- ble par la forme fpecifique, corne le fujetcoloré,eflant fous le criftalje colore.

4.Sçauoir-monrila feniitiue a vne quantité ponduelle &c lineale ? &: il faut refpô- dre que lafenfitiue atteint aufTivifle, l’objeft de loin que de près,

5.Sçauoir-mon,fi la fenfîtiue, comme elle ale fens com¬ mun , ainfi elle a Ij puiflaji- ce commune, finflinét, &: lappetic.

Kaimond Lîdle, 2.19

(3. On demande, ce que ç’ell que la fenütiue ?

7. Lafenritiue, auecquieft- elle particulière ôc com¬ mune ?

8. La fenikiue,dequoy vit-eL le,ôc eft nourrie, fçauoir- mon, d la fenfidue eft fen- fée,va au ftijed de la fend- tiue.

DeldUegetattue.

Chap. XLI.

i-’Ç;Cauoir-mon,dlavege- tatiue agift par fon efpe.^ ce.

2. Sçaiioir-mon, d lavcgcta- tiuea quelque c-hofe, àrai^ fon dcquoy,clle Toit com¬ mune 8c particuliete,com-

K V

220 L! An h refde M,

me lafenfitiue.

3. Sçauoii'-mon , fl la quantité de la vcgctatiue eft pon- 61'uelle, ou lincale.

q. On demande 5 ce que c’efl que la vegeratiue.- ^^

<• Et ce qu’elle a en elle par la fcc on de elpece de la re- gie D.

6. On demande, dequoy el¬ le vit , elle eft nourrie, & elle croidjôcen queilujeél elle ell plantée.

7. Ce que c’eft que la mort de la yegeratiue: va au fujet de la vegetatiue, auquel les folutions des queftions fufdites , font impliquées.

K^imondhulle. ztz

Des Qmflions du huitiè¬ me Sujet .(jui efl l élé¬ ment atiue.

Chap. XLII.

O""

^Veft-ce que l’ele- ^Tienratiue?

Sçauoiu-mon , ü l’elc- nientatiue a plufieurs ef- peces, comme lafenlitiue.

3. Sçaiioir-mon >fi leleraen- tatiueafes corrélatifs.

4.Sçauoir-monj fila flamme de la chandelle ele mente la mefche delà lampe en elle merme, quand elle l’a¬ lu me.

5. Sçauoir-mon ? fl la flamme K vi

221 Ü An hrej^ de M.

delà chadelle allume ain- fl la mefcheauec l’air jcom- me la vcue fenfejOu donne lefensàla chofe colorée aucc la lumière. .

d.Sçauoir-monjfi l’elementa-* tiue ell: la caufe fpecialede la î o n gu eu r , largeur , P ro- fondeur , plénitude.,

7.Sçauoir-mon fi relementa«. tiuceft: 1 efpece commune des cléments.

Sÿauoir-monjfi l’elementaci- Lic 5 peut eflre en vn fujet, les elemens en eflant eflof gnés.

S. Sçauoir-mon 5 fi l’elemen-

tatiue efl: la fontaine des points , des lignes, SC des figures.

J . S çauoir-mon,fi l’elemenca- tiue ff meut ainfî naturel-

Kaimond LuUe^ 115 lement auec fon iriftind, appétit , legereté , pefan- teur3chaleur,&: autres , de mefme, comme rhommcj artificiellement fe meut foy mefme, auec fes pieds.

10. Sçauoir-mon,firelemen- tatiue peut auoir vne na¬ ture fans corrélatifs fub- ftantielz.

11. Sçauoir-mon, fi les clé¬ ments font actuellement dans les elementés.

îi.Scauoir-mon, fil’elemen- tatiue à vne quantité con¬ tinué par tout les lieux fous le globe lunaire.

13. Sçauoir-mon,f’ily adeux chaleurs, Se deux fecheref- fes : &: deux blancheurs 6C autres ^ de mefme forte. Solution: va au fujetde le-

Z14 Hd^rîhrefdet^. lementatiue , & tire de , les folutions auec rentendemct bien conditionné , &: rendu artificiel par cétArc. î4.Sçauoir-mon , fiilya vn cin(^uiéme element ; & il faut refpondre, que non*, car il fuffit de quatre com- plexions , aux chofes ele- mentces.

Des êlÿejîions du neufiè- me 0* dernier fujeéî^^qui ejl llnjîrumentaîiue.

Chap. XLIII.

deuant nous auons fait défia des Queftions de 1 inflrumenta'iité Natiireîle> & ic^ nous voulons faire de

Kdîmonâ huile,

la Morale.

I. On demande j ce que c’eft que la Morale?

Z . O n dem âde , ce que e’cfl que la luftice, la prudence, &c. On demande aufTi, ce que c’eft que lauarice, la gour- mandifeaScc.va au neufief- me fuje£tde l’Inftrumen- tatiue, &: fait félon qu’il eft lignifié, par ceTraidé.

3. On demande encore, fça- uoir-mon , li la iuftice ell bonne : ôe il faut refpon- dre qa’oüy ; parce que , li cela n’eftoit pas, pour lors l’iniullice , ne feroic pas mauuaife.

4. En oultre,on demade, fça- uoir-mon, li la iuftice a des corrélatifs : 6c il faut di¬ re , oüy : par ce que ft cela

n’eftoitpas, elle n’é pour- roit eftre habitiiée,&: n’au- roit pas quelques chofes, dâs klquelles elle fuft fou- îienuë Sc fituéc : ôc corne il eft dit de ceuxicy ; de mef- xne,orrpeut fairci des quê¬ tions de la luftice, par tous fes principes Sc Tes re- glesj&: comme il et dit de laluftice, de mefme,on peut dire des autres habi¬ tudes vertLieufes.

Sçauoir-moîi 3 fi les vices font des principes fimple- inet priuatifsî&: il faut ref- pondre, qu’oüy-3 car ils n’ont aucune conuenance auecles vertus. Etés ver¬ tus, lagent ôc J’agible Sc l^urs inftruments , ont cnfcmblc vne concor-

K^imond

dance dans le fujet ver¬ tueux. Et ces chofes fuf- firent de la Morale, à caufe delabrieueté: principale¬ ment, parce ce que dans le grand Art , nous en trai- £tons plus amplement.

Des enflions des cent Formes,

Ch AP. XLIV.

LEs Q^ftions des cent Formes , fe peuuent fai¬ re, en autât de façôs,que cha¬ que forme eft differente en neuf fujets : comme l’entité j gtc. qui eft vne forme en Dieu, vne autre en l’Ange, ^ vne autre dans le ciel, Sec. cô-

ziS L*yérthrefde}A» me , quand on demande, fça- uoir-mon,fi l’Entité de Dieu, eft principe à toutes les au¬ tres cnticeZi il faut refpo- dre qu’oüy;parce que fa bon¬ elt le principe à toutes les autres bontez; ôcfa grandeur à toutes les autres grand eurs & fon Eternité , à toutes les durées cela ne peut cftre dit de la bonté de l’Ange, Sc du Ciel, &c. &pource la for¬ me , félon qu elle efl diuerfe des autres, elle peut eftredif- couriié auec fes principes Sc fes réglés.

On demande fçauoir-mon, /ireftant&: l’eftre feconuer- tilTent : & il faut refpoudre, qu’ils fe côuertiflent en Dieu, en Dieu, il n’y a rien de fiipe- rieur n y d’inferieursmais das

Kaimond Luite, i z 9 l’Ange &: le Ciel,&:c.ils ne fe conuertiirentpas : parce que l’eftreen eux,eft par l’efTence, 3c non au rebours j c eft pour- quoy en tels fujefts , l’effen- cceftau delTus, ôc Teflre au delTous .

Les qwedions fe peuiient feparément faire^par vne ma¬ niéré de Tvnité de Dieu-, par vne autre 5 de l’vnité de l'An¬ ge, par vne autre, de Tvnité du Ciel, &c. comme , quand on demande fqamoir-mon. f’il conuient à IVnité deDieui d Vnirrinfiny,&: il fautrefpô- dre qu oüyjcar fans l’vnir in- finy , fon vnité ne poiirroit eftre infinie : parce que fa puilfance feroit finie 3c liée, & feroit oyfeufe dans l’Eter- nicc j 5c ©n pourra ainfi dire.

^30 Ü^rt bref de M. de la diuine bonté ^ gran¬ deur , ôc ce qui eft inipofii- ble."

Et fi on demande de l’vnité de l’Ange, fçauair-mon , f’il îuy appartient d’vnir i ilfairt refpondre , félon les condi¬ tions de fon vnicé : c’efl: afla- uoir, qu’vn Ange auec vn autre, vnit vn parler mo¬ ralement objediuement vn aymer,vn entendre, vn hom- mifiei* , ie ne dis pas quVn Ange vnifie l’autre Ange:par ce qu’il ne peut , comme il efl défia dit : n y aiifîi vn ciel ne peut pasvnirvn autre ciel: mais effeéliuement , IVnité du ciel 5 caufeles vnitez infe¬ rieures : mais de l’vnité de l’homme, il n’en efi: pas ainfi, car vn homme peut vnir l’au .

Kaimond Lfille, 131 trejcni’engendi'anc : Sc ainfi des autres en leurs maniérés.

On demande fçauoir-mon, fl en Dieu , il y a pluralité ? &: ilfautrefpondrjqu’oüyià lef- gardde fcs corrélatifs ligni¬ fiez par la fécondé efpecede la réglé C, lans lefquels , il ne peutiiuoir en foyvne infinie 3c eternelle operation en bo¬ nifiant, magnifiant, 3c eterni- fiant , 3cc. 3c ainfi fa puifTan- ce feroit liée 3C oifeufe» ce qui eft impofîible : Et de la pluralité de l’Ange, il n’en eft pas ainfi : car l’Ange eft com- pofëdefes atifs,&t ables, au refpeét de la fimplicité diui- ne, 3c femblablemeni le Ciel eft plus compofé que les Anges , 3c l’homme que le Ciel.

1^1 V Ârt bref de Ad, On demande, fçauoir-mon fl la nature ell en Dieu , &; il faut rt îpondre que ouy , afin qu liaye vn ïamenteuoir, en- tendie, &: ay mer, naturels, èc aufTi vne boni-. natLitelle,vne grandeur > Sec. 6e afin que ces raifons luy fonnt naturelles pour produire vn bitninfîny &: eternel, comme il luy con- uienc de nature : Et delà na¬ ture Angélique il n’en efl pas ainfi , car elle elt finie &: nou- uelle. Toutesfois il luycon- nient de nature, par ce qu’elle a des efpeces nées en-'elle&: naturelles, auec lef'quelles elle objede objediuement ôc na¬ turellement : & ainfi on peut parler de la nature du Ciel fé¬ lon fa façon, 6c félon fes prin¬ cipes 6c fes réglés fpecifiées

Raymond Lulle . 131 & naturelles , auec lefquelle- il agit fpecifiquement &: na turellement.

Et on peut ainfidire , de la nature des autres fujets ea leurs maniérés : l’Artifte peut Elire des quedions des cent Formes , par les chofes qui font dites cy delTus , &cles refoudre 5 félon que les que- fiions font traiâces &c de- duiftesdiuerfement , par les neuf fujets differents entre eux , en conferuant à chaque forme fa définition, que nous auon ^aidc c-ydeuant.

Et en ce cas l’entendemét cognoifl, par quel moyen il cft grandement general,pour faire plufieurs queftions , de les refoudre par le moy en qui eft dans l’euacuation de la

25 4 L* Jrt bref de M, troifiéine figure , &: dans la multiplication de la quatriè¬ me figure. Et c eflpourquoy qui pourroitnôbrcr les que- fîions &: les folutions qui peü uent cltre faiètes : &: que ces chofes fuffifentdes queftions des cent formes à caufe delà brieuete.

De U deuxieme partie, qui efl de l' habituation.

Ch AP. XLV,

Elle partie efb de l’habî- ^ tuation de cet Art, &: elle eft diuifee en trois parties, La première defquelles efb, des treize parties , efquelies cet Art

/

Kaimond LuIIe. 135 Art eft diiiifé, èc l’Artiftc de cét Art les doit habituer, afin qu’il fçache appliquer la queftion au lieii,ou lieux dif- pofé ou difpofez félon la pro¬ portion de la matière de la queltion. La fécondé partie eft» qu’il habitue la maniere8c la fuitte du texte de cét Art, tenant la façon du texte pour prouuer Sc refbudre les que- ftions eftrangeres , par le moyen , par lequel elles font expliquées dans le texte^com me en vn exemple, par lequel l’autre eft exemplifié Sc décla¬ ré. La troifiéme partie eft, qu’il ayent le moyen de mul¬ tiplier les queftiorrs ôc les (blutions pour vne méfme conclufion : comme il eft li¬ gnifié par la troifiéme 6c qua-

'érthrefâe M. triéme figure , parla table; &: ces choies fuffifent de l’ha- biciiacion à caufe de la brie- ueté.

De la trei'^éme partie^ qui ejl du moyen d^njeigner cèt An,

Chap. XLVI.

/^EUe partie efidiuifée en quatre parties ;

La première eft , que l’arti- ile fçaehe bien l’alphabet par cœur, les figures , les de/Hni- lions , les réglés , 8c la fuua- ïiondelatable.

La fécondé partie eft, qu déclaré bien le texte à fes Ef- 'cqliers raifennablement, 8c .

Kaimond LuHe. '237 qu’il ne fe lie point auec les authoritez d’autruy , 8c que les Efcolicrs life entièrement le texte, 8c f’ils ont quelque doute qu’il demande à l’arci- fie ou au maiftre.-

La tro ifié me partie efl, que le maiftre ou l’artifte faire des queftions dcuat fes efcoliers, 8c qu’il les refoluè'raifonna- blement fuiuànt le procédé de l’Art: Car l’artifte ne peut bien fe feruir de cét Art fans raifon d’où il eft àfçauoir,qne cét Art à trois amis ; c’eft à fçauoir,lafubdliré de fenten- dementjla raifon, & la bonne intention , fans lefqu elles trois chofes, perfonnes ne peut aprendre cét Art.

La quatrième partie eft, ' l’artiftefalfe à fes efcolie'S des

8 Ü Art bref de A/fl quellions pour les faire ref^ pondre fur icelles , Se qu’ü leur die qu ils multiplient les raifons tendantes à vne mef- meconclufion: &: qu’il troii- uenc des lieux J par le moyen defquels ils.fçachent refpon- dre &: multiplier les raifons, Qnefi les elcoliers ne fça- uent refpondre,ny multiplier les raifons , ny trouuer les lieux, qu à lors leur mailtrc leur enfeigne les ehofes fuf=^ dites.

U fin du Liurel

tA ïhonnenr eÿ louAYti^ de Dieu , çÿ* pour l'vtù ^^^pMiquCy Raymond a Apfi imj

Raimond Luile £5 p Adonajiere de S. Domini^ que mois dejanuter^tm de l tm ^rnation de noflre Sei^neu* h [us Chrifl- mil trois cem fept^ /duquel [oit tendu louante ^ honneur f ar tous tes [tscles des fiecles^ Atnfi foit’^iL

TRAIGTE'

DE Me RAIMOND

L V L L E.

Delà Recherche du Moyen entre le SujetSc le Prédicat.

Du moyen naturel etj LogicaL

O'^s nouspro- ' pofons de recer- cher le moyen qui eft entre le fuj et Scie prédi¬ cat en deux façons: En la pre¬ mière : le Moyé naturelj&: en a

2, TraiSîé de la fecôde, le moy e Logical,5c nous fliifons cecy en intétion de cognoiftrele vray moyen reel&: naturel, S^parconfe- quent le Syllogirme-necelTai' re , aufTi en intention de cognoiftre le Syllogyfme Dialedicien ou Logical , Sc intentionnel par le moyen probable 64 opinatif ?

Pour rechercher le moyen Naturel , nous faifons qua¬ torze Syllogyfmes. Le pre¬ mier fe fait ainfi, quand Ton fuppofe que ABC, foient la fubtlance denuée de tout accident , apres que l’on fafTe le Syllogifme de la forte; tout B, elt A , tout C , eft B , donc tout C eft A ; ce Syllo- gifmc eft demonftratif, vray, Scneceffaire, ôcquine peut

Raimond LuÜe, ^ cftreimpLigné.&laraifon de cecy eit , parce qu’il y a vn moyen rublianriel5reelj&: na¬ turel : n’y a aucun accident qui y puifle contredire, parce que ABC, font eÜoignez de tous accidents.

Le deuxiefme Syllogirmefe fait ^niijtout animal efl fiib- ftance, tout home efl: animal, doc tout home efl fubftance. Ce Syllogifme ne femble pas eflre neceflaire, parce que le moyen n’eft pas fiinplement naturel,lafubltanceeH:ant au defTus, 6c l’animal au defTous, 6c l’animal au defTus , 6c Thô- me au defTous , 6c partant il faut ofler ôcenleuerce , par- quoy lafubftance efl: au deT~ Tus , 6c eüeuer ce , parquoy l’animal 6c l’homme font au a ij

^ TrtxiÛéâeMn defTous , afin que les termes foient égaux : Le fyllogifmc cfi: rendu nccelTaire , &c ce, en cette forte , tout animal rai-

fonnablç eft vue fubftance raifonnable: or eft-il que tout homme eft vn animal raifon¬ nable, donc tout homme eft vne fûbftance raifonnable , ^ parainfi ce fyllogifme eftré- du neceftaire par légalité des termes, par ce que, par ce-la, le moyen eft naturel.

Le troifiefme fyllogifmq £e fait ainfi,fuppofé que touf ç bonté fubftantielle , fojrt la raifon au bon , à ce qu U pro- duifelebonoulebien , fub- ftantiel, &: fuppofé quelebô &: la bonté fubftâtielle,foient le mefme,le bon eft neceftité depcoduirelebon ou le bien

Kdimond LuUe. / fubftantiel , partant, jefyllo- gife de la forte ; toute bon¬ fubftantielle eft la raifon au bon de produire le bon ou le bienfubftantieb mais A , eft la bonté fubftantielle, donc A,produidlebon ou le bien fubftantiel , &: par ainfi le fy.llogifmeeftneceffaire: par ce que le moyen eft fobftan- tiel , dans lequel le fujet &.le prédicat fe conuertiftent ef^ îenticllement.

Le quatrième fe faid ainfîj toute bonté infinie,eft la rai¬ fon au bien infiny,de produi¬ re le bien in fin y : mais A , eft la bôté mfinie,donc A , eft la raifon au bié infiny , à ce qu il produife le bien infiny , & par ce que le bien infiny, eft le moyen , le lillogifme eft du a iij

6 T raiêîè de Mr

necelTciirc, à mifon dequoy il efl demon(lratif,&: reel.

Le cinquième eit têhtoute bonté iniinie,8c eterncile,eil la raifon au bo infiny, &c eter* ncljà ce qu'il produife le bien infinyj&eterneLmais A , eft tel , donc A , produit le bien infiny &c eternel , il ne faut pas prouuer la maieure, ny la mineure, par ce qu’il f’enfuit necefiairement ; par¬ tant le moyen efi: trouué.

Le fixiefme eft tel , toute puifiance infinie, à Fade infi¬ ny ; mais A, eft tel, donc A, a i’aéte infiny.

Le feptiefnie eft tel , tout entendement , qui eft le meL me par efience,auec fa puif- fance, peut exifter 3c agir: mais A, eft tel, donc ôcc.d’où

Kaimond Luiie. 7 f’enfuic le moyen nacurehrai- fonnablcS^ jreel , entre l’agct, Tagiblej^: l’agir , &c par con- feqiientjla dillin6lion, autre¬ ment l’agent, fe feroit foy mefnie : de ainü de ragible,8i deragir,&: l’entendement ne pourroit entendre ce qui elfc intelligible, de par ce que tou¬ tes ces chofes font impofTi- blés , par telle impofllbilité, nous trouuons le moyen que nous cherchons.

Lehuidiémeferatel, fup- pôle que l’entendement de la volonté foit la mefme chofe par elTencCjdelà , j’argumête ainfi : dans toute elTence dans laquelle l’entendement, &: la volonté, font le mefme, il efl neceffaire que l’intelligible,&: le yoliblç, foient le mefme? d^ a iiij

s TratcîéâeM, àu/Ti Tencendre Sc le vouloir ^ mais dans A , ils font la mef- me chofe, donc 6^c. ôc ainli on trouuele moyen que nous cherchons.

Des (îx efpeces du moyen^ [ujdit.

DV fyllogifme, dans le¬ quel tous les termes sot fubftantieîs. Premièrement, en celle forte, toute P uilTance infinie , eternelle.peut exi- fler &: agir infiniment,5ceter- nellement, mais A, efi: tel, donc , ôcc. ce fyllogifme effc neceffaire, par ce que tous ces termes font fubftantiels , &: ne multiplient pas plufieurs elTences ,d f’enfuit La ren¬ contre du moyen que nous cherchcais.

Kdimond LuÏÏe. 9

Le fécond, eft tel : Aucu« cune couleur n’eft quantité^ la rougeur eft couleur, donc la rougeur n*eft pas quantité. Ce ryllogifme n’eft pas ne- celTaire, parce que l’accident n’eft pas necelTairc par foy : mais par la ftibftancc , Se par¬ tant on ne trouuue pas par hiy vn moyen naturel, com¬ me nous le cherchons , mais intentionnel.

Le troifiéme eft, quand les premifes font fubftantielîes, &le moyen accidentel, 8c ce, en cette forte -, tout Muficien eft homme , tout Muficien eft animal, donc quelque ani¬ mal eft homme: le fyllogifmc' n eft pas necefraite,par ce que le moyen ne participe pas auec les extrêmes,, en v-ne na-

ja T oaifle de M

cure fubflantielle ; Sc par ainfi par luy on ne trouue pas vn moyen fubftantiel.

Le quacriéme eft, quand tespremil'es font accidentai- res , 8c ie moyen fubftantiel, Sc ce ,en cette forte; aucun corbeau n’eft blanc, quelque noir ed corbeau, donc quel¬ que noir n’eftpas blanc : ce fyllogifme n ’eîtpas necelTai- re, par ce que le moyen eft compofé de fubftance 8c d’ac¬ cident , àraifon de la partici¬ pation despremifes.

Le cinquième eft , quand la maj eur e efl fubftan tielie,ôc Jemoyen,5cla mineure,acci- 4|?ntaires, 6c ce , en cette for¬ te, tout Muficien eft hom- tne, tout Muficien eftfçauât, «ionc quelque fçauant eft

KamonâLulle. ii homme : ce ryllogifme n efl pasneceffaire, par ce que le fujet ôc le prédicat partici¬ pent par diuerfes natures.

Le fixiéme eft, quand la maieure eftaccidentaire, Sc le nioyenjôcla mineure fubiUn tielle , 8c cejcn cctce forte*, quelque homme eft blanc, tout homme eft animahdonc quelque animal eft blanc : ce fyllogifme n’eftpas démon- ftratif,par ce que le fujet 6c le prédicat clochent par priori¬ té, 6c pofteriorité.

De la recherche du }Aoyen intentionnel.

Le premier fyllogifme eft tel i La bonté eft Teftanc àraifon duquel le bon fait le bon, mais maintenat fuppofé

Si Traite de M, que A, foit la bonté: donc feralaraifonpoutquoy le fait le bon : ce fyllogirme cft dialeéliqueouprobatif, & la raifon de cecy eft, par ce que fon moyen eft indéterminé : d autant que quelque bon fait le bon de fon effence,- comme l’agent naturel qui fait fe bien de fa bonté, côme leperefonfils, &; le grain de froment refpy5&: vn autre qui fait le bien , mak nonpaj de fon effence, côme lartifan qui fait vn coffre de bois.

Le fécond fyllogifme eff tel, La grandeur eft bonne, 8c partant iargumente ainfî, toute grandeur bonne eff la raifon au grâd , à ce qu’il faffe le grand bien, mais A, eff tel, donc il fait le grand bien i ce ffllogifme eff dialedique ôc

Kaimond huile, pro,bable,mais non pas necef- faire : la raifon de cecy eft,par ce que la feule bonté lubâan- tielle eft la raifon au bon, à ce qu’il produife le bien , mais non pas la bontéaccidentai- re, parce quelle eft par acci¬ dent , de laquelle bonté la grandeur ell habituée par ac¬ cident. Or l’habitude ne pro¬ duit pas, mais l’habitué auec l’habitude produit, comme la blancheur qui ne blanchie pas , mais le blanc blanchit par la blancheur.

Le troifiefme fyllogifme eft tel, la durée par lapuilTance peut exifterSe agir ,1a puiffan- cepar la durée peut durer, &: partant j’argumente ainfi. Toute durée peut exifter &: agir par la puilTance : mais A eftvne durée, donc A, peut

Î4 Traite de M.

exifter Sc agir. Ce fyllogifme n’efl pas demonüratif , par¬ ce qu il eft compolé de fub- ftance ôc d’accident : laraifon de cecy eftjen ce que la durée par foy^ne peut exifterny par confequent agir j il ell donc manifcfle que ce fillogifme efl dialediquejdans lequel y a vn moyen intentionel.

Le quatrième lillogifme efl, de celle forte , fuppofe que l’entendement 8c la volonté ne fofent pas mefme cliofe par cfsccedaquelle faculté efl vraye dans les chofes créées j 8c à lors j’agnméte ainli, tout ce qui ellaymé , eft aymépar la volonré , Sc tout ce qui efl entendu, eft entendu par l’en- tendementunais A, eflaymé ^ entendu, donc Ajcfl aymé

Kaimonâ Lulle, ij par la volonté , &c entendu pat rentcndement , ce Tyl- logifme ell probatif, mais non pas demonflratif &c ne- celTaire, la raifon de cecy ell; parce que,lavolontén’ell pas neceiïitée d’aymer l’en- tendemét 5 n’y l’entêdement d’entcdre lavolôté, parce que chacunejdeces puifsaces eltli. bre quât à fa naturejSe aauoir fon propre appétit à fa propre fin 5 c’eft à dire à fon propre objeét, comme la volonté à vouloir , 6e l’entendement à entendre : Toutesfois fi ces efTences eftoient vne mefmc elTence, ôenonpluficurs, la Yolôtéferoit neceflltée d ay- mer l’entendement 3 6^ l’en- tendement d’entendre lavo- lonté36e ainfi le fyllogifme %

Traiflê de M, roit demonftratif.

Ilnefautpas repererles fix efpeces fufditcs de moyen pour rechercher le moyen intentioneij parce que nous en fommes délia informez, par ce qui aellé dit dans le mefme chapitre touchant la •recherche du moyen qui eft entre le fujet &c le prédicat , par ce que l’entendement lo- gical n.'.turel efl fort haut releué pour trouuer des moyens naturels èc inten- tionels , ôc leurs différences: &;fe peut garentir des fallaces Se des fophifmes.

Cyfint(lâufc la grâce de 'Diet^ k TraiHé de la recherche dfc moyen.

Traiflé

//

\îf

TRÂICTE'

D E M'^ RAIMOND

L V L LE.

De la Conuerfton du fujei ^ du prédicat par le Moyen*

Dieu auec ta fouliez raine fapien ce, cha¬ rité 6c vertu , icy cômen ce le T raidé de laConuerüon du fujec 6c du prédicat par le moyen.

D’autant que les opinions croifTènt , par lerquelles Ten- téndement eft omifqué , 6c mis fouucntçfois çn erreur, b-

i8 Tratfie de M. de les demonftrations fe fe- menc rarement dans les dif- putes ôe dans les liures, ce qui fait quafi périr la fciêce i C’eft pourquoy nous auons inten- tion d’enfeigner en ce liure, comment nous pourrons nous habituer de demonftra- tions, &c par confequent la vraye fcien ce , reprendra fa vigueur , & les opinions cef- feront.

Le fujet de ce liure, eft le moyen > par lequel nous re¬ cherchons, la conuerhon du prédicat ôc du fujet.

Ce liure fe diuife en dix diftin61:ions qui font telles : l’ordonnance. Dieu , l’Ange, le Ciel, l’homme, l’imagina- tiue , la fenhriue , la vegetari- ue, lelementatlue, 6c i’infïru

V^dumnaLtillc, 19 mcntatiue. La raifon pour laquelle nous diuifons en dix diitindLions ell, parce que rentendemenc difcourt en quatre façons, à fçauoirjpar la prédication, par la cpnucr- lion , par l’opinion , & par la demonftration , 6c partant, nous dircourerô.s ces quatre, par ces dix diftindlions.

De U J^remiere DiJIinflion.

C'^Ette diftindion eft l’or- donnance &c le préambu¬ le des autres diftindio ris, afin que par fon moyen on co- gnoilfeles maiorités. Or il y a le moyen du tout general qui eft la fource de tous les moyens qui font entre le fu* b ïj

zo Traiéîè de M, jet 6^ le prédicat : comme par exemplejquandle terme tout vniLieiTeirereiTeiTe au terme quin’eftpas tout particulier, comme, quandla bonté toute generale eil: relTerree à la grandeur, 8C à lors on dit la bonté grande, laquelle bonté grande n’eft pas du tout ge¬ nerale, ny du tout particu¬ lière: mais quâd onia reflerrc Sc que Tondit, la bonté de Pierre eft grade , elle eft pour lors du tout rpeciale : ôc par¬ tant la bonté grande eft le moyen qui eft entre ce qui eft tout general , 6c ce qui eft tout particulier: Tel moyen, requiert trois efpeces, quand par iceliiy ,ie fujet 6c le prédi¬ cat fe côuertiftent , à fçauoir, le moyen de meftire > le

. Kdimond Lufle» ii moyen de conion6lion, Se le moyen d extrémités .. Le moyendemcrureeft, quand ilexifteégallement entre les extrémités, comme l’enten¬ dre natLirel,qui eft également entre l’intelligent 6<r l’intelli¬ gible : de tel moyen naift h relation Se la côuerfion entre le fujet Se le prédicat : Le moyen de conionélion,eil la caufepourquoy les extrémi¬ tés font coniointes Se f’enfuit vnion. Le moyen d’extre- mités eft à l’efgard du fujet côtinu, comme la ligne entre deux points. Or il y a plu- Leurs Se diuerfes énoncia¬ tions, comme par exemple,la bonté eft grandeur , Se la grandeur eft bonté.

Or vne autre efpece d’e- b iij

2 2, Traite de ^4.

nonciation efl, quand lefujet le prédicat ne fe conucrtif- fent pas , comme quand on dit , tout homme eft animal, cela ne fe conuertit pas : Par¬ la première énonciation on cognoift le moyen duquel naift le fyllogifme demon- flratif, par la fécondé, vient le fyllogifme opinatif, &; l'opi¬ nion vient aulTi de cette énô- ciation , la bonté eft grande, la grandeur elt bonne, parce que le moyen efl vn accident copulatif, &: empefche que le fujec Sc le predicac ne fe con- uertilTent.

Il faut apprendre que l’en¬ tendement eft difcurfif &: ca¬ pable de difcourir : lors qu’il recourt à fa nature &: à fa fa¬ çon d’entendre , en recher-

Kaimond LuHe, 13

chant le moyen entre le fujet SC le prédicat : Sc s’il troinie le moyen fubftantiel 5 entre le fujet de le prédicat , il co- gnoiftquela domonilratîbn fe fait de tel moyen A alnfi il ne fe fera point de fyllogifme opinatif.

En outre , fi l’entende¬ ment difeourt parles opinios de par l’entendement des Philofophes , &c qu’il ne recourre pas à fa nature , &r à fafaçô d’entendrejà lors ileft dans la creance Sc dans l’opi¬ nion , SC habitué de contin- géee. Que s’il a fon recours à fon entédre natureljôe pas à ce que les autres ont ditj&i à la congnoilfance de la nature du moien , entre le fujet Sc le prédicat : il eft pour lors

2-4 Traite de y[, aiïertif , &: cette réglé eft in- fâillible,&: par ellejfentende- ment chalTc les fophiftica- tions5&: rentendement Lo- gical, ne peut fubfifter de- uant luy.

Le ryllogirme demonftra- tif , requiert des principes vrais & necefTaireSj^ primi¬ tifs, que nous recherchôsauec la côuerlîon des fujets ôcdes prédicats : &: auec le moyen entr’ciix; &: les autres fyllo- gifmes, dans lefquels les ter¬ mes ne font pas conuerti- bles, nous les appellerons o- pinatifs.

K^imond LuIIe, 25

De la fécondé

qui eft de Dieu,

Etre diilindion eft diui-

V^fée en cinq predicatiôs, & premièrement:, de la pre- 'miere ; je fuppofe que Dieu foit vne bonté tres-intelli- gente, vne volonté tres-vou- lante, vne vertu tres-vettueu- fe , vne vérité tres-vraye , &: vne gloire très glorieufe, vneperfeélion tres-parfaite, vne ûmplieité trel-iimple, vne infinité très -infinie.

Et fl la prédication eft fauf- fe : il s’enfuit neceftauxment que l’entendement humain a fa ver tu plus haute releuee enfe reprefentant Dieu^Sc fes

b y

TraiSié'de M. raifons , par forme d’objet, que Dieu &: fes raifons mef- meSjne fontjCe quieft impof- lible , parce que lentende- ment ne leroic pas li grand, de la part delà première cain femefine,ej[lant plus haut ob- jc£tiuemenc. La première prédication eft donc vraye 8c necelLrire , parce qu’elle efl: compofee de principes pri¬ mitifs ,vray s ôc neceffaires : partant j’argumente ainfi , tout ce quieltDieu,eftlabô- tétres-bonne, mais lagraa- deur tres-grande eft Dieu: donc la grandeur tres -g^ran- de eft la bonté ires- bonne : Ce fyllogifme eft demonftra- tif, parce qu’il eft de principes premiers , vrays 8c necelfai- res : 8c comme on adonné exemple de la bonté 8c de la

Kaimond Lutte. 17' grandeur , en faifant la de- nionfbation, de meffnejpeut on donner exemple , dans les au très raifons : mais nous les obmettons par brieueté.

On aprouué que la bonté tres-bonne , eft la grandeur tres-grande, &; l’opcimité&: la maximité, ne fe peuuenc conuertir fans moyen,quiefl le pur afte, à fçauoir,le fnper- latif , bonmfier, 6^ le fuperla- tif magnifier , loprimer & le maximer , anec lefquels , les raifons font au degré fuper- latif, ayâs la nature eOoignée de toute oybueté : Or tel moyen ne peut' eftre fan s- ex¬ trémité ( ainli parleray-je) eftant fade pur,lefquelles ex¬ trémités nous appelions ma- ximant •&: ma>:imé. -Or le b Vf

2.8 TraiSîèdeM^ moyen de coniondioncon- ioint,que Toptimant maxi- mât engendre le fuppoftop- timé &c maximé , autre fup- pofti de par ainfirefulte la re¬ lation , & par confequent la dillindion des trois fup- pofts. Or le moyêd extrémi¬ tés (ainfi parleray-je) p.ofc que tous les trois fuppofts di- uins demeurans en leurs nô- bre fontvneelTence indiuifei Ce qui eflant ainlijOn a mon¬ tré comment rentendement humain. peut auoir cognoif- fance de la diuine Trinité.

La fccande prédication elî: telle , Dieu efl; l’infinicé tres4 infinie, l’infinité très -infinie efl Dieu ; dans cette prédica¬ tion , les termes font conuer- tibles de égalés ^ 3c ce ^ fim-

KaimonJ Luile, plement: partant on argumê- te ainü.Tout eftant infiny eft Dieu, la Trinité eft l’eftant infiny, donc la Trinité eft Dieu : ce f'yllogirme eft de- monftratif , parce qu’il eft de principes primitifs, vrais ôc necelfaires : &: par ce que l’E- térnité& l’infinitéTeconuer- tiftent auec Dieu , l’optimité, ôc la maximité, il t’enfuit ne- celTairement , que dans ce fyllogifme, le moyen y eft de la mefme façon i que dans îepremier,&:par confequent, que latres-fainéteTrinité eft. Dieu eft bonde bon eftDieu, dans cette prédication , ces termes ne font pas conuerti- bles, y ayans d’autres eftants, qui font chpfes bonnes, comme l’Ange, le Ciel j ôcc^

Traite de Ad. de partant de celajne fe fait point de fyllogifme demon^ flratif, parce que le moyen de mefure manque.

Dieu eft le Créateur : le créateur eitDieu j delà,on ar¬ gumente ainli, toute infinité tres-infinie, eft le Créateur: Dieu eft l’infinité tres-infi¬ nie, donc Dieu eft le Créa¬ teur. Le moyen eft, dans ce fyllogifme, comme au pre¬ mier, de au fécond ; comme il eft manifefté, parce que dâs la création : il faut qu’il y ait ' le créant, lecreable, &le. créée, parce que le créer n’e- galcpas,la triniré ^lachofe veuè , & le moyen de con¬ jonction, ne les conjoinCt pas en effence , de ainfi du inoïen d’extremités»

B^aimond 'Lulle, 31 Diea efl la trcs-bonnè cau- fe , la tres-bonne caufe eft Dieu : Sc partant j’argumen¬ te ainlij tout ce qui eil: la tres- bonne caufe , eft la tres-gran- de caufe:mais Dieu eft la tres- bonne caufe 5 donc Dieu eft la très grande caufe j or Dieu ne peuteftre la très -grande caufe, fans le très-grand ef- fed que nous appelions Chrift , parce qu’ils font rela¬ tifs. Or le moyen de conuer- fton nepeut conuertir la cau¬ fe &c l’efted, & ainft du moye d’extremitez , parlant natu¬ rellement.

Nous auons declaréia re¬ cherche de